VIH: Norvir, booster de nombreuses antiprotéases, enfin proposé en comprimés
La nouvelle formulation pour l'antiprotéase Norvir pourrait annoncer le début d'une simplification du traitement pour des dizaines de milliers de séropositifs.
C’est un petit pas dans l’histoire du médicament mais une réelle avancée dans le traitement du VIH. Abbott vient d’annoncer que la Commission européenne avait autorisé, le 25 janvier dernier, la mise sur le marché d’une nouvelle forme de Norvir, une antiprotéase très utilisée comme booster des autres médicaments de cette classe thérapeutique. L’information est d’importance car elle devrait ouvrir la voie à des combinaisons de traitement simplifiées et plus faciles à conserver et à utiliser.
NORVIR EN BOOSTER
Les antiprotéases ont révolutionné le traitement du sida lorsqu’elles furent mises à disposition des médecins et des malades en 1996. En combinaison avec d’autres médicaments antirétroviraux, elles se sont révélées tellement efficaces que les patients pouvaient mettre le virus sous contrôle. Mais la première génération d’antiprotéases (Norvir, Crixivan) présentaient de nombreux et importants effets secondaires, sans parler de la lourdeur des prises, à heure fixe, de nombreux comprimés. Au fil des années, Norvir a vu son utilisation diminuer, mais a connu une seconde jeunesse en tant que booster. Une seule gélule de ritonavir (le nom de la molécule contenue dans Norvir) ajoutée à une antiprotéase permet d’obtenir une meilleure concentration de cette dernière, ce qui signifie très concrètement moins de prise et moins de comprimés, tout en ayant la même efficacité. Mais l’inconvénient est que Norvir existait jusqu’ici en capsule molle, à garder au frigo. Le laboratoire proposait avec Kaletra une antiprotéase, le lopinavir, boostée avec le ritonavir, mais en version unique et sous forme de comprimé. L’ancienne formulation lui garantissait un monopole sur le marché des boosters.
UTILISATION FACILITÉE
Depuis, d’autres laboratoires ont développé des recherches sur les boosters et la concurrence, notamment le laboratoire Gilead avec le GS-9350 pointe son nez (lire l’article rédigé par Hugues Fischer sur les nouveaux boosters des antiprotéases, dans Transcriptases n° 141). C’est le moment choisi par Abbott pour lancer la nouvelle formulation de son booster-phare. Quelles que soient les motivations du laboratoire, c’est une bonne nouvelle pour les dizaines de milliers de séropositifs qui utilisent cette molécule. À terme, comme c’est déjà le cas avec Kaletra, Abbott devrait trouver des accords avec d’autres firmes pharmaceutiques pour proposer de mettre en commun des molécules. Pour le patient, cela signifiera un peu moins de comprimés. Et dans certains pays du Sud, l’utilisation du Norvir devient possible puisqu’il n’y a plus besoin de le maintenir au frigo. Espérons que le laboratoire rendra son accès facile aux patients des pays les plus pauvres.
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