Je ne partage pas cette crainte, mais je ne dis pas que cette peur n’est pas fondée, loin de là : on l’a bien vu avec le mouvement #metoo et #balancetonporc : être une femme actrice, c’est déjà subir de la violence.

Mais j'ai l'impression que les choses changent. Je trouve que s’empêcher d’être out, c'est dommage pour tous les gens qui pourraient s'identifier. On le voit avec des personnalités comme Kristen Stewart ou Ellen Page, être out ne brise pas des carrières, au contraire même.

C’était ma fierté gay à moi de dire "ce n'est pas moins bien de jouer des femmes lesbiennes que de faire des femmes hétéros".

Pour La lesbienne invisible, c’était un choix d'assumer qu'on me voit sous ce prisme. C’était une démarche militante de dire oui, je suis lesbienne et je construis ma carrière là-dessus. C’était ma fierté gay à moi de dire « ce n'est pas moins bien de jouer des femmes lesbiennes que de faire des femmes hétéros » parce que ce n’est pas moins bien d'être lesbienne. En vérité, j'ai surtout travaillé sur mes projets perso et je ne suis pas sûr que j'aurais eu cette carrière, si j'avais caché mon homosexualité.

Peut-être que j'aurais eu des petits rôles, mais en me vivant lesbienne au travail, j'ai tourné un spectacle pendant 4 ans qui m'a permis de me faire connaitre (La lesbienne invisible, ndlr). J'ai pu faire un autre spectacle (Chatons violents, ndlr), et puis j'ai réussi à faire un film (Embrasse-moi, ndlr) dont je suis trop content. C’était mon rêve de faire une comédie romantique lesbienne. Très personnellement ça n’a fait que m'ouvrir des portes.

Si aujourd'hui je suis identifié comme homme trans et qu'on ne me donne que des rôles d'hommes trans, et bien ça ne me pose pas de problème. Je trouve ça hyper important que tout le monde soit représenté sur nos écrans, toutes les expressions de genres, les orientations sexuelles, les couleurs de peau, les corps différents. Je pense qu'en France on a encore des progrès à faire, mais la visibilité est déjà une étape.

Il va y avoir de plus en plus de personnages trans. Que Plus belle la vie ait fait cette démarche, c’est fort : les parents d'une super pote vivent à la campagne et quand elle leur a dit pour moi, ils ont répondu "oui on connait, on a vu dans Plus belle la vie". Ils avaient appris tout à coup notre existence, dans le feuilleton.

J'espère que les mecs trans, les femmes grosses, les noir.e.s ne feront pas que des rôles d’hommes trans, de noir.e.s, de grosses.

Pour l'instant, ce sont des rôles où les personnages ne sont vraiment ramenés qu’à leur identité, mais récemment, des responsables de casting se sont dit « tiens, ce serait bien de prendre des mecs trans pour jouer des mecs trans ». Cette année, j'ai passé trois castings pour des rôles de mecs trans dans des séries françaises.

Après, clairement, j'espère que les mecs trans, les femmes grosses, les noir.e.s ne feront pas que des rôles d’hommes trans, de noir.e.s, de grosses. J'espère que je pourrai prétendre à des rôles d'hommes tout court. Je me pose juste la question si dans deux ans, trois ans, les réalisateurs et réalisatrices, les directeurs et directrices de castings, ou même les chaînes seront prêtes à dire « tiens, je prends cette personne pour jouer un flic hyper viril ». Est-ce que je serai potentiellement un acteur pour jouer ces rôles-là ? Je ne sais pas. Ça m'amusera sans doute de le faire, comme ça m'aurait amusé de jouer le rôle d'une mère de famille Manif pour tous avec 8 enfants, parce que j'aime composer des personnages, et que je n'ai aucun problème à jouer des personnages très différents de moi.

[caption id="attachment_6702" align="aligncenter" width="2346"] Océan - SMITH pour Komitid[/caption]

Tu as choisi de te présenter à la ville comme à la scène sous un seul prénom, Océan. Comment s’est construite cette décision ?

