« On peut montrer aux plus jeunes une période qu'ils et elles n'ont pas connue, pour regarder vers l'arrière et voir ce par quoi leurs prédécesseurs sont passés pour gagner des droits »

N.R. : L'universalité de la chose, c'est aussi prendre le parti de ne pas faire une série qui ne s'adresse qu'aux personnes LGBT. L'intérêt c'est aussi de se servir de cela en toile de fond et de raconter une histoire d'amour, une histoire de famille de tabler sur l'universalité de la proposition : on a tous été amoureux, on s'est tous pris la tête avec son père. On peut s'appuyer la dessus pour banaliser nos vies mais aussi pour montrer aux plus jeunes une période qu'ils et elles n'ont pas connue, pour regarder vers l'arrière et voir ce par quoi leurs prédécesseurs sont passés pour gagner des droits. Mais ça concerne tout le monde, ces droits : en projection, il y a pas mal d'hétéros qui sont venus nous voir en disant « le père il ressemblait vachement à mon père », on a des personnes immigrées qui nous ont dit « moi aussi ça a été compliqué dans ma famille pour d'autres raisons »...

Les relations de Victor avec les hommes de sa famille raconte une évolution de la virilité, sur trois générations. C'était votre intention ?

J.C. : Oui car le coeur du sujet de Fiertés, c'est la transmission. Comment la perception masculine d'un père sur l'homosexualité de son fils a des conséquences sur sa famille. Qu'est ce que ça fout en l'air comme projections, comme transferts de soi par rapport à son enfant. Comment cette transmission est d'abord acceptée par l'enfant parce qu'il n'a pas le choix, comment il doit devenir un individu et non plus un membre faisant partie d'une communauté familiale. Et surtout comment, une fois qu'il s'est construit, il retransmet quelque chose. Fiertés c'est surtout ça : la marche des fiertés, la fierté d'être qui l'on est mais aussi la fierté de revendiquer ses origines et d'avoir le droit de transmettre quelque chose.

« Créer un personnage gay c'est forcément porteur d'une dramaturgie définie. »

N.R. : Pour Victor, on avait un canevas défini : qu'est ce que c'est de découvrir sa sexualité quand on a 17 ans en 1981, qu'est-ce que ça fait d'être un jeune PD en 1999, et d'avoir 50 ans en 2013 ? Ça permettait de puiser dans ce qu'on connaissait nous et dans les expériences des gens qu'on connaissait... des films ont été faits sur le coming out et le but n'était pas de faire un énième récit de quelqu'un qui intériorise, qui sombre dans la dépression. On a pris le parti de prendre un Victor qui est dans le déni, ce qui arrive fréquemment, et qui est capable de dire à Serge « on baise et c'est tout je suis pas la pour porter une pancarte ». Ce qu'il vit, c'est ce que des gens, moins maintenant, peuvent expérimenter : je le dirai jamais, ma famille ne le saura jamais, je vais rentrer dans le moule. Pareil, au moment du Pacs, on a choisi de faire que les revendications de Victor ne concernent pas directement l'envie de se marier, mais celle d'avoir des enfants parce que qu'on avait envie de travailler sur le sentiment que c'est, de vouloir un enfant qu'on a pas le droit d'avoir.

Vous avez choisi aussi d'aborder d'autres minorités, avec le personnage de Serge qui est porteur du VIH et de Sélim qui est issu de l'immigration...

N.R. : Notre réalisateur Philippe Faucon a beaucoup traité de l'identité dans son cinéma, et c'était important de le faire. Tous les deux, on a le privilège d'être des hommes et blancs, on représente une large majorité des scénaristes, c'est pas à nous de raconter ces histoires mais aux concernés, mais tant qu'ils n'ont pas la place il faut qu'on le fasse aussi. La bande de Diego dans le troisième épisode, qui date de 2013, elle est diverse et mixte en fait elle est juste normale aujourd'hui. Le fond de Fiertés, c'est que les homosexuels sont de toute façon aussi légitime à être représentés que les racisés, les femmes, les trans... sans que ça devienne le coeur de l'histoire.

J.C. : Parce qu'en France, créer un personnage gay c'est forcément porteur d'une dramaturgie définie.

Par ailleurs, José, tu as travaillé sur l'écriture de Plus belle la vie, qui a mis plusieurs personnages LGBT+ à l'écran. Pensez-vous que la télévision peut changer la société ?

J.C. : La série, qui a 14 ans, a brisé des tas de tabous là ou des tas de séries françaises n'abordaient pas ces sujets. Quand j'y travaillais, j'avais écrit la première histoire qui suggérait la transidentité. Maintenant, il y a un vrai personnage trans et on est entrés dans une vraie banalisation. C'est super, mais pour en arriver là, il a fallu et il faut encore passer par beaucoup de réunions de casting. Où l'on caste des gens pour des « rôle de noirs ». On veut parler à tout le monde, on veut que les personnes LGBT se reconnaissent, car on a écrit la série pour eux, mais pas que. C'est pour cela qu'on ne labellise pas la série comme une série gay, car ça peut être interprété comme « c'est pas pour moi »... ce qui est très hypocrite, car combien d'homosexuels regardent des comédies hétéros et s'identifient ? Combien de noirs regardent des séries avec des blancs et s'identifient ?

