Lawrence, Emrah et Sergei : à quoi ressemble leur nouvelle vie d'exilés à Berlin

Publié le

Lawrence vient de Syrie, Emrah du Turkménistan et Sergei de Russie. Ils ont fui leur pays parce qu’ils étaient persécutés à cause de leur orientation sexuelle. Aujourd’hui, ils habitent à Berlin. Pourquoi ces trois exilés sont-ils venus ici ? Comment s’intègrent-ils dans la communauté LGBT+ locale ? Reportage dans la capitale allemande.

Lawrence, réfugié syrien, dans une rue de Berlin - Simon Lambert / Haytham Pictures pour Komitid
Article Prémium

Avec sa crête rose délavée, ses baskets fluo, son jean serré et ses multiples piercings, Lawrence donne l’apparence d’un Berlinois branché comme les autres. Mais s’iel s’affiche ainsi aujourd’hui, c’est qu’iel peut enfin le faire. « J’ai fui pour être qui je suis », résume-t-iel simplement, assis en tailleur dans un café du quartier cosmopolite de Neukölln à Berlin.

Berlin, le dernier arrêt d’un parcours d’exil entamé il y a dix ans. Né en Syrie il y a 26 ans, Lawrence est non-binaire. Sa mère, l’unique membre de sa famille, l’a toujours accepté et aimé tel qu’iel était. Mais hors du foyer familial, le harcèlement était quotidien, dans un pays où l’homosexualité est toujours un crime. « Dès mon enfance, tout ce dont je rêvais c’était de quitter cet endroit, raconte-t-iel en buvant un thé fumant. Quand j’avais 16 ans, je me faisais malmené par des gamins de 10 ans. A cet âge, les enfants peuvent être très méchants. »

Premiers pas dans le monde queer

Pourtant, c’est bien en Syrie que Lawrence fait ses premiers pas dans le monde queer. « On était une petite communauté, on faisait des soirées en secret de temps en temps. En Europe, je rencontre beaucoup de Syriens qui me demandent : “Mais où étais-tu ? C’est l’Europe qui t’a changé”. Mais on a toujours été là, juste sous leur nez ! » s’amuse-t-iel.

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous

  • phil86

    Merci pour ce bel article. Je pense à mes amis réfugiés gays ici dans ma ville l’un d’eux vient d’obtenir le statut de réfugié et il attend sa carte de 10 ans. Je suis très heureux pour lui.