Depuis toujours, dans ma carrière, je jouais sur ce qui s'appelle des persona. Ce n’est pas un personnage très éloigné de soi, c’est plutôt un soi bigger than life, un personnage de comédie. Ça a été Oshen quand je chantais, puis Océanerosemarie quand j'ai écrit la Lesbienne invisible. Chaque fois, je jouais avec mon prénom et mon identité, mais en me décalant un petit peu, parce que je considérais que j'avais besoin de protéger ma vie intime, d'avoir moi-même psychiquement un endroit qui ne soit pas public, qui soit séparé du monde.

Néanmoins, j'ai toujours utilisé mes émotions ou mes expériences intimes pour mes chansons, pour la Lesbienne invisible. Avec Chatons violents, c’était pareil. Contrairement à ce que les gens pensent, ce spectacle est encore plus intime que le premier, parce que parler de mon origine sociale, des gens de ma famille au sens large, c’était une révélation de moi pas forcément facile à faire.

Je vis ma transition comme un continuum, pas une rupture, je ne coupe pas avec mon passé parce que j'ai l'impression d'avancer vers moi, de me diriger vers moi, d'évoluer.

Plus j'avance dans ma carrière, plus j'accepte que ce qu'il y a de plus intime est le plus politique, et donc paradoxalement plus collectif. Je me suis dit que je n’avais plus besoin de me protéger avec un persona. Quand j'ai décidé de faire ma transition, j'ai eu ce désir d’enlever le E de Océane, ce qui est finalement un geste très naturel, c’est-à-dire d'enlever ce qui féminise, tout en gardant une connexion avec mon prénom de naissance. Je vis ma transition comme un continuum, pas une rupture, je ne coupe pas avec mon passé parce que j'ai l'impression d'avancer vers moi, de me diriger vers moi, d'évoluer.

C’est d’autant plus cohérent de ne plus séparer le personnage public de la personne que je suis, que je fais la démarche de ce documentaire sur ma transition (dix épisodes seront diffusés en 2019 sur la plateforme web de France Télévisions, ndlr). À partir du moment où je deviens sujet d'une œuvre, il n’y a plus de raison pour moi de faire barrière : je peux être au monde en tant qu'artiste et en tant que moi. C’est extrêmement libérateur de me rassembler dans une identité d’homme trans, que je vis comme un peu plus complexe que femme homosexuelle.

Comment dans ton enfance, dans ta vie d'adolescent as-tu anticipé, pensé intimement, ton identité d’homme trans ?

Je pense que j'ai été élevé dans un souci absolu de la norme. Bien que ma mère nous ait totalement poussé.e.s à être nous-mêmes, à être authentiques, elle a une relation à la binarité et à la cisnormativité qui est hallucinante. Elle a été super ouverte quand j'ai fait mon coming out lesbien, mais je sentais malgré tout la nécessité de rester dans les clous. J'avais intégré cette injonction là : le fait d'être attirée par les filles, c'était déjà une angoisse. Je pense que j'étais totalement transphobe malgré moi, une transphobie intériorisée qui m'a été transmise sans jamais que ce soit nommé, parce que je ne savais même pas qu'on avait la possibilité d’écouter cette vérité là.

Clairement, il y a tout le temps eu du masculin en moi, l'envie d'aller vers des choses reliées au masculin, mais je ne pouvais pas me le formuler autrement que comme une négociation permanente avec le fait d'être une fille. C’était impensé pour moi la possibilité d'être un garçon et ça a été le cas pendant très longtemps. J’avais un caractère dit de « garçon manqué » et comme je suis dans une famille ouverte, on m'a laissé préférer les pantalons, faire du skate, j'étais la seule meuf dans une bande de garçons et j'aimais ça. À l'adolescence, je n’ai pas particulièrement souffert que mon corps se forme. J'avais de tous petits seins, j'étais un peu baraque parce que j'ai toujours fait du sport, j'ai toujours eu un corps que je percevais comme masculin.

Il y a tout le temps eu du masculin en moi mais je ne pouvais pas me le formuler autrement que comme une négociation permanente avec le fait d'être une fille.

Qu’est-ce qui a déclenché ta prise de conscience ?

A l'époque de la Lesbienne invisible, j'étais très sincère dans ma position de lesbienne féminine. Au fur et à mesure que le temps a passé, je me suis rendu compte que dans mon cas, être très féminine c’était jouer les codes hétéronormatifs. C’était une façon de me protéger et d'être accepté, parce que j’avais joué à fond ces codes là pour être audible dans un mode cisnormatif et homophobe. Dans mes interactions avec les journalistes et le public non lesbien, il y avait une phrase terrible qui revenait : "toi, ça va". Et je me suis dit, je ne défends pas que les lesbiennes qui ont un passing hétéro.