« Quand je travaillais chez Plus belle la vie et que  j'entendais ma grand-mère et ma grand-tante commérer devant les histoires de Thomas, c'était drôle... et hyper gratifiant »

N.R. : Nous n'en sommes pas encore au stade où la sexualité d'un personnage LGBT n'est pas un sujet mais les choses bougent en France et ailleurs. J'ai tendance à penser que l'éducation fait aussi partie de notre job. Moi, je pensais plus aux parents, je me disais tiens, si cette série pouvait être un déclencheur ? Une sorte de manuel d'acceptation de leur enfant, une projection de ce que pourrait être leur vie de parents gâchée, s'ils décidaient de s'enterrer dans ce rejet... J'ai plutôt pensé à eux. C'est grisant de savoir qu'à notre tout petit niveau, on peut faire bouger les lignes.

J.C. : La télé, le ciné, c'est quand même très puissant comme vecteur, encore aujourd'hui. À l'époque, quand je travaillais chez Plus belle la vie et que  j'entendais ma grand-mère et ma grand-tante commérer devant les histoires de Thomas, c'était drôle... et hyper gratifiant, pour un auteur ou un réal, d'avoir ce pouvoir, et cette responsabilité. On ne peut pas raconter n'importe quoi !

" ["post_title"]=> string(122) "« Avec "Fiertés", on a fait une série qu'on aurait pu regarder il y a 15 ans, et nous dire "c'est cool, on existe" »" ["post_excerpt"]=> string(329) "Pour Komitid, les scénaristes de « Fiertés », Niel Rahou et José Caltagirone, reviennent sur leur expérience d'écriture. La mini série réalisée par Philippe Faucon couvre sur trente ans de vie LGBT+ en France : 81 et 82 (la dépénalisation de l'homosexualité), 1999 (le Pacs) et 2013 (Le mariage pour tous et toutes)." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(29) "fiertes-interview-scenaristes" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-03 18:01:38" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-03 16:01:38" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5296" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "2" ["filter"]=> string(3) "raw" } [1]=> object(WP_Post)#15278 (24) { ["ID"]=> int(596) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-02-20 18:47:48" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-02-20 17:47:48" ["post_content"]=> string(2126) "La saison des prides est ouverte en Inde. Après la Marche des Fiertés de Bombay, le 3 février 2018, c'est Ahmedabad, grande ville du nord-ouest du pays, qui a marché pour les droits LGBT+ le 18 février. En voici les premières images :

Se réapproprier l'espace

Anahita Sarabhai, artiste et militante co-fondatrice de l'événement, a confié à Times India que c'était à la fois une démarche personnelle et très politique : « L'idée est venue du fait que je n'avais jamais eu l'occasion de faire partie d'une Marche des Fiertés dans ma propre ville, lieu qui garde à jamais l'histoire de mes difficultés en tant que femme identifiée queer. L'opportunité de se réapproprier l'espace par cette démarche était aussi terriblement excitante pour moi, sachant que je pourrai marcher épaule contre épaule avec les gens que j'aime et toute la communauté que je peux appeler mienne ».

Exprimer des revendications vitales

Times India a également interrogé Barsha Dutta, créatrice de mode. Cette dernière a rappelé l'importance de la visibilité et de l'activisme LGBT+ dans le contexte politique actuel du pays, qui criminalise encore les relations sexuelles dites « contre-nature » : « Il est temps pour notre société d'être inclusive. Les préférences sexuelles de tout un chacun ne peuvent tout simplement pas être considérées comme des crimes. Tout le monde devrait avoir le droit de mener une vie digne, quelle que soit leur orientation sexuelle. Le monde change, et c'est le moment de décriminaliser la Section 377 (article du code pénal indien criminalise les actes sexuels « contre l'ordre naturel », ndlr). La Pride d'Ahmedabad est un événement à célébrer, et on espère, un moyen d'ouvrir la discussion »." 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C’est toute l’idée du Paris Prize for LGBT Rights (Prix international de la Ville de Paris pour les droits des personnes LGBTQI+) dont la première édition sera organisée le 17 mai prochain par la Mairie de Paris. Chaque année, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, l'événement viendra désormais récompenser l’action de ceux et celles qui défendent et font avancer les droits LGBT+ en France et à l’étranger. L’initiative de la maire de Paris, Anne Hidalgo, dévoilée par Komitid, est l’application d’une recommandation provenant du rapport de Jean-Luc Romero-Michel remis l’année dernière. Celui-ci visait à faire de Paris « la capitale mondiale des droits LGBTQI+ et du tourisme LGBTI-friendly ». Un jury paritaire, composé de huit activistes, sera donc chargé de remettre deux prix, le premier pour la France et le second pour une initiative étrangère, à un.e militant.e ou une association. Le but ? 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« Agir au quotidien »

