le museau des passants et passantes qui le souhaitent, après avoir déposé un petit quelque chose dans son seau. Seb, lui, s’en est lui-même mis plein les pommettes et a choisi une vertigineuse paire d’escarpins étincelants d’argent pour aller avec.

Miss vaaaaanjie has joined our bucket shake in Soho ????

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Sous ce scintillant voile de légèreté, une vraie colère politique

Si ces activistes ont choisi d’honorer le sigle LGSM, et son histoire, c’est parce que Pride les a inspiré.e.s, Mais c’est aussi et surtout parce que la récupération des droits LGBT+ par l’extrême-droite les enrage. « La situation pour les personnes migrantes au Royaume-Uni est vraiment déplorable », lâche Seb, qui fustige les conditions d’accueil des réfugié.e.s, et les expulsions. « Des personnes sont aujourd’hui menacées d’être renvoyées vers des pays où elles n’ont jamais été », poursuit-il, faisant référence au scandale du Windrush. Déterminé à « lutter contre l’homo-nationalisme », dans un pesant climat de violences envers les migrant.e.s, le groupe s’est implanté à Londres, Bristol et Brighton. Ses membres collectent des fonds pour diverses associations dédiées aux personnes migrantes, manifestent, organisent et participent à des actions de solidarité pour elles, et à leurs côtés, et prennent part à des actions visant à empêcher les expulsions. Et ce, avec le « soutien plein et entier » de la première génération de LGSM, ainsi que des mineurs gallois avec qui ils et elles étaient en lien, comme le confirme Siân James à Komitid. Désormais retraitée, mais toujours aussi impliquée dans la vie associative locale, l’ex-parlementaire - première femme élue pour la circonscription de l’est de Swansea, en 2005 - interprétée par Jessica Gunning dans Pride confie : « Nous avons rapidement fait le lien entre la diabolisation des mineurs et de leurs familles que nous avons vécue à l’époque et le traitement qui était alors réservé aux lesbiennes et aux gays, autre groupe facile à attaquer. Donc beaucoup d’entre nous ont vite vu le parallèle avec la situation actuelle des migrant.e.s et l’hostilité qui leur est réservée, en particulier depuis le vote du Brexit. » Des militants de Lesbians and Gays Support the Miners, comme Gethin Roberts ou encore Stephanie Chambers, prennent régulièrement part aux actions organisées par Lesbians and Gays Support the Migrants.

We want to say a massive thank you to The People’s Film Club and everyone who came down to this evenings screening of Pride. It was so amazing to be able to share a panel after with our incredible comrades from Lesbians and Gays Support the Miners. . Thank you for all your donations - we will update you with a total when we have it. Solidarity Forever ?️‍?✊? . . . #pride #pridescreening #lgsm #lgsmigrants #queer #gay #bi #bisexual #pan #trans #lgbt #lgbtqaplus #migrantsrights #queeractivism #activism #notgayasinhappy #queerasinfuckyourborders #borderskill #nohumanisillegal #solidarity #queersolidarity #fistingandcommunism

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Lesbians and Gays Support the Miners, dans l'émerveillement de l'après Pride

Après une visite des jardins partagés par toute la coopérative gay et lesbienne de Brixton, dont une partie est un ancien squat queer des années 70-80, Jonathan Blake exprime tout son émoi et sa fierté devant le renouveau du nom LGSM. Devant un thé darjeeling et un délicieux cake au citron fait maison, ce membre historique de LGSMiners (joué par Dominic West dans le film de 2014), s’émerveille : « On avait mis fin au groupe LGSMiners peu de temps après la fin de la grève, car on ne voulait pas être récupérés par les politiques. Nous étions un groupe très hétéroclite, réuni pour une cause bien précise. Comme c’est le cas aujourd’hui pour LGSMigrants, qui ont du pain sur la planche avec le climat social ambiant ! La manière dont ces militant.e.s ont su utiliser ces quatre lettres et l’écho qui va avec pour parler des migrant.e.s et de leur situation, est brillante. » L’effet du film ? Il n’en revient toujours pas. « On ne s’attendait pas à un tel enthousiasme du public, car on pensait emporter cette histoire avec nous dans la tombe. Quand Stephen Beresford, qui a écrit le scénario, est venu me poser des questions sur LGSMiners, j’étais content de tout lui raconter mais je pensais qu’il n’y aurait pas de suite. Et même lorsqu’il m’a recontacté, plusieurs mois après, pour me parler du personnage basé sur moi, me présenter Matthew Warchus et Dominic West, je ne pensais pas qu’il y aurait un tel retentissement. » [caption id="attachment_6554" align="alignnone" width="776"]Lesbians and Gays Support the Miners, juste avant la Pride de Londres en 1985 Lesbians and Gays Support the Miners, juste avant la Pride de Londres en 1985 - Colin Clews[/caption] L’onde de choc se ressent jusque dans la petite librairie Gay’s The Word, ancien QG de LGSMiners, non loin de la gare londonienne de King’s Cross. Depuis le minuscule recoin en fond de boutique, derrière les présentoirs de cartes postales, « là où se réunissaient les membres de LGSMiners, avant d’avoir besoin d’un lieu plus grand », Jim MacSweeney, gérant depuis 1989 qui connait bien le groupe, raconte : « Ce n’est pas facile d’être libraire indépendant, encore moins une librairie indépendante queer (la porte de l’établissement a été vandalisée au mois d’avril 2018, ndlr) mais le film a ramené un nouveau souffle à la boutique, c’est extraordinaire ! » « Ça a été une vraie surprise », dit-il, toute émotion dehors. « "Pride" a aussi inspiré de nouvelles générations, car il y a de nouvelles batailles à mener. Particulièrement aujourd’hui, alors que la politique se décale vers la droite. C’est excitant. En ce qui me concerne, si Lesbians and Gays Support the Migrants, qui ont déjà fait quelques réunions ici, avaient besoin de quelque chose, je serais ravi de pouvoir les aider. » « L'activisme, c’est contagieux. Et vous ne pouvez pas en être pleinement immunisé. Et une fois que vous l'avez attrapé... Il n’y a pas de retour en arrière possible », commente Siân James. « Le film a vraiment été une formidable plateforme ! »