J’ai commencé à affirmer mon admiration pour les femmes qui s'affirmaient viriles, à me reconnaître beaucoup dans la culture des butch politiques. Je trouve ça fort de dire « je suis une femme et je créé mes propres codes de séduction, ma manière à moi de m’affirmer et de me relationner aux autres et je prends toute la masculinité que je veux, avec mon corps de naissance ». J'ai commencé à me réaffirmer dans ma présentation aux autres, et quand j'ai joué mes premiers Chatons violents j'ai attaché mes cheveux, car j'ai compris l'importance du cheveu dans la séduction, puis je les ai coupés. Je me suis rendu compte combien c’était un geste symbolique car du coup je devenais « une lesbienne caricaturale », comme on me l’a reproché y compris chez les lesbiennes lipstick (lesbiennes féminines, ndlr).

Il a fallu que je déconstruise des choses de l'ordre du sacré, de l’intouchable, dans mon rapport au corps. Des choses que l’on m'a transmises.

Je me suis mêlé au groupe des butch politiques, puis je me suis rendu compte que je ne m’y sentais pas moi-même. Il a fallu que je déconstruise des choses de l'ordre du sacré, de l’intouchable, dans mon rapport au corps. Des choses que l’on m'a transmises. Quand j'ai commencé à comprendre que ma masculinité était là depuis toujours, c’était un point de non-retour. C’est pour cela que je fais mon coming out à un âge si tardif.

Et ma mère m’a aidé malgré elle. Il y a quelques années, elle m'a conseillé de prendre de la progestérone, parce que j’avais des règles très douloureuses. Je n'ai plus eu de règles et j'ai commencé à me dire « à quel moment je reste une femme ? ». J’avais 38, 39 ans et je savais que je ne porterai pas d'enfant. Cette question de la maternité, et donc du féminin puissance mille, était donc totalement réglée. Ça a commencé à me troubler qu'on me dise madame, j'ai rencontré des hommes trans, j’ai commencé à avoir des modèles, ce qui est hyper important pour se dire que c'est possible. J’ai intégré une nouvelle communauté, bien plus diverse que je l’imaginais. Que l’on soit d'extrême droite ou d'extrême gauche, quel que soit ton milieu social, que tu sois fidèle ou que tu aies un million d'amants ou de maîtresses, être lesbienne c’est partager le point commun de désirer les personnes du même genre que soi.

Pour l'instant, ce que je perçois de la « communauté » trans, c’est qu’il y a autant de personnes que de définitions de ne pas être cisgenres. Il y a plein de façons de transitionner, plein de façons d'être trans suivant la relation que l'on peut avoir à la binarité, au masculin dans mon cas. C’est pour ça que je ne prétends pas fédérer tout le monde avec mon discours. Mon expérience est unique et je pense que c’est ça se définir, affirmer sa singularité. Transitionner, c’est aussi se détacher du groupe tout en se rassemblant dans une identité très singulière.

J'ai commencé à prendre de la testostérone le 5 janvier, ça fait cinq mois, et le fait de pouvoir affirmer ma masculinité m’a permis d'être très en paix avec ma part féminine. Plus rien n'est contrarié : il n’y a plus de surplus de féminin, qui vient s'imposer malgré moi.

Comment as-tu préparé ton coming out ?

Pour ma famille, j'ai fait les choses progressivement, j'ai d'abord parlé de personnes trans, j’ai placé dans les conversations qu'il n’y avait pas deux identités de genre, même biologiques. J'ai commencé à aborder des thèmes déconnectés de moi, puis j'en ai parlé à ma mère. C’est une femme très intelligente et très ouverte, je sais qu'elle va évoluer, mais c’était très compliqué pour elle de supporter l'idée que son enfant touche à son corps. L'idée des opérations et des hormones est extrêmement violente. Je lui ai dit combien c’était étrange : si j'avais voulu me faire augmenter la poitrine, elle m'aurait sans doute accompagné et aurait peut-être même proposé de payer l'opération, parce que j'aurais performé mon genre de naissance. Dans son critère normatif, ça aurait été une confirmation de ce qu’elle a fait… et là, je lui annonçais que je les retirerai.

