Israël: Les familles homoparentales marquent des points

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C’est la fin de la discrimination des familles homoparentales dans les crèches et les garderies subventionnées par l’État, a annoncé le ministre israélien du Commerce et de l’Industrie.

logo Mishpahot hakeshetC’est la fin de la discrimination des familles homoparentales dans les crèches et les garderies, a annoncé la semaine dernière Binyamin Ben Eliezer, ministre israélien du Commerce et de l’Industrie, dont dépendent les crèches et les garderies subventionnées par l’État.

En effet, des parents dont les salaires sont bas ou un parent seul en difficultés financières peuvent bénéficier des allocations pour ces crèches et garderies. Mais il fallait créer « une case informatique » pour les couples de même sexe pour qu’ils puissent enfin, eux aussi, profiter de ces allocations. Le ministère s’est ainsi aligné sur les lois permettant à des couples de même sexe d’adopter ou de faire appel à des femmes porteuses. « Il n’y a pas de raison valable pour que ces familles-là, qui ont déjà été reconnues comme telles par l’État, ne puissent pas bénéficier des allocations par le ministère », a dit M. Ben Eliezer à la presse israélienne.

L’annonce du ministre coïncide avec un séminaire organisé du 10 au 13 février par l’organisation Mishpahot hakeshet (les familles de l’arc-en-ciel), l’équivalent de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), où, pour la première fois, des psychologues, des assistants sociaux, des sociologues, des chercheurs et des associations LGBT se retrouvaient autour de l’homoparentalité.

UNE APPROCHE PLUS FORMELLE
Parmi les questions abordées : que faut-il raconter à l’enfant, comment construit-on un système de soutien, quelle est la situation juridique des familles homoparentales et comment faire face au système d’éducation qui ne semble pas être adapté à la réalité de la famille homoparentale. Les organisateurs demandent à l’Éducation nationale qu’elle ait une approche plus formelle envers les parents de même sexe et leurs enfants et qu’elle s’adapte à la réalité. « Nous ne voulons pas être dépendants de la bonne volonté d’un instituteur ou d’un professeur », a déclaré Yaïr Kedar, l’un des organisateurs, au quotidien Haaretz.

Un autre organisateur, Yossi Berg, pointe du doigt le système qui « attend que quelque chose arrive pour que l’enfant lui-même parle de sa situation devant la classes… Le système ne reconnaît pas nos besoins, ne se donne pas les moyens et les enseignants n’ont pas de lignes directrices ni de plans éducatifs dans ce domaine ».

À l’occasion du séminaire, Mishpahot hakeshet a commandé un sondage qui révèle que plus de 70 % de la population soutient le droit des personnes LGBT à la parentalité. Mais si 70 % des sondés sont favorables à ce que leurs enfants visitent leurs amis dans les familles homoparentales, seulement 60 % sont d’accord pour laisser leurs enfants passer la nuit chez ces mêmes familles.

Eran Guterman

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