Ouganda: le ministre de l’Éthique fait disperser une réunion d’activistes LGBT

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Simon Lokodo n'a pas attendu l'adoption de la loi contre l'homosexualité (de retour devant le Parlement) pour effectuer une descente de police dans un atelier portant sur les droits des LGBT à Entebbe.

Un atelier organisé par des militant-e-s LGBT dans un hôtel d’Entebbe en Ouganda a subi une descente de police mardi 14 février, à l’issue duquel ils/elles ont été contraint-e-s de mettre un terme à leur réunion. Cette intervention des forces de l’ordre était menée par le ministre de l’Éthique et de l’Intégrité Simon Lokodo en personne, qui a par ailleurs tenté de faire arrêter la militante emblématique Kasha Jacqueline.

Hilda Tadria, la co-fondatrice de l’African Women Development Fund, était présente et a publié un communiqué témoignant de la violence du raid: «[Simon Lokodo] a accusé la réunion d’être une assemblée illégale pour “recruter” des gens dans l’homosexualité, insinuant même que nous avions des relations sexuelles dans la salle de réunion. Puis, les événements ont pris une tournure étrange, le ministre a déclaré la réunion dissoute. On nous a ordonné de rentrer chez nous».

Selon Simon Lokodo, l’action était justifiée au regard du code pénal, ce que réfutent les militant-e-s. «Ce qu’il a fait est illégal et nous le condamnons fermement», a déclaré la militante Pepe Onziema sur la chaîne NTV:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Ethics Minister Halts Gay meeting

En effet, dans la proposition de loi contre l’homosexualité, c’est la clause 13 intitulée «Promotion de l’Homosexualité» qui prévoit de réprimer ce type de manifestation. Mais la loi n’ayant pas encore été adoptée, le ministre n’avait par conséquent aucun appui juridique pour justifier l’interdiction de la réunion.

Actuellement en discussion, le texte initié en 2009 a donc refait son apparition chez les parlementaires ougandais. Si la peine de mort a été retirée de l’«anti-gay bill», l’ensemble des mesures demeure une grave atteinte aux droits des LGBT et les peines encourues demeurent lourdes, allant dans certains cas jusqu’à la prison à perpétuité.

Suite au raid de l’hôtel d’Entebbe, Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, a vivement réagi à cette nouvelle preuve du harcèlement subi par les associations LGBT ougandaises: «C’est une tentative scandaleuse visant à empêcher les activités légales et pacifiques des défenseurs des droits humains en Ouganda».

Pour en savoir plus sur la loi contre l’homosexualité en Ouganda, le site Box Turtle Bulletin décortique le projet dans la rubrique Clause By Clause Uganda’s Anti-Homosexuality Bill.

Via Box Turtle Bulletin.