Les parents sont capables de bouger : ils acceptent d'être bouleversés par les enfants.

Après je me suis renseigné j'ai vu qu’en suivant le parcours officiel il fallait attendre deux ans. Je trouve d’ailleurs déplorable que ce soit si long, si violent et psychiatrisant. J'avais 39 ans et j'ai décidé de prendre ce temps là pour voir comment ça allait évoluer, j'en ai moins parlé à ma famille mais j'avais semé la petite graine. Au bout d'un an, un an et demi, ce n’était plus une évidence, c’était une nécessité. Là je l'ai annoncé à ma mère tout autrement : « je t'informe que j'ai décidé de faire cette transition, je ne te demande plus ton avis, c’est à toi maintenant de faire l'effort ». Je me suis rendu compte que si j’avais mis tant de temps à m’écouter, c’était pour protéger ma mère. Mais en fait les parents sont capables de bouger : ils acceptent d'être bouleversés par les enfants. Aujourd’hui si ma mère tient un discours ouvert sur l’homosexualité, et bientôt sur la transidentité, c’est parce qu’elle a déconstruit quelque chose par la force des choses, et grâce à moi surtout. Dans mon film, je pense qu’elle va permettre à beaucoup de gens de s'identifier à elle et à réfléchir à leur propre discours phobique irrationnel.

[caption id="attachment_6701" align="aligncenter" width="2346"] Océan - SMITH pour Komitid[/caption]

La lesbienne invisible a eu une grande importance pour les lesbiennes de notre pays, où les représentations sont pauvres... comment s'est construite ta relation avec tes fans ?

J'ai une immense affection pour toutes les lesbiennes qui sont venues, qui m’ont suivi et qui me suivent encore quand je fais ma tournée Chatons violents. Les meufs qui me font signer un CD ou une BD ou qui me disent qu'elles regardent toujours le DVD en boucle parce qu'elles se sont vachement identifiées, je trouve ça super et j'espère qu'elles comprendront ma démarche, que même si elles sont déstabilisées, elles ne se sentiront pas abandonnées...

Je remonte très bientôt la Lesbienne invisible avec une autre comédienne, Marine Baousson

C’est la raison pour laquelle je remonte très bientôt le spectacle avec une autre comédienne, Marine Baousson. Elle est géniale, je la vois comme j'étais il y a dix ans, je pense que d'autres filles pourront s'identifier. Je veux que le spectacle continue à vivre et que beaucoup d’autres lesbiennes invisibles prennent la suite. Je vois des choses, comme les vidéos des Goudous et c’est génial !

Le message que j'ai toujours essayé de véhiculer, c’est « ne vous laissez pas enfermer dans des stéréotypes, dans une norme oppressante ». Que vous ayez envie de vous balader en mini-jupe ras la touffe, épilée au laser, voilée de la tête au pied parce que vous ne voulez pas montrer votre corps, que vous soyez grosse ou mince, soyez vous-mêmes. En faisant cette démarche aujourd’hui, j’affirme ma liberté et j'espère qu'elles comprendront que c'est un geste d'émancipation.

Tu revendiques depuis toujours ton militantisme féministe, anti-raciste, décolonial. Crains-tu la réaction de la fachosphère ?

S’ils m’attaquent là-dessus, ça ne sera qu’une preuve de plus de leur bêtise. C'est pénible et désagréable d'être harcelé sur Twitter par ces individus, mais quelque part je m'en nourris, ça confirme ma démarche. Le seul endroit où j'ai le plus d'inquiétudes, c’est que les attaques viennent de mon propre camp, car je sais qu'il existe beaucoup de féministes transphobes qui considèrent que quand on est un homme trans, on est passés du côté de l'ennemi. Je trouve cela absurde, parce que lutter contre le patriarcat n’a rien à voir avec la question de se représenter intimement homme ou femme, ou de se représenter comme homme trans.

