Exclusif: L’hôpital Hôtel-Dieu à Paris aurait refusé de fournir le traitement d’urgence à un jeune gay
Les associations HF Prévention et Actif Santé dénoncent l'absence de formation du personnel et leur manque d'informations sur le traitement post exposition.
L’histoire débute le dimanche 18 décembre 2011. Alain [le prénom a été changé], un jeune gay de 20 ans, se présente aux urgences de l’hôpital Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité, à Paris, pour demander le traitement d’urgence post exposition (TPE). Alain explique au médecin qu’il a eu un rapport sexuel avec une personne séropositive sous traitement et qu’il y a eu rupture de préservatif.
Après discussion, le médecin lui prescrit pour trois jours une trithérapie, destinée à éviter les risques de transmission, ainsi qu’une série d’examens, et lui demande de revenir trois jours plus tard. À la pharmacie de l’hôpital, les médicaments sont délivrés gratuitement à Alain et le jeune homme commence son traitement à 15 heures, puis le poursuit toutes les 12 heures.
PHARMACIE DE VILLE
Trois jours plus tard, le mercredi 21 décembre, Alain se rend à nouveau à l’hôpital et, stupeur, le médecin lui explique qu’il devra se débrouiller pour aller acheter ses médicaments dans une pharmacie de ville. Selon le communiqué des associations HF Prévention et Actif Santé qui ont révélé l’affaire, le médecin aurait dit que la pharmacie de l’hôpital n’était pas là pour délivrer les médicaments pour le mois entier. Le jeune homme, qui connaissait l’association HF Prévention, alerte celle-ci. Cette dernière contacte le médecin qui ne veut rien savoir…
Les associations s’insurgent contre ce manquement grave aux missions des urgences de l’hôpital, qui est le deuxième prescripteur de traitement post exposition dans le monde après l’hôpital général de San Francisco. L’Hôtel-Dieu est situé à moins de 500 mètres du Marais, le principal quartier gay de Paris. Les associations réclament une meilleure formation du personnel. Coïncidence, le responsable des urgences serait actuellement en Chine pour vanter les mérites du service des urgences de l’Hôtel-Dieu.
Il a fallu l’intervention de l’association pour qu’Alain trouve rapidement un traitement dans une pharmacie de son département.
Rappelons que les médicaments du traitement post exposition sont pris en charge à 100% par la Sécurité sociale et que les urgences restent le meilleur endroit pour consulter en cas de risque d’exposition au VIH.
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