Patti Smith, Christine and the Queens, et le soupçon d’hystérie [Libération]

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La journaliste Johanna Luyssen attire l'attention sur une fâcheuse habitude très sexiste de la part de certains médias…

Une tribune de Johanna Luyssen souligne la surprenante propension de certains médias à attribuer certaines décisions de femmes artistes à des « sautes d’humeur ». Elle s’appuie sur le changement d’éditeur de Patti Smith relaté dans un article de L’Express comme un « caprice de diva », ou plus récemment des tweets de Christine and the Queens qui s’agaçait justement de voir certain.e.s journalistes prompt.e.s à donner la paternité de ses idées à des hommes (lire Christine and the Queens sort un nouveau clip… et pousse un coup de gueule contre le sexisme).

À ce titre, Johanna Luyssen met en avant l’article du site La Parisienne, qui, ignorant la dimension féministe de la réaction de la chanteuse, préfère « établir une corrélation entre l’état de fatigue de la chanteuse et cette remarque » : « On nous explique donc que “Christine” a donné 101 concerts depuis un an et demi, et que les tournées la fatiguent. “Pas étonnant, dans ce contexte, de découvrir son coup de gueule”, écrit la Parisienne. Et sinon, “Christine” a-t-elle ses règles ? Est-elle sujette à l’hyperventilation ? Où en est-elle de son dernier frottis ? »

Car, évidemment, il n’y a que des femmes pour « piquer une crise » (comme l’écrivait en titre La Parisienne), relève à juste titre Johanna Luyssen, avant de conclure : « En 2015, il serait intéressant que les coups de gueule des artistes ne soient pas considérés comme des sautes d’humeur de mégères au bord du burn-out. »

À lire sur Libération.

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