Malawi: Des parlementaires européens interpellent les autorités sur les arrestations d’homosexuels

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Dans un communiqué, l'intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen demande au Malawi de mettre fin au "harcèlement" des minorités LGBT.

Des parlementaires européens, membres de l’intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen, se sont exprimés hier dans un communiqué de presse sur les récentes arrestations d’homosexuels au Malawi.

UN ACTIVISTE GAY DE 21 ANS ARRÊTÉ MARDI
La police malawite a arrêté mardi dernier Peter Sawali, un jeune activiste gay de 21 ans, qui était sur le point de coller des affiches indiquant « Gay rights are human rights » (« Les droits des homosexuels sont des droits humains ») dans une rue du centre ville de Blantyre, la capitale économique du Malawi. Les affiches ont été confisquées et le jeune homme encourt à présent une peine de trois mois de prison et une amende de 5000 kwacha malawite (environ 25€).

Cette arrestation intervient un mois après celle de Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, et Steven Monjeza, 26 ans, dont le procès est en cours. Les deux hommes sont accusés d’avoir organisé le premier mariage d’un couple homosexuel en public lors d’une cérémonie traditionnelle, non-officielle, en décembre 2009 (lire notre article). Ils se sont vus refuser leur libération sous caution et risquent aujourd’hui des peines de 14 ans de prison.

« APPLIQUER NOS LOIS »
« Nous ne faisons qu’appliquer nos lois. Pourquoi continuent-ils à nous harceler pour que l’on abandonne ces deux affaires? », déclarait récemment Kondwani Nankuluma, du Comité des affaires légales du Parlement malawite, à Africa News, face aux réactions internationales sur ces deux affaires.

Michael Cashman (à gauche sur la photo), co-président de l’intergroupe sur les droits LGBT au Parlement européen, s’est empressé de répondre: « Le Malawi est une nation souveraine, et ses lois devraient être respectées; mais l’usage de lois post-coloniales pour opprimer des citoyens au lieu de les protéger est indigne de toute nation du monde. Si les autorités malawites veulent arrêter d’être « harcelées », elles doivent d’abord respecter les engagements qu’elles ont pris en signant la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, et adopté leur Constitution ».

« FAIRE RESPECTER LES DROITS HUMAINS »
« Le Malawi préside maintenant l’Union Africaine (UA), il lui incombe de faire respecter les droits humains de tous ses citoyens, ce qui inclut les LGBT », a-t-il ajouté.

Ulrike Lunacek, l’autre co-présidente de l’intergroupe, a conclu: « Il ne s’agit pas seulement d’une question de droits des minorités sexuelles (…). C’est aussi une question de liberté d’expression, qui est universellement reconnue par tous les traités internationaux que le Malawi a signé ».

L’homosexualité au Malawi est illégale. Elle est passible de 14 ans de réclusion.

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