Singapour : comment la fuite des données de 14 200 personnes séropositives peut détériorer le (difficile) travail de prévention auprès des LGBT+

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La nouvelle du leak a fait le tour de la presse internationale. Mais derrière le sensationnalisme, c'est le bien-être de nombreuses personnes séropositives qui est en jeu. Komitid s'est entretenu avec une activiste Singapourienne, indignée par les choix gouvernementaux.

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Une photo prise à l'ancien hôpital Changi à Singapour en 2017 - Brian Jeffery Beggerly / Flickr
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Comment une telle fuite a-t-elle pu arriver ? C'est la question qui trotte dans la tête des habitant.e.s de Singapour depuis lundi 29 janvier et la révélation d'une fuite majeure de données confidentielles concernant des personnes séropositives. Le ministère de la Santé de la cité-État a indiqué dans un communiqué que les données de 14 200 d'entre elles avaient été divulguées en ligne. Résultat, un fichier qui contient les noms, numéro de sécurité sociale, coordonnées et statut sérologique est disponible en ligne.

Dans le détail, ce sont les informations concernant 5 400 Singapourien.nes diagnostiqué.es jusqu'en janvier 2013 qui ont été rendues publiques en ligne. A ce chiffre s'ajoutent les noms de 8 800 ressortissant.es étranger.es diagnostiqué.e.s jusqu'en décembre 2011. Ces datas auraient été volées par un Américain, expulsé de Singapour en mai 2018 après avoir purgé une peine de prison d'un an. L'homme, avec l'aide de son compagnon, un médecin singapourien, avait falsifié son test VIH pour pouvoir rester sur place... et avait pu aspirer les données de près de 15 000 personnes. Une catastrophe.

Le ministère de la Santé du pays a beau avoir annoncé avoir « progressivement pris contact avec [les personnes concernées ] pour les prévenir et leur porter assistance », la fuite est dénoncée comme catastrophique par les activistes locaux. Et si le gouvernement explique avoir pour priorité « le bien-être des personnes concernées », certains et certaines s'inquiètent de l'impact de la fuite des données sur le travail de prévention à l'attention des personnes LGBT+. Celui-ci, explique Jean Chong, co-fondatrice de l'association singapourienne LGBT+ Sayoni, à Komitid, est déjà mis à mal par le refus du pays de décriminaliser l'homosexualité. Interview.

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