Je pense qu’être trans, c’est se connecter d'autant plus à toutes les luttes de classe, race et genre

Je resterai toujours féministe et je resterai toujours du côté des femmes au sens politique. J'ai 40 ans de vie de femme derrière moi, donc je ne vais pas oublier ce que c'est qu'être une femme lesbienne. Je me sens très proche du texte de Paul Preciado qui parlait de redéfinir la masculinité depuis son corps d’homme trans, pendant la période #metoo. Je ne m'identifie pas comme un homme cis, mais je sais que transitionner dans ce sens peut signifier gagner en privilèges. Peut-être que ce sera mon cas, mais j’en doute car j'ai déjà beaucoup de privilèges en tant que personne blanche, aisée, médiatisée, écoutée. Avec cette nouvelle voix, rien ne change. Je vais plus militer sur les questions trans par exemple, pour que ce soit plus facile de faire changer son état civil, même si personnellement je considère que les cases M et le F devraient être supprimées. Je pense qu’être trans, c’est se connecter d'autant plus à toutes les luttes de classe, race et genre car je suis conscient que mon parcours de mec trans riche qui peut décider de se payer son opération n'a rien à voir avec ceux des mecs trans racisés, des personnes pauvres, des sans-papiers.

J’ai eu la chance de ne pas avoir été déclassé quand j'ai fait mon coming out lesbien, je peux me permettre d'offrir une image joyeuse et positive sur ma transition qui est merveilleuse pour moi. Mais ce privilège me pousse à parler de la violence énorme qui s'abat sur les autres.

Tu confies La Lesbienne invisible à une comédienne, tu documentes ta transition pour la télévision. As-tu pensé à l’étape d’après dans ta carrière de comédien ?

Je commence à réfléchir à mon troisième seul-en-scène. Ce sera quelque chose d'assez différent de ce que j'ai fait avant. Je veux être dans une forme plus théâtrale, et plus physique aussi. Je voudrais questionner le genre et la binarité par la poésie et des images fortes, me dégager de la pédagogie. Je pense que je vais me nourrir de ces prochains mois pour l'écrire. Et puis surtout, j'espère jouer pour les autres car je pense que j’aurai besoin de parler d’autre chose !

[caption id="attachment_6699" align="aligncenter" width="2362"] Océan - SMITH pour Komitid[/caption] Les photos de cet entretien ont été réalisées par l'artiste Bogdan SMITH qui questionne depuis longtemps la question du genre dans des œuvres toujours plus lumineuses, exemple ici >>> bodies that matter." ["post_title"]=> string(42) "« Je vous demande de m'appeler Océan »" ["post_excerpt"]=> string(241) "Océan a choisi le 17 mai, Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, pour faire son coming out trans. Dans un long entretien, il revient sur son parcours personnel, artistique et politique et nous envoie un message fort." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(32) "entretien-ocean-coming-out-trans" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-22 16:59:44" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-22 14:59:44" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=6665" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "2" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15287 (24) { ["ID"]=> int(6673) ["post_author"]=> string(1) "5" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-17 11:18:19" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-17 09:18:19" ["post_content"]=> string(813) "Océan a choisi Komitid pour parler pour la première fois de son coming out en tant qu'homme trans. Retrouvez un grand entretien du comédien sur Komitid aujourd'hui à 15h, et découvrez ci-dessous un extrait en exclusivité : « Quand j'ai décidé de faire ma transition, j'ai eu ce désir d’enlever le E de Océane, ce qui est finalement un geste très naturel, c’est à dire d'enlever ce qui féminise, tout en gardant une connexion avec mon prénom de naissance. Je vis ma transition comme un continuum, pas une rupture, je ne coupe pas avec mon passé parce que j'ai l'impression d'avancer vers moi, de me diriger vers, d'évoluer. ».   " ["post_title"]=> string(58) "Le comédien et humoriste Océan fait son coming out trans" ["post_excerpt"]=> string(134) "À l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, Océanerosemarie a une nouvelle à vous annoncer…" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(16) "ocean-coming-out" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-17 11:28:01" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-17 09:28:01" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=6673" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15288 (24) { ["ID"]=> int(7318) ["post_author"]=> string(1) "5" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-24 09:32:37" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-24 07:32:37" ["post_content"]=> string(24085) "Les 18 et 19 juin prochains, l'Association des Journalistes LGBTI (AJL) organise la deuxième édition des OUT d'or, le prix de la visibilité LGBTQI, dont Komitid est partenaire. Pendant deux jours, des événements seront organisés à la Maison des Métallos à Paris. Une conférence-débat sera proposée sur le thème des « fake new » et des discours de haine, lundi 18 juin 2018 à 19h. Le 19 juin, à 20h, se tiendra la cérémonie des OUT d'or qui récompensera les artistes, journalistes et personnalités qui, grâce à leurs actions, accroissent et valorisent la visibilité des thématiques LGBTI (elle sera retransmise en direct sur Facebook). « Cette deuxième édition a toujours pour objectif de récompenser le travail médiatique qui a servi la visibilité des minorités, explique Clémence Allezard, co-présidente de l'association. Nous avons centré notre sujet sur les fake news en rappelant le fait que pour lutter contre celles-ci et vaincre les stéréotypes, il faut donner encore et toujours la parole aux concerné.e.s. Dans le sillage de la première édition, nous souhaitons par le biais de cette soirée festive et engagée encourager les bonnes pratiques. »   L'année passée, les Out d'or avaient récompensé la Novaïa Gazeta pour son travail sur la Tchétchénie, la personnalité de l'année choisie par le public était Adrián de la Vega, la rédaction engagée était l'Union-L'Ardennais pour son « mur de la honte» et le prix de la Création Artistique avait récompensé ex-aequo les films 120 battements par minute et Ouvrir la voix.

