Désolé, mais les vraies championnes de la Coupe du monde 2018 sont les Pussy Riot

Publié le

Les activistes féministo-punk, soutiens des droits LGBT+ en Russie, ont fait irruption sur le stade où se déroulait la finale du Mondial 2018 entre la France et la Croatie. Ne cherchez plus, c'était l'événement le plus fort de ce mois de compétition en Russie.

Les vraies championnes de cette Coupe du monde en Russie ? Les Pussy Riot
Les vraies championnes de cette Coupe du monde en Russie ? Les Pussy Riot - The Guardian / YouTube

Ce dimanche 15 juillet, lors de la finale qui a sacré l’équipe de France championne du monde de football en Russie, 20 ans après sa victoire iconique de 1998, les Pussy Riot ont réussi à forcer le passage jusque sur la pelouse pour porter un message politique.

Vêtu.e.s d’uniformes de policiers, les activistes radicales féministes et punks ont à peine eu le temps de faire une petite foulée avant d’être évacué.e.s manu militari, juste le temps de faire un high five historique avec l’incroyable joueur Kylian Mbappé.

Les Pussy Riots connaissent bien la répression policière qui s’exerce en Russie sous le joug de Vladimir Poutine. En 2012, elles en avait déjà fait les frais pour la fameuse prière punk dans la cathédrale moscovite du Christ Saint Sauveur en 2012. Pour cette raison, les militants et militantes avaient pris soin d’enregistrer une vidéo au préalable, pour exprimer leur revendications. En effet, le choix de leurs costumes n’était pas anodin : l’idée était de dénoncer les violences policières, qui s’exercent aussi bien physiquement que dans la corruption la plus totale, avec des arrestations arbitraires et des enquêtes montées de toutes pièces pour se débarrasser des personnes qui l’ouvrent un peu trop grand.

Quant à leurs revendications, elles sont listées en toute fin de vidéo : « La libération de tou.te.s les prisonnier.e.s politiques, la fin des détentions pour de simples likes, la fin des arrestations illégales en manifestation, autoriser un vrai pluralisme politique dans le pays, ne plus inventer d’enquêtes et ne plus détenir des gens pour rien ». Le tout, en citant le poète russe Dmitri Prigov, dont c’était le 11ème anniversaire de la mort ce même jour et son fameux poème : L’Apothéose du Flic.

« Cette Coupe du monde était un événement parfait pour découvrir comment nos policiers sont capables de se comporter »

Dans leur message diffusé sur les réseaux sociaux, les Pussy Riot posent aussi une question rhétorique qui fait l’effet d’un uppercut : « Cette Coupe du monde était un événement parfait pour découvrir comment nos policiers sont capables de se comporter. Mais que va-t-il se passer lorsqu’elle sera finie ? ». Les chattes révoltées ne connaissent que trop bien la réponse. D’ailleurs, une vidéo tournée dans les coulisses de l’après de leur action, atteste des violences qui leur pendent au nez. On entend en effet un policier exprimer son regret « qu’on ne soit pas en 1937 », énervé de voir ce groupe militant « chier sur la Russie », de l’avoir trahie en « l’exposant à des sanctions ».

Ce lundi 16 juillet dans la matinée, la page Facebook officielle de Pussy Riot a donné des nouvelles de ses quatre membres. Il et elles sont toujours détenues au commissariat, et seront rapidement amenées devant un juge pour « infractions administratives ».