Prothèses PIP: l’Association nationale transgenre pourrait se porter partie civile
L'ANT exige un état des lieux chiffré des femmes trans' «qui, dans le cadre d’une transition, auraient été victimes d’une implantation de prothèses PIP» et une prise en charge intégrale pour toutes.
En début de semaine, la yaggeuse Alexandra75 lançait un cri d’alarme sur son blog: parmi les femmes auxquelles des prothèses Poly Implant Prothèse (PIP) ont été implantées, il y a sûrement des trans’. L’Association nationale transgenre (ANT, ex-Trans Aide) vient de lui emboîter le pas.
L’ANT EXIGE UN ÉTAT DES LIEUX CHIFFRÉ
L’«angoisse [des femmes transidentitaires] est d’autant plus forte que nombre d’entre elles, confrontées au refus de l’État français de changer leur état civil, ne sont même pas certaines de bénéficier de la moindre information du fait de leur numéro de sécurité sociale en 1, de la même façon que ce numéro 1, déjà vexatoire, les exclut du dépistage gratuit du cancer du sein», écrit, dans un communiqué, l’association, qui demande au ministère de la Santé «un état des lieux précis, chiffré, national, des femmes transgenres ou transsexuelles qui, dans le cadre d’une transition, auraient été victimes d’une implantation de prothèses PIP».
«Nous attendons évidemment des associations de victimes des prothèses PIP une entière solidarité avec les femmes transgenres et transsexuelles, poursuit l’ANT. À ce jour, aucune d’entre elles n’a abordé la situation de ces catégories de victimes potentielles. Nous voulons, pour notre part, que toutes les femmes soient défendues, sans discrimination d’aucune sorte! Comme ce n’est visiblement pas le cas, nous avons décidé de nous emparer à notre tour du dossier PIP. Nous avons donc demandé au cabinet Pierrat, qui, depuis des années conseille et représente l’ANT dans ses démarches juridiques, d’étudier la possibilité pour l’ANT de se porter éventuellement partie civile.»
QUELLE PRISE EN CHARGE?
«Toutes les femmes concernées, dont les femmes transsexuelles et transgenres, et quelles que soient leurs motivations (reconstruction face à la maladie ou chirurgie esthétique), sont pareillement victimes des prothèses PIP, souligne le communiqué. Ainsi, elles doivent toutes être intégralement prises en charge et avoir droit, de la même façon, aux examens de santé nécessaires, à une explantation rapide et à de nouvelles prothèses.» Ce n’est pour l’instant pas ce que prévoit l’Assurance maladie, qui distingue très clairement selon que la pose initiale de l’implant a été prise en charge (chirurgie réparatrice) ou non (chirurgie esthétique).
Néanmoins, le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructive et esthétique (SNCPRE) a demandé aux chirurgiens esthétiques de renoncer à leurs honoraires pour les patientes de prothèses PIP qui demandent la pose de nouveaux implants et a appelé les médecins anesthésistes à réduire leurs honoraires de moitié pour ces opérations. Les frais d’hospitalisation et les nouveaux implants resteront toutefois à la charge des patientes, sauf si l’État décide de prendre en compte leur situation actuelle et non la raison initiale de la pose des prothèses.
Si vous avez un témoignage à fournir sur les prothèses PIP, vous pouvez contacter la rédaction de Yagg: contact@yagg.com. Merci d’avance.
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