« Solidarity forever » et amitié pour toujours

À Londres, toujours sous la bruine, le groupe qui avoisine bien 25 personnes déjà réparties sur plusieurs coins de trottoirs stratégiques décide de se scinder. Seb et Molly vont faire la tournée des pubs, qu’ils ont prévenus de leur action un peu plus tôt dans la semaine afin d'obtenir leur permission. Mais avant, ils se mettent en quête d’un seau muni d’un couvercle « histoire d’éviter que certains se servent dedans », à cette heure où le quartier n’en est déjà plus à sa première pinte. En réponse au discours du militant et de la militante, un des premiers fêtards abordé ce soir-là au comptoir lâche « Pour les migrants ? Mais qu’ils rentrent chez eux, haha ! ». Sans se laisser démonter, le duo lance avec un aplomb non-dénué de bienveillance « Vous ne le pensez pas vraiment, n’est-ce pas ? ». Le jeune homme acquiesce avec un sourire gêné, puis esquive la discussion. « Difficile de dire si c’est de la pure provoc, ou le reflet d’une vraie opinion. Mais ce type d’accueil est vraiment rare, dans l’ensemble ». Étonnement, peu des personnes sollicitées connaissent le film Pride et il faut leur parfois leur expliquer la référence sur laquelle est fondée LGSMigrants. Mais au fond du premier établissement festif de la rue que le binôme visite, une tablée de vieux messieurs, elle, reconnaît tout de suite le clin d’œil à LGSMiners. Manifestement ému par les souvenirs des années 80 qui lui remontent soudain devant les yeux, l’un d’entre eux plonge immédiatement sa main dans les poches de son jean à la recherche de quoi faire un don, hochant la tête avec un mutisme plein de respect. D’autres personnes, naturellement, sont plus réticentes à sortir leur porte-monnaie. Certaines reprochent au collectif de ne pas avoir un statut officiel d’association, pour être sûr.e.s que leur argent ira bien à la cause présentée par les solliciteurs. Mais ces derniers ont plus d’un tour dans leur sac : ils ont imprimé un flyer présentant le Meena Center, pour lequel ils et elles font la quête ce soir, afin que les intéressé.e.s puissent leur faire un don directement.
« Oh mais on prend aussi les billets, les chèques et les bijoux, ne vous en faites pas »
Durant toute la soirée, les réactions sont en grande majorité positives, souvent ponctuées de « j’peux pas, j’ai pas de monnaie ». La réponse immédiate « Oh mais on prend aussi les billets, les chèques et les bijoux, ne vous en faites pas » n’alourdit certes pas plus les sceaux , mais elle installe clairement de la sympathie à l’égard du groupe. C’est ainsi qu’un soir de décembre 2017, LGSMigrants aura récolté 600 livres (environ 700 euros) pour les réfugié.e.s Rohingyas. « C’est notre record ! Parce qu’on était à quelques jours de Noël ». Le froid et la douleur causée par les talons s’installe et s’intensifie avec l’heure qui tourne. Aux alentours de 21h30, le groupe se rassemble au point de rendez-vous initial et conclut qu’il est l’heure d’aller à se poser, satisfait de sa récolte du jour. Au Duke of Wellington, anciens, anciennes et nouvelles recrues toutes fraîches du jour s’installent pour débriefer joyeusement ces dernières heures passées à récolter des fonds, tandis que le matériel et le contenu des seaux, est rangé avec soin. Ce soir-là, la gaie troupe aura récolté 408 livres, soit près de 465 euros, pour le Meena Center. Il est indéniable que ce soir, des amitiés se sont tissées sur le trottoir. Eden, étudiant expatrié à Londres depuis deux ans qui a presque immédiatement rejoint le collectif, raconte, non sans tendresse, que s’engager avec Lesbians and Gays Support the Migrants lui a aussi permis de se faire un vrai groupe d’ami.e.s. Voir aussi : Dancing in Dulais, documentaire réalisé par les membres de Lesbians and Gays Support the Miners dans les années 80, grâce auquel le film Pride a pu voir le jour. 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La loi aurait pour but de renforcer les conditions du droit d'asile en France, en allongeant les périodes de rétention tout en raccourcissant les délais d’examen des demandes d’asile, mais aussi les délais de recours pour les personnes dont les dossiers ont été rejetés. Craignant que des personnes en danger n'aient pas les moyens de se défendre, et soient reconduites à la frontière, de nombreuses et nombreux citoyen.ne.s étaient descendu.e.s dans la rue en février dernier, à l'appel du BAAM. Des personnalités politiques, de gauche comme de droites, s'étaient inquiétées du signal lancé par cette loi quant au respect des droits humains. Parmi elles, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait confié son inquiétude face à la mise en place d'une politique de traitement des demandes d'asile jugée trop « expéditive ». Adeline Hazan, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté avait également appelé, dans son rapport annuel publié à l'automne, à ne pas augmenter la durée de rétention ni à réduire les délais de recours. Les associations de défense des droits humains, et les associations LGBT+ se sont particulièrement inquiétées de l'application d'une telle loi sur les personnes menacées dans leurs pays d'origine en raison de leurs orientation sexuelles ou de leur identité de genre. Il en va de même pour les personnes atteintes du VIH. [embed]https://twitter.com/MBrancourt/status/981574449236467713[/embed] L'association Le Refuge a par exemple proposé d'ajouter un amendement concernant spécifiquement les demandeurs et demandeuses d'asiles LGBT+. Il dispose que « les associations reconnues d'utilité publique dans le domaine de la protection des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, seront systématiquement consultées et habilitées à délivrer des attestations » à faire valoir devant l'OFPRA. https://twitter.com/lerefuge/status/981507291441696768 Le projet de loi est donc passé au grill de la commission des lois, depuis 21 heures, le mardi 3 avril. Les ailes gauche et droite de la majorité présidentielle se sont retrouvées en opposition, de façon très visible, sur plusieurs amendements. En particulier sur l'article 6, qui propose de porter le délais de recours des demandeurs d'asile devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) à 15 jours au lieu de 30 actuellement. 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Centres de rétention « premier âge » au Texas : la journaliste Rachel Maddow craque à l'antenne

