Cinq films de John Waters et d'André Téchiné, invités d’honneur du festival LGBT+ lyonnais Écrans Mixtes

Publié le

La 10e édition du festival LGBT+ lyonnais « Écrans Mixtes » aura lieu cette année du 4 au 12 mars. Pour célébrer le cinéma queer, John Waters et André Téchiné, deux grands noms du cinéma seront mis à l’honneur pour leur remarquable carrière. Sélection de cinq films de chacun de ses réalisateurs gays aux univers diamétralement opposés.

Avec la présence de ces deux monuments du cinéma, cette dixième édition du festival Écrans Mixtes s’annonce hautement qualitative et divinement queer. En attendant la programmation officielle du festival qui ne devrait pas tarder à être connue, revenons en quelques films sur les œuvres de John Waters et d’André Téchiné, deux réalisateurs gays aux univers diamétralement opposés.

 

John Waters, le roi du trash et le tourbillon du cinéma queer américain en cinq films

« Pink Flamingos » (1972)

Avec son actrice fétiche Divine, John Waters filme à Baltimore sas ville natale … L’héroïne trash vit dans une roulotte. Objet de nombreuses convoitises, elle use de tous les moyens pour défendre sa gloire. Elle revendique en effet le titre de l’être le plus immonde de la Terre…

« Polyester » (1981)

Le film utilise la technique de l’Odorama lors de sa diffusion dans les salles grâce à une carte à cases numérotées distribuée aux spectateurs avant la projection à gratter, au fur et à mesure de la projection (odeur de pizza, de colle, de marijuana, de déodorant pour WC, de putois, d’excréments…).

Les aventures d’une famille peu reluisante. Maman, Divine, est alcoolique, papa s’occupe d’un drive-in porno, le fils est fétichiste des pieds et la fille, nymphomane, tombe enceinte. La rencontre de Divine avec un play-boy sur le retour (l’acteur gay Tab Hunter) va bousculer l’équilibre précaire mais réel de cette charmante famille.

« Hairspray » (1988) :

Film culte tiré dont fut tiré une comédie musicale sur Broadway. L’ambiance est légère et teenager, les sujets du racisme et de la grossophobie y sont abordés dans le film.

Pour connaître les dernières danses à la mode et être dans le coup, tous les jeunes gens se précipitent après l’école pour regarder le « Corny Collins Show » à la télé. Tracy, qui a la coiffure la plus volumineuse du quartier et qui se trouve un peu grosse, époustoufle tout le monde par sa façon de danser le madison. Elle est finalement sélectionnée par le jury du show. Même ses parents sont fiers parce qu’ils font ainsi partie du « show-biz ». Mais des rivalités et des jalousies surgissent…

« Cry-Baby » (1990) :

Premier film grand studio du réalisateur, Cry-Baby a été réalisé après la mort de Divine.

Un mauvais garçon, Wade, alias Cry-Baby, moins féroce qu’il ne cherche à le paraître, tombe éperdument amoureux d’une jeune fille aux mœurs très respectables. Méchamment repoussé, pourchassé par la police, humilié, lui qui semait le mal ne tardera pas à découvrir les tragiques extrémités auxquelles la passion peut conduire.

« Serial Mother » (1994) :

Beverly est en apparence une respectable mère de famille, aimante et attentionnée. Mais elle a un petit défaut : Beverly n’aime pas du tout qu’on la contrarie, et encore qu’on parle de sa famille.
C’est ainsi que des membres du voisinage vont disparaître, assassinés dans des conditions mystérieuses.

André Téchiné, une fibre lyrique à la française en cinq films

« J’embrasse pas » (1991)

Le film a été écrit par Jacques Nolot et fait la radioscopie de la prostitution masculine et le fait d’être gay dans les années 80.

C’est l’histoire de Pierre qui vient de quitter son Sud-Ouest natal pour tenter fortune à Paris avec pour tout bagage un diplôme de brancardier, et un vague désir de devenir acteur. Il va sombrer dans la prostitution…

« Ma saison préférée » (1993)

Émilie, notaire de province qui mène une vie conjugale monotone auprès de son mari Bruno, et son frère Antoine, neurologue solitaire, se retrouvent, après plusieurs années, autour de leur mère Berthe, cardiaque. C’est l’occasion pour Émilie et Bruno, qui durant leur enfance vivaient une relation fusionnelle, de faire le point sur leurs existences.

« Les Roseaux sauvages » (1994)

Film culte gay et version longue du téléfilm Le Chêne et le roseau. C’est la première fois dans le cinéma d’André Téchiné que l’homosexualité est aussi frontale.

En 1962, en pleine guerre d’Algérie, alors que les attentats OAS se multiplient, l’intrusion d’un garçon pied-noir exilé va bouleverser la vie paisible de l’internat du lycée où il est accueilli…

https://www.youtube.com/watch?v=CeR-CnXZ3Mk

« Les Témoins » (2007) :

Le film parle de l’épidémie du sida et l’histoire se déroule à Paris durant l’été 1984.

Manu débarque à Paris, où il partage la chambre de sa sœur Julie dans un hôtel modeste. Il fera la connaissance d’Adrien et nouera une amitié chaste et joyeuse avec ce médecin quinquagénaire, qui lui fera découvrir le style de vie de son milieu.
Au cours d’une balade en bateau, Adrien présentera à Manu, Sarah et Mehdi, un couple de jeunes mariés qui vient d’avoir son premier enfant.
Une passion amoureuse imprévue et l’irruption de l’épidémie du sida, encore perçue dans les médias et l’imaginaire collectif comme une peste moderne et honteuse vont bouleverser le tranquille agencement de ces destins particuliers.

https://www.youtube.com/watch?v=-h1AVWHGl8U&t=27s

« Quand on a 17 ans » (2016) :

C’est la version contemporaine du film Les Roseaux sauvages. André Téchiné revient sur l’amour adolescent avec une mère plus moderne et plus ouverte. Le scenario a été écrit par Céline Sciamma.

Damien, un lycéen de 17 ans, vit dans une petite ville des Pyrénées avec sa mère Marianne, médecin, alors que son père, militaire, est en opérations extérieures. Il est le souffre-douleur de Tom, un jeune camarade de classe, métis adopté, qui vit dans une ferme isolée en montagne et qui est dans la même classe que lui. La mère adoptive de Tom tombe malade et Marianne décide d’accueillir Tom sous son toit pendant les soins…

Retrouvez toutes les informations de la 10e édition du festival Écrans Mixtes ici : http://festival-em.org/