L'histoire pas si arc-en-ciel du fabuleux clip de pride de Virgin Atlantic

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Si voir Tituss Burgess nous réjouit en toutes circonstances, ce qu'il se serait passé en coulisses de ce tournage pour une drag queen n'est vraiment pas rose.

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L'histoire pas si arc-en-ciel du fabuleux clip de pride de Virgin Atlantic - Virgin Atlantic / YouTube

La compagnie aérienne britannique Virgin Atlantic vient de publier un flamboyant clip gay friendly pour prendre de l’avance sur la saison des pride 2019 et séduire sa clientèle de la contre-allée qui souhaiterait voyager à cette occasion. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entreprise n’a pas fait les choses à moitié pour afficher son envie d’être perçue comme inclusive à l’approche des 50 ans des émeutes de Stonewall. Non contente de mettre en scène cinq magnifiques hôtesses de l’air drag queens qui font tourner toutes les têtes – y compris celles des hommes hétéros – dans l’aéroport londonien de Gatwick, elle a fait appel à l’inénarrable Tituss Burgess comme pilote.

Avec un casting pareil, bien sûr, on a envie de booker un voyage immédiatement sur ce vol arc-en-ciel ! Mais celles et ceux qui ont suivi l’actualité queer ces dernières semaines feront sans doute le lien avec le rageant témoignage de la drag queen british Lacey Lou, au sujet de ce spot publicitaire.

Initialement contactée par Virgin Atlantic pour être l’une de ces divines stewardesses, elle raconte que la compagnie ne lui a plus donné de nouvelles une fois qu’elle a appris qu’elle était femme à la ville comme à la scène, une heure après leur avoir envoyé une photo sans maquillage, à leur demande. Des allégations rapidement démenties par un porte-parole de l’entreprise suite au scandale. Ce dernier a affirmé que Virgin Atlantic a en fait renoncé à l’engager pour des raisons « d’esthétique, d’ethnicité, de taille et de performance » (sic).

Une nouvelle qui ne manque pas de nous rappeler la tribune qu’avait signée Amber Cadaverous, drag gouine anglaise elle aussi, dans les colonnes de Komitid, en mai dernier. L’artiste y racontait l’importance de la réappropriation des codes imposés aux femmes comme objets d’empuissancement sur scène par les femmes drag queens, et rappelait que l’art qu’elle pratique appartient à tou.te.s. Le tout, sans oublier d’envoyer une pique bien sentie à RuPaul, qui ne manque rarement une occasion de faire une déclaration sexiste ou transmisogyne.