Arrestations d’homos présumés au Cameroun: Les associations s’élèvent contre les examens anaux
L'Adefho, Sid’Ado et Cofenho appellent «les autorités sanitaires du Cameroun à systématiquement refuser de pratiquer des examens anaux dans le but de déterminer si des individus ont des pratiques sexuelles anales».
Après l’arrestation, dans la nuit du 27 au 28 décembre, de quatre hommes soupçonnés d’être homosexuels, les associations Adefho (Association pour la défense des homosexuels), Sid’Ado (Les adolescents contre le sida) et Cofenho (Collectif des familles d’enfants homosexuels) ont publié un communiqué commun.
«Le 27 décembre 2011, après avoir pris un verre à la foire de Kumba, Gideon, 23 ans, Leonard, 24 ans, Kelvin, 30 ans, et Raphael, 22 ans, tous étudiants, rentrent chez un de leur amis pour y passer la nuit, racontent-elles. Arrivés dans le quartier où vit leur ami, les 4 jeunes hommes sont interpellés par un jeune homme qui a l’habitude de leur demander de l’argent, mais cette nuit aucun des 4 ne lui donnera ce qu’il demande. Plus tard dans la nuit pendant que nos amis dormaient, le jeune homme s’est mis à hurler, à appeler le voisinage, les alertant contre les homosexuels qui étaient en pleins ébats dans la pièce où nos 4 amis étaient couchés. La population accourue aussitôt, il s’ensuivit une violente bastonnade pour Gideon, Leonard, Kelvin et Raphael.
«Après la bastonnade les 4 infortunés ont regagné chacun sa famille, mais contre toute attente le beau-frère de Raphael 22 ans le conduit au commissariat où il le dénonce, le présentant comme un gay. L’infortuné sera sévèrement battu par les policiers jusqu’à ce qu’il avoue que Kelvin, 30 ans, est son amant. Immédiatement après cet aveu, une descente est faite dans les domiciles de Kelvin, Gideon et Leonard.
«Ils séjourneront au commissariat de Kumba du 28 décembre 2011 au 9 janvier 2012, date à laquelle ils sont placés sous mandat de détention par un Procureur de la République. Ils ont également été confiés à un établissement hospitalier pour une anuscopie devant révéler qu’ils ont effectivement eu des pratiques sexuelles anales.»
Dans son communiqué, le collectif «proteste vigoureusement contre toutes formes de tortures et traitements dégradants infligés aux personnes présumées homosexuelles dans les postes de police et/ou les centres hospitaliers» et «appelle les autorités sanitaires (Ordre des médecins) du Cameroun à systématiquement refuser de pratiquer des examens anaux dans le but de déterminer si des individus ont des pratiques sexuelles anales». Les associations s’inquiètent aussi des «arrestations des personnes présumées homosexuelles sur de simples dénonciations» et exigent du gouvernement qu’il sorte «définitivement» du code pénal «l’article 347 bis qui condamne les relations sexuelles entre personnes de même sexe».
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