Roulement de tambour pour les nommé.e.s des Out d'or 2018...

Les nommé.e.s pour la personnalité de l'année (pour voter c'est ici !)

Édouard Louis, pour ses prises de position engagées à l'occasion de la parution de Qui a tué mon père (Seuil) en mai 2018.

Paul B. Preciado, pour sa chronique "Interzone" dans Libération, notamment sa Lettre d'un homme trans à l'ancien régime sexuel en janvier 2018.

Inès Rau, première "playmate" trans à la une de Playboy en novembre 2017.

Océan, pour son coming out trans en mai 2018, sur notre site.

Constance Debré, pour son coming out et la parution de "Play boy" (Stock) en janvier 2018.

Jonas Ben Ahmed, Premier acteur trans dans une série française grand public (Plus belle la vie, France 3) depuis mars 2018.

Olly Plum, Travailleur du sexe et performeur, pour son coming out trans en mai 2018.

Le coup de gueule de l'année

Baptiste Beaulieu Médecin généraliste dans le sud de la France et romancier, Baptiste Beaulieu est très actif sur les réseaux sociaux. En mars 2018, il a notamment signé une tribune dans ​L'Obs​ qui tord le cou aux préjugés concernant l’existence d’un supposé « lobby LGBT », restituant l’action des associations LGBTI pour les jeunes homosexuel·le·s discriminé·e·s. « J'ai fait témoigner le 'lobby LGBT', celui qui m'a permis de ne pas mourir », écrit-il.
Sam Bourcier Sociologue trans, Sam Bourcier est un habitué des prises de position fermes et engagées. En février 2018, lors du débat Transgenres, parcours de combattant-e-s dans l’émission Grand écran​ (LCP), il s’est insurgé contre la médicalisation systématique des personnes trans et non-binaires.
Emilie Mazoyer Journaliste et chroniqueuse, Émilie Mazoyer est une alliée des luttes des minorités LGBTI. Dans son émission ​Shuffle​ (Europe 1), elle a, en septembre 2017, pris fermement position contre la censure des affiches du film Nos Années folles à Senlis.
Giovanna Rincon Militante infatigable pour les droits des trans, Giovanna Rincon est notamment apparue en mars 2018 dans une vidéo du Huffington Post qui dénonce avec vigueur un sujet encore trop ignoré par les médias : l’insécurité des femmes transgenres dans l’espace public.
Muriel Robin Humoriste bien connue des Français·e·s, Muriel Robin s’est insurgée, sur le plateau de ​C à vous​ (France 5), en mars 2018, contre le déversement haineux et lesbophobe dont sa compagne, Anne Le Nen, et elle-même ont fait l’objet.

