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PrEP : pourquoi L'Express devrait mettre à jour son logiciel sur l'épidémie de sida

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Deux ans après sa mise à disposition, le traitement préventif contre le VIH (PrEP) est utilisé par près de 10 000 personnes en France. Mais il est parfois sujet à beaucoup d'idées reçues dans la presse.

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PrEP : Pourquoi L'Express devrait mettre à jour son logiciel sur l'épidémie de sida - DR / Santé Publique France
Article Prémium

En lisant certains articles sur l'épidémie de sida, il est parfois nécessaire de vérifier la date de publication. Les informations diffusées dans celui de l'Express, publié hier, sont en effet datées, pour la plupart, et cet article aurait pu être écrit en 2007. La journaliste Elodie Emery, qui selon sa présentation sur le site de L'Express, « croque les inventions de la modernité », consacre un article à la PrEP, deux ans après sa mise à disposition.

Reconnaissons d'emblée à Elodie Emery une certaine dose de lucidité. Elle écrit en effet : « Si avaler une pilule chaque jour permet de "répandre la passion" sans prendre de risque pour sa santé, et sans préservatif, c'est que nous avons raté quelques épisodes. » Oui, vous avez raté quelques épisodes dont voici les résumés (garantis sans spoilers).

Épisode 1 : La bonne nouvelle suisse

Il n'y a dans l'article de L'Express, titré très maladroitement « PrEP: les ambiguïtés du miracle anti-sida », aucune information nouvelle et qui pourrait remettre en cause la pertinence de ce traitement préventif contre le VIH. Surtout, il aurait vraiment pu être écrit en 2007. Elodie Emery y insiste sur deux points principaux afin d'étayer son argumentaire sceptique sur la PrEP : la « ringardisation » du préservatif et une « explosion » des infections sexuellement transmissibles. Des phénomènes certes réels mais qui ont peu de choses à voir avec la PrEP et beaucoup avec la révolution silencieuse de 2008.

Cette année-là, une équipe scientifique suisse a effectivement montré que dans les couples sérodifférents hétérosexuels, dont le ou la partenaire séropositive est sous traitement efficace depuis six mois, il n'y a pas de transmission du VIH.

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  • phil86

    @hlatapie la prep c’est du safer sex : pas de risque VIH et très bon suivi IST

  • phil86

    J’ajouterai que de nombreux séropositif indétectable vont laisser tomber la capote surtout après 20 ou 25 ans de capote permanente il y a un besoin de libérer sa sexualité car le préservatif n’est pas libérateur de toute façon il trouve d’ailleurs 95 % de sa justification dans le seul VIH sans le VIH le préservatif ne serait pratiquement plus utilisé les autres ist se gèrent très bien par un suivi régulier et éventuellement le traitement adéquat

  • phil86

    @hlatapie le fait est qu’une partie des gays n’utilise pas le préservatif pour des raisons diverses et variées et que leur faire la morale ne sert strictement à rien le discours du tout capote n’a pas fonctionné depuis 35 ans il était donc urgent de trouver une alternative et cette alternative c’est la prep qui n’empêche d’ailleurs pas d’utiliser aussi le préservatif ce que certains prepeurs font ; en matière de prévention il faut être pragmatique et utiliser tous les outils efficaces à notre disposition les prepeurs sont d’ailleurs les mieux suivis quant aux ist et on observe pas chez eux plus d’infections sexuellement transmissibles que chez les autres ; je pense que le discours qui vise à déligitimer la prep est délétère car elle est nécessaire pour certaines personnes qui sans elle se retrouveraient de toutes façon séropositif ; le discours contre la prep est d’ores et déjà caduc et dépassé

  • philou

    Un article en réponse à un article en accès libre devrait être en accès libre pour avoir un impact au moins aussi efficace. En accès restreint, ça ne sert pas à grand chose.
    D’autres réponses en accès libre seront publiées par ailleurs… Heureusement du coup…

  • hlatapie

    Mon cher Christophe, comment tu réduis mes explications ! Ce que je répète depuis des années, sans jamais changer de discours : les progrès médicaux ne doivent pas nous éblouir. Prétendre que cette médicalisation de la prévention peut nous dispenser d’une réflexion sur notre sexualité et nos comportements est une illusion dangereuse à terme. je m’oppose donc à la banalisation du préservatif, je ne suis pas d’accord pour faire croire aux gays que leur libération sexuelle implique un abandon du préservatif. Et oui j’ai bien étudié l’histoire des IST (avec l’enseignement de scientifiques entre autres comme le Docteur Leibowitch et le professeur Caumes) et elle nous montre que certaines maladies infectueuses ne disparaissent pas si on ne s’en protège pas, même avec des traitements que l’on a cru infaillible lorsqu’ils sont apparus.
    Je ne comprends pas pourquoi toutes les associations de lutte contre le sida, ainsi que les médias gays, se braquent lorsqu’on leur dit juste : prudence, la PrEP pour certain.e.s ok, mais pas au détriment de la culture du safer sexe qui est un héritage de nos luttes !

  • phil86

    3 ans non ? La prep n’a pas été validée en France début 2016 ?