Sujets queers ou féministes, personnages LGBT+ : quels films sur nos écrans cet été ?
Lundi 22 était le grand jour pour les salles de cinéma enfin rouvertes avec quelques précautions d’usage en cette période de déconfinement ! Komitid fait le point sur les films à découvrir en salles jusqu’à la fin du mois d’août : de nombreuses ressorties et découvertes pour une saison de cinéma placée sous le signe de l’amour et de l’adolescence ! L’été sera slow !
Depuis hier, les cinéphiles qui en ont marre de leurs canapés et des séries télé peuvent retrouver les fameux fauteuils rouges et les bruits de pop-corn mais surtout les films dont la durée d’exploitation en salles avait été très injustement écourtée par la fermeture des cinémas mi-mars.
Parmi ceux-ci, certains dont on vous a déjà dit tout le bien qu’on en pensait : que ce soit la comédie féministe et vintage très réussie de Martin Provost, La Bonne épouse qui met en scène une Juliette Binoche en directrice d’une école ménagère et ses jeunes élèves en pleine période pré-mai 68 (avec une Noémie Lvovsky à hurler de rire et un final enchanté) ou encore le magnifique documentaire de Patric Chiha, Si c’était de l’amour. Dans ce film sur les coulisses de la création chorégraphique Crowd de Gisèle Vienne qui restitue l’ambiance des rave parties des années 90, le réalisateur de Brothers of the night parvient, une fois de plus, à brouiller les frontières entre les genres plongeant le spectateur dans l’intimité d’une troupe de danseur.se.s en tournée.
Les performances scéniques et les relations entre les êtres en coulisses se nourrissent et s’enrichissent mutuellement et cette frontière poreuse devient le sujet même du film. Il est également possible de se plonger dans les destins de deux femmes d’exception : celui de Marie Curie dans Radioactive, biopic à l’imagerie déroutante mais dans lequel Marjane Satrapi livre une vision originale et complète du parcours de la scientifique et celui d’Alice Guy, la cinéaste pionnière oubliée au cœur du documentaire Be Natural.
Dans quelques salles, vous pourrez retrouver le documentaire sur l’avortement Femmes d’Argentine et Mon Nom est clitoris dont on vous parlait la semaine dernière mais également découvrir Cancion sin nombre, un film péruvien au noir et blanc sublime qui suit Pedro, un journaliste qui vit une relation trouble avec un acteur cubain, et qui enquête sur un réseau d’enlèvements de nourrissons afin de les vendre à des parents adoptants suite à sa rencontre avec Georgina, victime de ce trafic.
Enfin, ne passez pas à côté de la ressortie d’un film de 1971, Les Lèvres rouges, film de vampires crypto-lesbien avec l’icône Delphine Seyrig, une curiosité à ne pas manquer !
Nouveau François Ozon
Le 1er juillet sera l’occasion de retrouver l’une des héroïnes du Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Dans le surprenant Jumbo de Zoé Wittock, Noémie Merlant incarne Jeanne, une jeune femme qui va vivre une relation étrange avec une attraction du parc dans lequel elle travaille. Troublant à souhait même si pas complètement réussi. Également à l’affiche ce premier jour du mois de juillet, deux films sur lesquels Komitid reviendra dès la semaine prochaine : le très beau film de la réalisatrice Isabel Sandoval, Brooklyn Secret, une plongée dans le quotidien new-yorkais d’Olivia, jeune femme trans philippine sans papiers qui va tomber amoureuse du petit-fils de la femme chez qui elle travaille et Le Colocataire, nouvel opus du réalisateur argentin Marco Berger (Absent, Plan B) qui suit l’histoire ambigüe de Juan et de Gabriel qui ne vont pas partager qu’un appartement…
L’événement de la saison s’annonce pour le 14 juillet ! C’est le jour de la sortie du nouveau film de François Ozon, Eté 85, un drame estival et normand qui met notamment en scène le comédien Benjamin Voisin, vu dans Un Vrai bonhomme et que Komitid avait rencontré pour le film de Rupert Everett sur Oscar Wilde, The Happy Prince.
Eté 85, c’est l’histoire d’un premier amour entre deux ados, la chronique d’un drame annoncé et sans aucun doute l’un des meilleurs films de François Ozon. Ici, dans un style complètement différent du déjà très réussi Grâce à Dieu qui racontait avec intelligence le parcours d’hommes abusés par un prêtre pédophile, il livre un film simple vibrant, beau et fort. Une romance entre deux jeunes garçons qui a la grâce et qui joue à merveille avec la nostalgie collective et cinéphile. On parie déjà que le In Between Days de The Cure vivra une deuxième carrière comme cela sera le cas de pas mal des tubes estampillés 1985 qui servent de bande sonore à ce classique instantané.
Fort et féministe
Adolescence toujours dès le 19 août avec Never Rarely Sometimes Always, un film américain qui met Autumn face à une grossesse non désirée qui va l’entraîner avec sa cousine dans un voyage initiatique de son village de Pennsylvanie à New York. Film fort et féministe, Never Rarely Sometimes Always a reçu l’Ours d’argent au dernier festival de Berlin, c’est le troisième long métrage d’Eliza Hittman qui n’est pas une inconnue puisqu’elle avait déjà notamment réalisé quelques épisodes de 13 Reasons Why et le film Beach Rats (Les Bums de la plage) visible sur Netflix.
A Perfect Family sort également le 19 août. Ce film danois tout en sensibilité suit Emma, une très jeune fille passionnée de football et sa grande sœur de 14 ans Caroline qui vont devoir s’adapter quand leur père annonce sa transition. Chronique d’un changement de paradigme familial, ce très beau film dépeint avec pudeur et intelligence les différents états que va traverser la jeune Emma et de quelle façon la transition de son père va l’aider à grandir, à mûrir. Un film délicat qui évite de nombreux poncifs.
Et pour finir en musique, on pourra découvrir le parcours hors-norme de Lil’Buck, un jeune danseur de hip hop des quartiers noirs de Memphis qui va rencontrer la danse classique et devenir le nouveau visage du ballet contemporain, dans le documentaire aérien qui lui est consacré : Lil’Buck Real Swan.