Pour cette première édition, Paris s’est dégotée des jurés de choix. Edwin Cameron, juge de la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud, militant de la première heure et orateur de la première Pride du pays en 1980, sera chargé de présider le jury. L’activiste sera entouré par des représentant.e.s d'associations françaises, à savoir Flora Bolter, la présidente du Centre LGBT de Paris, Yacine Djebelnouar de Shams France, Thierry Moulin, le co-président de l'Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (Ardhis) ainsi que par Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT. Khalid Abdel Hadi, le fondateur du magazine My Kali, Alice Nkom, avocate et Présidente de l’Association de défense des homosexuels du Cameroun ainsi que Stuart Milk, fondateur de la Fondation Harvey Milk, formerons la partie internationale du jury. Ceux-ci auront donc la lourde tâche de départager les nommé.e.s, qui seront annoncé.e.s rapidement. Ce Paris Prize for LGBT Rights s’inscrit dans une politique plus large des équipes de la Mairie de Paris en faveur de l’égalité des droits. La ville se prépare notamment à organiser les Gay Games en août prochain, après avoir adhéré en 2016 au Rainbow Cities Network, coalition des villes en faveur des droits des personnes LGBT+« Paris est fière de porter les exigences d’égalité des droits et de liberté pour chacun d’être soi-même », souligne Anne Hidalgo. « Et d’agir au quotidien, auprès des associations, pour lutter contre les préjugés et les discriminations qui touchent les personnes LGBTQI. » Le rendez-vous est donc pris pour le 17 mai prochain. La cérémonie se tiendra sous les dorures de l’Hôtel de Ville en présence de la maire, son premier adjoint Bruno Julliard, ainsi que Patrick Klugman, chargé des relations internationales et sera retransmise en direct sur Facebook. " ["post_title"]=> string(104) "Info Komitid : La Ville de Paris remettra un Prix international pour les droits LGBT+ le 17 mai prochain" ["post_excerpt"]=> string(283) "Le prix, organisé chaque année pour la journée mondiale contre les LGBTphobies, viendra récompenser les personnes qui font avancer les droits LGBT+ en France comme à l’étranger. Une confirmation que la ville « se place à la pointe de ce combat majeur » selon Anne Hidalgo." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(34) "exclusif-paris-pris-lgbt-activisme" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2020-04-15 14:39:08" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2020-04-15 12:39:08" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4648" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Paris : le mot d'ordre sportif de la Marche des Fiertés de Paris 2018 fait débat

Publié le

De nombreux internautes ont critiqué le choix de ne pas mettre la PMA pour toutes en avant lors de la marche. « On comprend la critique, mais les gens vont vite et ne vont pas au-delà du titre » rétorque l'Inter-LGBT à Komitid.

Marche des Fiertés 2017 à Paris / Shutterstock

« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! ». Voici donc le mot d’ordre de la Marche des Fiertés, qui défilera à Paris le samedi 30 juin 2018. L’Inter-LGBT aura préféré mettre en valeur le sport et les «  discriminations et les violences subies par les personnes LGBTQI+  » dans les milieux sportifs, en évoquant dans un second temps les oppressions subies dans d’autres sphères de la société.

L’appel du pied aux Gay Games, qui se tiendront à Paris du 4 au 12 août prochain, semble clair. Mais l’organisation parisienne a également voulu dénoncer l’organisation de la Coupe du monde de football 2018 qui se tient en Russie. Malgré tout, de nombreux et nombreuses internautes déplorent que la PMA ne soit pas mise au centre de la marche. Celle-ci n’est mentionnée qu’une fois dans le communiqué, après la loi asile-immigration.

« Par ailleurs, après des mois de débat bioéthique qui ont fait resurgir des propos haineux contre nos familles et nos enfants, l’inter-LGBT attend toujours une loi ouvrant la PMA à tous les couples et aux femmes célibataires avec remboursement », indique l’Inter-LGBT dans le communiqué de presse.

Un choix qui n’a pas plu à tout le monde, notamment sur les réseaux sociaux. Un tweet dénonce « un epic fail » quant un autre se demande avec ironie si le slogan « n’est pas trop violent ».

« On comprend la critique, mais les gens vont vite et ne vont pas au-delà du titre » explique Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole de l’Inter-LGBT, contactée par Komitid. « On a pris le sport comme un prisme révélateur de l’état de la société, pour dénoncer les discriminations. »

L’Inter-LGBT promet d’ailleurs d’interpeller les ministres concernés par les sujets abordés dans son communiqué de presse. Une démarche qu’elle a entreprise sur son compte Twitter :

La militante, en rappelant que la PMA pour toutes avait été le mot d’ordre de la Marche des Fiertés 2017, explique « que le communiqué inclut bien des revendications » sur le sujet, « ainsi que sur la loi asile-immigration ». Quant aux critiques sur la proximité du slogan avec les Gay Games, elles sont balayées d’un revers de main : « On voulait parler du Qatar, de la Russie… du fait que le sport reste à l’image de la société capitaliste : sauvage et excluant. »

Comme l’année dernière, la marche s’élancera de la place de la Concorde à 14h, pour se terminer à 17h à République par un concert.