À Lyon, pas de congé naissance pour une policière lesbienne
Contrairement à ce qui se fait depuis une dizaine d'années, une fonctionnaire de police s'est vu refuser un congé de 3 jours après l'accouchement de sa compagne.
Sa partenaire venant d’accoucher de jumeaux, une fonctionnaire de police lyonnaise a demandé à bénéficier d’un congé naissance. En effet, comme le rappelle un communiqué de Flag!, l’association des policiers et gendarmes LGBT, «depuis 10 ans, les couples lesbiens dont la compagne attend un enfant, pacsés ou non et effectuant une demande de congés naissance se sont vu systématiquement attribuer les 3 jours prévus dans le Règlement général d’emploi de la Police nationale (RGEPN) pour ce type d’événements familiaux».
Mais pas cette fois. Déjà victime de lesbophobie dans son service, la policière n’a pas eu droit à ce congé «sous prétexte qu’il n’entre pas dans les cas prévus» par le RGEPN, rapporte Flag!. L’association a apporté son soutien à la jeune femme, en vain: «À défaut de répondre, [le directeur départemental] reproche à notre association nos régulières sollicitations sans pour autant apporter une solution favorable à notre collègue».
«Le ministère de l’Intérieur, sollicité par Flag! pour résoudre cette difficulté, se range derrière le RGEPN pour légitimer ce refus et valider un changement de doctrine discriminant uniquement les policières mères de famille dont le seul tort est d’être lesbiennes, indique le communiqué. Flag! dénonce une absence totale d’équité entre les policiers sur le plan national en laissant à la discrétion des chefs de service ou directeurs le choix de discriminer ou pas des fonctionnaires de police.»
L’association exige donc que la disposition derrière laquelle se réfugient les autorités (l’article 22 de la section 5 de l’annexe II du RGEPN) soit modifiée «afin de substituer la notion exclusive de père» et annonce qu’elle va saisir la Direction générale de la Police nationale (DGPN) et la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN). «Flag! sollicite dès maintenant un arbitrage personnel du ministre de l’Intérieur et interpelle le Défenseur des Droits», conclut le communiqué.
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