ß

Nancy Reagan, nouveau visage inattendu de la campagne de Coalition Plus

Publié le

L'organisation de lutte contre le VIH Coalition Plus s'est inspirée de l'ancienne Première Dame des États-Unis pour sa nouvelle campagne contre la guerre aux drogues.

campagne de coalition plus nancy reagan
« Just say no to the war on drugs », la nouvelle campagne de Coalition Plus, inspirée par Nancy Reagan

Alors que la 22e Conférence internationale sur le sida s’ouvrira lundi 23 juillet à Amsterdam, l’organisation internationale de lutte contre le VIH Coalition Plus vient de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation « Just say no to the war on drugs » (« Dites non à la guerre aux drogues »). Cela vous dit quelque chose ? C’est parce que le slogan est directement inspiré d’une autre campagne.

« Just say no », un coup d’épée dans l’eau

En 1982, Nancy Reagan, épouse du président Ronald Reagan, lance « Just say no » (« Dites non »), une campagne éducative destinée à lutter contre la consommation de drogues. Le « Just say no » de la Première Dame est rapidement entré dans la culture populaire et symbolise une approche simpliste et réductrice de la prévention, qui occulte une approche globale prenant en compte les facteurs sociaux. « Tout comme l’éducation sexuelle basée sur l’abstinence, Dare (un autre programme anti-drogues, lancé à la même période, ndlr) et « Just say no » ont propagé la peur et l’ignorance plutôt que l’information, en plaçant toute la responsabilité sur l’individu en lui refusant l’accès aux outils dont il avait besoin pour prendre des décisions essentielles » résume le journaliste Michael McGrath dans un article du Guardian sur l’impact dramatique du programme de Nancy Reagan.

Contre la criminalisation des personnes usagères de drogues

« En réalité très moralisatrice et stigmatisante, cette campagne a eu pour seul effet d’accentuer une guerre extrêmement coûteuse, meurtrière et inefficace contre les drogues dans le monde », explique aujourd’hui Coalition Plus qui a donc récupéré la fameuse phrase. Selon l’organisation, la guerre contre les drogues a un effet contre-productif et conduit à « une véritable catastrophe sanitaire » : « Elle a pour effet de discriminer et, plus grave encore, de criminaliser les usagers-ères de drogues, ce qui les précarise, les marginalise et entrave leur accès à la santé et aux outils de prévention. 80 % des études scientifiques concluent que la criminalisation des personnes consommatrices de drogues aggrave les épidémies de VIH et de VHC. »

Coalition Plus demande aujourd’hui la décriminalisation des personnes usagères de drogues, l’arrêt immédiat des discriminations et mauvais traitements qui leur sont infligées, et exige l’accès universel aux outils de réduction des risques et aux traitements de substitution, y compris en milieu carcéral.