Qui était Magnus Hirschfeld, le « pionnier de nos causes » LGBT+ ?

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Mort le 14 mai 1935, le médecin allemand Magnus Hirschfeld est aujourd'hui considéré comme une des figures marquantes du combat des personnes LGBT+. Mais son héritage est encore mal connu.

La tombe de Magnus Hirschfeld, à Nice - Xavier Héraud / Komitid
La tombe de Magnus Hirschfeld, à Nice - Xavier Héraud / Komitid
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Le cinéaste gay allemand Rosa von Praunheim a intitulé le film qu’il lui a consacré L’Einstein du sexe. Le Dr Magnus Hirschfeld est mort le 14 mai 1935, à Nice, deux ans après la mise à sac de son Institut à Berlin par les nazis. En 2010, à l’occasion du 75e anniversaire de sa mort, le Centre LGBT de Nice Côte d’Azur et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle s'étaient rendus sur sa tombe dans le cimetière de Caucade, dans la capitale azuréenne. Les militant.e.s y ont déposé une gerbe où il était inscrit  « Au pionnier de nos causes ».

Et pionnier il fut.

Né également un 14 mai, en 1868, à Kolberg, Magnus Hirschfeld s’installe à Berlin en 1894 comme docteur en médecine. En 1897, il participe à la création du Comité scientifique humanitaire (WHK, en allemand : Wissenschaftlich-humanitäres Komitee), la première organisation destinée à lutter contre la pénalisation de l’homosexualité. En Allemagne, cette disposition figure dans le tristement célèbre paragraphe 175, inscrit dans le code pénal depuis 1871.

Le comité lance une pétition pour l’abrogation du paragraphe, qui recueille plus de 5000 signatures, dont celles du scientifique Albert Einstein, des romanciers Stefan Zweig et Rainer Maria Rilke, du psychanalyste Sigmund Freud, entre autres. La proposition d’abolir ce paragraphe arrivera plusieurs fois au Reichstag,  le parlement allemand, à la fin du 19e siècle, mais ne sera jamais adoptée pour les députés.

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