Depuis sa création en 1956, l’Eurovision est politique… malgré elle ?

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Chaque décennie a apporté son lot de chansons engagées à l'Eurovision, depuis la chute des dernières dictatures en Espagne et au Portugal et celle du Mur de Berlin puis ces dernières années, les personnes LGBT+ se sont invitées au concours le plus vu au monde.

krista siegfrids eurovision kiss marry me 2013
La chanteuse finlandaise Krista Siegfrids interprétant la chanson «Marry Me» lors du concours de l'Eurovision de 2013 à Malmö - Albin Olsson / Wikimedia Commons
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Depuis 1956, le Concours Eurovision de la Chanson revient tous les ans comme un gimmick kitsch et un peu hors du temps. Tout le monde se rappelle de la première fois où il a vu le show en famille, avec des ami.e.s, ou seul, un peu honteux… Ce qu’on ne remarque pas forcément à première vue, c’est que le Concours a souvent été le reflet des bouleversements politiques du continent. Leçon d’histoire…

Psychorigide

En 2009, l’Eurovision doit se dérouler à Moscou. La Géorgie propose une chanson : I don’t wanna put in. Le jeu de mot est une réponse à l’invasion de l’Ossétie du sud géorgienne par les troupes russes. Pas très subtil : la réponse de l’UER (Union européenne de Radio-télévision) est immédiate. La chanson est disqualifiée et la Géorgie doit en proposer une autre. Elle refuse et est éliminée du concours. L’UER est arc-boutée sur l’article 2.6 de son règlement : le Concours est un événement apolitique que ce soit dans les paroles de la chanson, dans les costumes sur scène ou même dans les prises de parole pendant les interviews. Une liste des drapeaux interdits dans la salle a même été momentanément établie en 2016, ce qui a provoqué un tollé, le drapeau de l’État islamique côtoyait celui du pays basque.

Ce côté psychorigide des organisateurs et organisatrices sur le sujet est d’autant plus ambigu que l’origine même du Concours est politique : en 1956, l’Europe de l’Ouest décide de créer un concours de la chanson télévisé pour rassembler les peuples qui étaient encore en guerre neuf ans auparavant. Idée intéressante s’il en est, même s’il y avait un arrière goût encore plus politique, montrer aux pays de l’Est (sous domination soviétique) ce que réussissait à faire ceux de l’Ouest.

1956-1978 : une réponse aux totalitarismes

L’époque est à la Guerre Froide. Le Bloc de l’Est a bien tenté de répondre à l’Eurovision avec son propre concours issus du Festival de Sopot (Pologne), l’Intervision. Il ne survivra pas même si la Russie a voulu le recréer, en vain, en 2015 après la victoire de la trop queer Conchita Wurst

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  • chrisandqueens

    Bonjour,

    à quelles rumeurs faites-vous référence à la fin de votre article ? Celui en lien n’en fait pas mention…

    Merci