En Tunisie, une clinique juridique au secours des victimes de LGBTphobies et de violences de genre

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Dans un pays où les violences de genre demeurent fortes et l'homosexualité interdite, une clinique juridique vient en aide aux victimes et forment des juristes. Reportage à Tunis de Timothée Vinchon et Sophie Bourlet.

Clinique juridique
À la faculté de Sciences Juridiques Politiques et Sociales de Tunis, les étudiants apprennent à résoudre des dossiers concrets avec la clinique juridique, dans le Master Droit Pénal et Sciences Criminelles - Sophie Bourlet et Timothée Vinchon pour Komitid
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En ce début novembre, l’atmosphère est encore chaude à Tunis. Adresse non communiquée, cooptation préférable… Pour entrer chez Damj, pour la justice et l’égalité, association militant pour les droits humains et LGBT+, il faut montrer patte blanche. « Mesure de sécurité », glisse Dali, l’un des bénévoles qui gère l’accès au local. Dans un appartement épuré, quelques canapés appellent à la détente et offrent un espace de sérénité au milieu des prospectus et des affiches de sensibilisation.

Arrestations arbitraires

Dali détaille les arrestations souvent arbitraires et violentes, les descentes sans fondement et le broyage des accusés par la machine judiciaire. En Tunisie, l’homosexualité est passible de trois ans de prison, selon l’article 230 du Code pénal.

Pour prouver l’homosexualité d’une personne, on use du test anal, pratiqué par des médecins légistes réquisitionnés par l’État. Sans validité médicale, portant atteinte à l’intégrité physique des personnes, ce test est considéré par les Nations Unies comme un acte de torture. Cet examen condamne encore « au minimum » une centaine d’individus chaque année, selon l’association Damj, qui, en l’absence de statistiques officielles, s’appuie sur les remontées de ses membres et partenaires.

clinique juridique

Dali est militant pour l’association Damj, pour la justice et l’égalité. Dans le local du centre-ville de Tunis, lui et les bénévoles accueillent les personnes LGBT+ victimes de violences - Sophie Bourlet et Timothée Vinchon pour Komitid

 

Mais avec la clinique juridique, il s'est senti moins seul. « Connaître mes droits, c’est ce qui m’a sauvé », annonce le jeune homme. « On a déjà quelques avocats qui nous aident quand ils peuvent, mais on manque toujours de ressources pour lutter. Alors avoir les étudiants avec nous, c'est une super nouvelle ! » Ce nouveau bataillon de conseiller.ère.s juridiques provient de la Faculté de Sciences Juridiques Politiques et Sociales de Tunis (photo de couverture).

La confrontation à la justice, l'éternel problème

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