Selon Aides, la création des Agences régionales de santé annonce la « mort de la lutte contre le sida »

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Le torchon brûle entre Roselyne Bachelot et l'association Aides, qui dénonce les baisses de crédits aux associations de lutte contre le sida.

Le torchon brûle entre Aides et Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé. L’association n’y va pas avec le dos de la cuillère pour dénoncer les baisses de crédits aux associations. La faute, selon elle, au lancement des Agences régionales de santé (ARS), le 1er avril dernier.

Les ARS vont devenir les nouveaux interlocuteurs des associations en demande de financement public. Créées par la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, les ARS ont des missions très larges qui vont de la définition de la politique de santé régionale à la réduction des inégalités en matière de santé. Elles réunissent les services déconcentrés de l’État, Directions régionales des Affaires sanitaires et sociales (DRASS) et les Directions départementales des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) qu’elles remplacent et certains organismes de Sécurité sociale.

Leurs domaines de compétence sont: la promotion de la santé et de la prévention, la veille et la sécurité sanitaire, l’organisation des soins hospitaliers et ambulatoires, les pratiques soignantes et les modes de recours aux soins des personnes, l’accompagnement médico-social. Roselyne Bachelot a présenté ainsi leur mission, le jeudi 1er avril, lors de la conférence de presse de lancement: « Mieux répondre aux besoins de santé des Français, tout en améliorant l’efficacité des dépenses de santé pour assurer la pérennité de notre modèle républicain de santé, telle est la feuille de route des ARS. »

DIMINUTION DE 47% DES SUBVENTIONS 2010
Et c’est à la veille de cette annonce qu’intervient le communiqué de presse de Aides, qui s’insurge des coupes sombres proposées par certaines ARS en région (Paris et la région parisienne ne semblent pas concernées). Aides annonce le chiffre de 700000€ de baisse de subventions en 2010 par rapport aux financements 2009, soit près de 47% dans certaines régions ou départements. Des programmes qui concernent des actions prioritaires, comme celles menées auprès des publics gays et migrants, seraient affectés et d’autres associations seraient aussi touchées par ces baisses de crédits. Impossible de vérifier concrètement les chiffres avancés par Aides, puisque les subventions n’ont pas été rendues publiques pour l’instant.

Le rapport 2010 de la Cour des comptes, dans son chapitre consacré à la lutte contre le sida, pointait le fait que Aides, dont le budget 2006 était de 23 millions d’euros, était subventionnée aux trois quart par l’État et la Sécurité sociale. C’est dire que la moindre baisse des subventions peut avoir un effet dramatique sur la survie de certains programmes.

Yagg a contacté le ministère de la Santé pour connaître sa réaction face à ce cri d’alarme lancé par Aides. Nous attendons toujours qu’un interlocuteur nous rappelle.

LE SOUTIEN DE MARIE-GEORGE BUFFET
De son côté, l’association de lutte contre le sida a reçu le soutien de Marie-George Buffet, députée PC de Seine-Saint-Denis et Présidente du groupe d’études parlementaires sur le sida, qui a écrit le 31 mars une lettre à Roselyne Bachelot, lui demandant de « communiquer les montants alloués à la lutte contre le sida dans chaque région, ainsi que de [lui] faire part des mesures qu'[elle] comptre prendre pour garantir aux associations de lutte contre le VIH/sida des moyens plus stables et plus importants ».

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