La nouvelle sortie homophobe de l'archevêque de Paris Michel Aupetit sur la PMA ne passe pas

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Invité de la matinale de France Inter lundi 7 mai, l'archevêque de Paris a notamment été interrogé sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules.

Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, invité de France Inter lundi 7 mai - Capture d'écran YouTube / France Inter
Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, invité de France Inter lundi 7 mai - Capture d'écran YouTube / France Inter

« Cette situation là, les enfants en sont victimes ». Monseigneur Michel Aupetit parle bien de la procréation médicalement assistée (PMA). Convié dans la matinale de France Inter ce lundi 7 mai, l’archevêque de Paris a été invité à donner son avis sur l’ouverture de cette méthode de procréation à toutes les femmes.

« Nous ne sommes là ni pour faire des lois ni pour faire changer d’avis (…) », a rétorqué Mgr Aupetit lorsque Léa Salamé lui a demandé s’il pensait que le président Macron, qui s’était déclaré favorable à cette avancée, pouvait changer d’avis. « Il s’agit de définir deux sociétés, l’une basé sur l’individualisme où la clé, c’est l’autonomie, et une société de la fraternité basée sur les relations interpersonnelles », a ensuite expliqué l’archevêque. « Après, les lois doivent-elles s’accorder au désir des personnes ? Ici on ne peut pas savoir les conséquences sur un enfant qui n’aurait pas… ».

Si Mgr Michel Aupetit n’a pas terminé sa phrase, Léa Salamé l’a fait pour lui en lui proposant : « Qui n’ont pas un père et une mère ? ». « Bien sûr, bien sûr », a-t-il rétorqué, visant aussi bien les enfants qui vivent avec deux pères ou deux mères que ceux qui vivent dans un foyer monoparental. « Cette situation là, les enfants en sont victimes, là on créé quelque chose, une situation. », a-t-il conclu.


Cette intervention, qui stigmatise les familles homoparentales et remet sur la table cet argument selon lequel la légalisation de la PMA pour toutes ne viendrait s’inscrire que comme une réponse à une demande sociétale, n’a pas manqué de provoquer des réactions, aussi bien sur les réseaux sociaux que par communiqué de presse de la part d’associations. À l’image de l’Association des familles homoparentales (ADFH) qui a été interpellée lorsque l’archevêque a expliqué que « depuis que les lois sont les lois, c’est toujours la défense du plus faible, depuis le code d’Hammourabi ».


Ces déclarations sur la PMA ne sont pas les seules qui ont retenu notre attention. L’interview de l’Archevêque de Paris était, il faut bien l’avouer, un véritable florilège de petites phrases. Alors, les États généraux de la bioéthique, c’était bien aux yeux de Mgr Aupetit ? « Toute discussion est bonne. Après la manière dont ça se déroule, on ne peut pas se plaindre. Il y a pas mal de gens qui ont participé… (…) Il aurait été intéressant d’avoir des gens plus larges qui ne sont pas concernés ».

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L’interview s’est terminée sur une question de la journaliste concernant la participation de l’archevêque de Paris aux manifestations organisées par la Manif pour tous en 2013. Et sa réponse se passe de commentaires : « J’assume absolument d’y être allé, j’étais juste à côté, je déjeunais dans une famille, j’ai dit aux gens j’y vais (…). Mais ce n’est pas moi qui organise ce genre de manifestations, ce n’est pas notre rôle du tout ». C’est noté.

  • f-angebault

    Cher Monsieur Peyre,

    La position de l’Archevêque est sur la PMA, ce qui n’a rien à voir avec une supposée homophobie.
    C’est un raccourci trop facile et faux, ce qui, et je le dit avec respect pour vos opinions, me fait penser « Mais comment discuter avec quelqu’un qui fait ça? »
    C’est comme si je vous traitait de raciste parce que vous n’êtes pas d’accord avec moi.
    La meilleure manière de convaincre des gens qui ne sont pas d’accord avec vous n’est pas d’user d’arguments détournés ainsi, parce que vous arriverez au résultat contraire.

    Ce que vous n’acceptez pas de voir, est que la position de l’Eglise, et de beaucoup d’autres personnes qui se foutent complètement de l’Eglise, c’est la différence entre le désir compréhensible d’avoir un enfant, et les droits de cet enfant.

    On voit déjà là où ça mène, avec des banques du sperme qui offrent la possibilité de choisir en fonction de la race, du physique et du niveau intellectuel donneur. C’est de l’eugénisme, et l’enfant devient un produit qu’on s’achète. Est-ce vraiment là ce qu’il y a de mieux pour l’enfant? Pourra-t-il vraiment être équilibré en sachant que sa mère biologique a été payée pour ça, même s’il est élevé par deux personnes de même sexe qui l’aiment et l’éduquent du mieux qu’ils peuvent? Ou vaut-il mieux que l’enfant ait été voulu par ses deux parents biologiques, et soit élevé et aimé par eux?

    C’est un sujet extrèmement délicat, et j’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas partager votre enthousiasme pour la libéralisation à tout va de la PMA.

    Cordialement,

    François

  • expat

    La légalisation de la PMA par Macron je n’y crois pas. J’espère me tromper, mais je pense qu’il n’y a rien à attendre d’un type qui dit des absurdités lors de son show devant les évêques. Punaise, je vis depuis des années en Suède. J’ai pu devenir père sans problème ici. Le poids de l’église en France, est trop puissante. A quand un(e) politicien(ne) qui respecte vraiment la laïcité, et envoie une fois pour toute balader l’église ? Pas demain la veille, hélas…