Océan : « Il est temps que les gens comprennent qu’il y a des hommes avec une chatte, des femmes avec une bite »

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Un an après le début de sa transition, Océan nous parle de sa série documentaire à venir, mais aussi de son évolution artistique et militante.

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Océan - SMITH pour Komitid
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Huit mois après son coming out trans sur Komitid, le comédien Océan, revient sur sa transition, les changements de paradigme qu’elle induit et sur la « transphobie inconsciente ». À l’affiche de son seul en scène Chatons Violents au Théâtre Lepic, Océan nous en dit plus sur ses projets professionnels et sur sa série documentaire qui suit l’année 1 de sa transition et qui sera diffusé en 10 épisodes à partir du mois prochain sur le web de France Télévisions. Une interview qui lui ressemble : un mélange détonnant d’engagement politique, de projets artistiques et de punchlines.

Le 17 mai 2018 dernier, sur Komitid, vous faisiez votre coming out trans, pourquoi était-ce nécessaire et quelles ont été les réactions autour de vous ?

Océan : Je fais un documentaire dans lequel on pourra voir les réactions de mon entourage. Cela me semblait important de documenter ce moment et de raconter ce qu’était une transition au jour le jour dans un cadre un peu particulier puisque j’étais déjà identifié avant ma transition. Et ce coming out, je me devais de le faire car j’avais déjà commencé à prendre des hormones et qu’à force les gens allaient se dire : « Elle est vraiment chelou cette meuf non ? » ! C’est quelque chose que j’ai longuement réfléchi et cela me fait plaisir de faire de la pédagogie sur ce sujet avec cette série documentaire. Il existe des ressources mais sur lesquelles les cisgenres ne se penchent pas forcément. Les réactions ont été plutôt bonnes, j’ai eu un bon retour de la plupart de mes fans, qui m’ont soutenu, et une véritable bienveillance de la part des médias, malgré de nombreuses maladresses.

Vous êtes obligé de faire de la pédagogie tout le temps ?

Oui, tout le temps ! Maintenant quand je fais des interviews avec des médias mainstream, je fais un petit mail avant pour expliquer par exemple ce que signifie « cisgenre », ou leur demander de ne pas poser de questions sur d’éventuelles chirurgies sauf si je décide d’aborder le sujet moi-même, ou encore de ne pas me mégenrer, y compris quand on parle de moi au passé. Tout le travail de l’AJL sur le sujet (l’Association des Journalistes LGBTI propose un kit aux journalistes afin de les aider à aborder ces sujets et les personnes concerné.e.s, ndlr) est accessible aux médias mais ils n’y prêtent malheureusement que trop peu d’attention, donc il faut toujours répéter les choses. De tout ce que j’ai traversé cette année, c’est peut-être ça le plus fatiguant : sentir qu’il y a beaucoup d’incompréhension, de méconnaissance du sujet et, du coup, des questions pas agréables ou très intrusives.

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