Raphaël Gérard, député LREM ouvertement gay : « La rhétorique d'Agnès Thill, c'est d’essayer de faire semblant d’être un peu idiote »

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Sans langue de bois, Raphaël Gérard s'exprime sur de nombreux sujets d'actualité dont la PMA et le cyber-harcèlement.

Raphaël Gérard à l'Assemblée nationale, le 7 février 2019 -
Raphaël Gérard à l'Assemblée nationale, le 7 février 2019 - Xavier Héraud pour Komitid
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Depuis son arrivée à l’Assemblée nationale en 2017, le député LREM Raphaël Gérard travaille sur les sujets LGBT+ et prend régulièrement position. Avec notamment sa collègue Laurence Vanceunebrock-Mialon, il incarne cette nouvelle génération d’élu.e.s ouvertement gay, lesbienne bi ou trans, qui n’a pas peur de s’engager sur les sujets LGBT+, quitte à se faire traiter de « lobby » par une collègue malveillante. Nous avons rencontré Raphaël Gérard à l’Assemblée et avons discuté avec lui de son vécu d’élu gay d’une circonscription rurale (le sud de la Charente-Maritime), des déclarations homophobes d'Agnès Thill et aussi des sujets qu’il porte : lutte contre les LGBTphobies dans les Outre-mer, don du sang, cyber-harcèlement. Sans langue de bois.

Komitid : Vous êtes élu d’une circonscription très rurale. Comment votre coming-out médiatique dans Têtu a-t-il été perçu localement  ?

Raphaël Gérard : Je n’ai pas vraiment fait coming-out médiatique dans Têtu, c’est Têtu qui a décidé que c’était mon coming out médiatique. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Je me suis marié avec mon compagnon le surlendemain de mon investiture dans mon village de 240 habitants, donc ce n’était un secret pour personne. Cela a été un temps un sujet, tout de suite après mon élection. Une journaliste de la presse locale m’a demandé si je souhaitais qu’on en parle. J’ai répondu « si vous souhaitez en parler, on peut en parler, mais je ne vois pas pourquoi on écrirait différemment sur un candidat ou député homo par rapport à un candidat ou député hétéro ». Il y a eu quelques réactions après ça, mais pas tant que ça. Quelques élus m’ont dit « on savait mais c’est très bien d’avoir pris position officiellement ». Mais cela n’a jamais été vraiment un sujet.

Que ressentez-vous quand vous entendez Agnès Thill parler de « lobby LGBT » ?

Je me suis senti assez visé, c’est pour ça que je me suis permis de répondre. Pas dans la presse, mais de façon un peu cinglante au sein de mon groupe. Là où je trouve qu’il y a un déséquilibre, c’est qu’on entend beaucoup plus une Agnès Thill qu’une Laurence Vanceunebrock-Mialon sur le sujet. Il y a un biais des médias. Thill de son côté court en permanence derrière celui ou celle qui va relayer sa parole. Laurence est sans doute plus discrète. Mais il y a aussi un vrai intérêt des médias pour Thill parce qu’elle donne le sentiment — pas forcément faux d’ailleurs, que ça s’agite au sein du groupe majoritaire sur ces questions là. Évidemment, c’est plus facile de vendre du papier ou du clic avec une Agnès Thill qu’avec un propos plus construit de Laurence.

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