Les nommé.e.s pour l'enquête ou le reportage de l'année

Des intrus en politique. Femmes et minorités : dominations et résistances, d'Aude Lorriaux et Mathilde Larrère (Éditions du Détour) Janvier 2018 Le malaise des patients LGBTI chez le médecin de Marie-Violette Bernard et Louise Hemmerlé (franceinfo) 1er mars 2018 À Nice, la Manif pour tous accapare les débats sur la PMA, de Louise Fessard (Mediapart) 1er mars 2018 ​Vieillir avec le VIH : des seniors séropositifs racontent leur quotidien de Marie Slavicek (​Le Monde​) 1er décembre 2017 ​Être femme et gay au Sénégal : les lesbiennes cherchent leur place, de Sarah Elzas (RFI) 29 juin 2017
L'enfer des prisons égyptiennes pour les gays et trans, de Martin Roux (Slate) 3 janvier 2018 Homos en quête d'asile : tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, d'Anne Laffeter (​Les Inrockuptibles​) 1er mai 2018

Les nommé.e.s pour le documentaire de l'année

Quand la création raconte le sida, de Didier Roth-Bettoni (France culture), Réalisé par Nathalie Battus, Diffusé du 9 au 12 avril 2018 dans ​LSD (La Série documentaire)
Chasse à l’homme en Tchétchénie, d’Élise Menand, Philippe Maire et Benoît Sauvage (France 2), Diffusé le 23 novembre 2017 dans ​Envoyé Spécial
Il était une fois la PMA et Coming In, d’Élodie Font, Diffusés respectivement du 25 janvier au 21 février 2018 sur Cheek Magazine et le 17 mai 2017 sur Arte radio
Pourquoi nous détestent-ils, nous les homosexuels ?​ ​d'Olivier Nicklaus et Gurwann Tran Van Gie (Planète+), Diffusé le 4 décembre 2017 dans le cadre de la deuxième saison de "Pourquoi nous détestent-ils ?" et jusqu'au 6 juin sur Planète +
L'Autre mère, de Mathilde Guermonprez (Arte radio)

Les nommé.e.s pour la presse étrangère 

BBC Scotland - The Social (Royaume-Uni) La chaîne a diffusé en avril 2018 le film du jeune Sean Lìonadh intitulée Le moment d'aimer - L’homophobie en 2018 (« Time for love - Homophobia in 2018 »). El País (Espagne) Le 26 avril 2018, le journal madrilène a publié la vidéo Journée de la visibilité lesbienne : 26 femmes font face (« Día de la visibilidad lésbica : 26 mujeres dan la cara »). Marvia Malik (Pakistan) Nommée présentatrice sur la chaîne TV Kohenoor News en mars 2018, Marvia Malik est devenue la première femme trans à occuper une telle fonction au Pakistan. Meduza (Lettonie) Site d'enquête russe basé en Lettonie pour fuir la censure, Meduza a publié en novembre 2017 l’enquête de Mikhail Danilovich intitulée Il n'était pas digne d'être un homme (« He wasn’t worthy of being a man »), soulignant la bienveillance de la justice russe envers les meurtriers d'homosexuels. Olympic Channel (basée à Madrid) La web TV du Comité international olympique a diffusé en juin 2017 la série Identify, consacrée à cinq athlètes trans. SHAMS RAD (Tunisie)
Cette web-radio LGBTI tunisienne, à l'antenne depuis décembre 2017, est la première du genre dans le monde arabe.

Les nommé.e.s pour la rédaction engagée

France info, Libération, Rue89 Lyon-hétéroclyte, Brut et RTL Girls

Les nommé.e.s pour le dessin engagé

Les nommé.e.s pour la création artistique

Bed Work et Haunted Lives, de Soufiane Ababri
Cure, d'Eddy de Pretto
Plaire, aimer et courir vite et Ton Père, de Christophe Honoré
Fiertés, de Philippe Faucon
Phia Ménard (metteuse en scène)
Aria, d’Emilie Jouvet
Un Couteau dans le coeur, de Yann Gonzalez

Les nommé.e.s pour le sport

En cette année des Gay games à Paris, l'AJL a décidé de créer cette rubrique :  « Un Out d’or n’est pas de trop pour en inciter d’autres à montrer qu’on peut être un.e athlète de haut niveau et être LGBTI ».
Amandine Leynaud et Alexandra Lacrabère (handball)
Marinette Pichon (football)
Sandra Forgues (canoë)
Yoann Lemaire (football)