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« Des petits enfants sont détenus », la journaliste Rachel Maddow quitte l'antenne en évoquant les enfants séparés de leurs parents et détenus dans des centres spécialisés au Texas.

Rachel Maddow craque à l'antenne de MSNBC - capture / Youtube

Depuis quelques jours aux États-Unis, la crise de l’accueil des personnes migrantes atteint des sommets en appliquant à la lettre la « tolérance zéro » prônée par Donald Trump. Ainsi, depuis avril, près de 2 000 enfants ont été séparé.e.s de leurs parents après avoir passé les frontières américaines. Les enfants sont envoyé.e.s dans un centre, les parents dans un autre pour être ensuite expulsé.e.s.

La photo d’une petite fille de deux ans en larmes, prise par le photo-journaliste John Moore, avaient fait la Une de la presse américaine en montrant la cruauté de la situation. Près de 12 000 mineur.e.s non accompagné.e.s seraient actuellement détenu.e.s dans des centres.

Le New York Post a publié hier un enregistrement insoutenable provenant de l’un de ces centres, destinés aux personnes migrantes de « tender age » (premier âge). Alors que les enfants originaires d’Amérique centrale et âgé.e.s de 4 à 10 ans, pleurent et appellent leurs parents, les gardes-frontières plaisantent : « c’est un vrai orchestre ici, tout ce qu’il manque c’est un chef d’orchestre ».

Terrassée par l’émotion

C’est dans ce contexte que Rachel Maddow, journaliste star de la chaîne MSNBC et ouvertement lesbienne, a repris en direct hier une information de l’agence Associated Press (AP) expliquant que des bébés avaient été envoyé.e.s dans des centres de rétention spécialisés et que des avocats ainsi que du personnel médical avaient décrit des enfants en larmes dans des aires de jeux.

La journaliste, qui s’est souvent exprimée avec force sur les questions de discriminations, a du rendre l’antenne, terrassée par l’émotion. Elle s’en est ensuite expliquée sur son profil Twitter, sur lequel elle poste depuis des jours et des jours des photos et des articles relatifs à ce sujet :

« Argh, je suis désolée. C’est vraiment mon travail d’être capable de parler à la télévision. Ce que j’ai essayé de faire – et soudainement je ne pouvais rien dire et rien faire, c’était lire ce texte d’Associated Press (…) je m’excuse encore d’avoir un peu craqué. C’était loin d’être le chemin que j’avais choisi ».

Ne vous excusez pas, Madame, en France les journalistes sont tous et toutes resté.e.s bien assis.e.s quand ils et elles ont parlé de l’Aquarius.