Les nommé.e.s pour la chaîne YouTube

 
Les votes sont ouverts... et les paris aussi ! " ["post_title"]=> string(41) "Out d'or 2018 : et les nommé.e.s sont..." ["post_excerpt"]=> string(99) "Les votes sont ouverts ! Les résultats seront annoncés lors de la cérémonie le 19 juin au soir." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(19) "out-dor-2018-nommes" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-06-01 14:59:32" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-06-01 12:59:32" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=7318" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Pinkwashing d'Israël : Océan refuse à son tour de présenter son film au TLVFest

Publié le

Le festival du film LGBT de Tel Aviv croule sous les annulations d'artistes dénonçant les violences inouïes d'Israël contre les civil.e.s et militant.e.s palestinien.ne.s qui réclament justice sur la bande de Gaza.

Affiche du TLVFest 2018

Le Festival du film LGBT de Tel Aviv, le TLVFest, c’est jusqu’au 9 juin mais cette année il suscite plus de remous que d’enthousiasme, et pour cause. Cette fois, le pinkwashing – qui s’est vu comme le nez au milieu de la figure après la victoire de la candidate israélienne à l’Eurovision – est très dur à avaler, alors que le peuple palestinien – citoyen.ne.s, journalistes et militant.e.s – subit le feu de Tsahal plus fort que jamais. Ce week-end même, la foule se recueillait lors des funérailles de l’infirmière Razan Al-Najjar, 21 ans, morte d’une balle en plein cœur alors qu’elle manifestait dans la bande de Gaza.

La semaine dernière, Océan a ainsi demandé au festival de déprogrammer les séances de son film Embrasse-moi !. Il a publié un texte justifiant son choix sur les réseaux sociaux : « En solidarité envers le peuple palestinien et pour affirmer mon désaccord total avec la politique d’Israël envers la Palestine, et parce que je refuse de participer à la politique de pinkwashing faite par le gouvernement israélien, je me dois de refuser que mon film soit projeté au festival de Tel Aviv. J’en suis sincèrement désolé pour le public du festival, auprès de qui je m’excuse, car je sais bien que les civils sont tout aussi victimes de la politique de leur gouvernement ; je fais une absolue distinction entre les citoyens israéliens et ceux qui les gouvernent, mais les violences faites aux palestiniens, y compris les LGBT, par l’armée et l’État m’obligent à affirmer mon impossibilité à m’inscrire dans cette programmation à ce jour. »

Malgré cela, son film figure toujours au programme, tout comme celui du réalisateur français Sylvain Coisne, qui a annoncé son intention de retirer son court métrage Dylan, DylanLe TLVFest avait informé le réalisateur que les tickets étaient déjà vendus et que la projection se ferait donc contre sa volonté. Le film 120 battements par minute est également programmé, Robin Campillo ne s’est pour l’instant pas exprimé sur son intention de retirer 120 BPM de l’événement culturel. 

Un relais international

De très nombreuses personnes ont également refusé de participer au festival. Linn da Quebrada, une voix majeure des personnes noires et pauvres LGBT marginalisées au Brésil, devait participer à la Queer Party du Festival le 6 juin. Elle a déclaré : « Sachant qu’en Israël il y a aussi des personnes qui souffrent d’oppression, dans leurs corps et dans leurs désirs, j’ai décidé d’annuler ma participation, de rejoindre le boycott culturel qui a grandi dans le monde entier ces derniers mois ».

Le Festival international Pakistanais des minorités Aks a annoncé qu’ils se retirait d’un panel de réalisateurs de TLVFest : « Aks a promu de longue date les droits humains et exprime sa solidarité avec les militants de Palestine, particulièrement les militants palestiniens queers, qui s’opposent à la violation des droits civils palestiniens par le gouvernement israélien. »

Hind Awwad de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel (PACBI) évoque une « révolution »  : «  Nous sommes profondément reconnaissants pour ces expressions de solidarité de la part des artistes et des collectifse retirant de TLVFest 2018. L’exploitation par Israël d’événements LGBT pour « pinkwasher » ses politiques meurtrières contre les Palestiniens devrait être universellement condamnée et isolée ; c’est une contribution minimale à notre lutte non-violente pour la liberté, la justice et l’égalité des droits  ».