Le festival Loud & Proud: «Un coup de pied dans la fourmilière» blanche et hétéronormée

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Rencontre avec Anne Pauly et Benoît Rousseau, deux des commissaires de ce festival qui fera trembler les murs de la Gaîté Lyrique en juillet.

Benoît Rousseau ne s’en cache pas, créer un festival autour de la culture queer dans un lieu comme la Gaîté Lyrique relevait d’abord d’une envie personnelle de voir sur scène des artistes souvent peu visibles dans les salles de concert et les festivals: «Dans notre programmation en général, c’est quelque chose auquel je fais attention, faire en sorte de programmer des femmes, des blacks… mais très souvent dans la plupart des programmations de festivals de musique, on voit surtout des hommes blancs hétéros», déplore le conseiller artistique de la Gaîté Lyrique et l’un des quatre commissaires du festival, dont Yagg est partenaire. Avec Loud & Proud, c’est un peu un rêve qui se réalise et Fanny Coral, fondatrice du label Kill The DJ et une des commissaires du festival, constate avec enthousiasme l’évolution du mouvement queer vers une forme de reconnaissance: «C’est génial de pouvoir enfin faire un événement queer dans un lieu institutionnel, alors qu’on a toujours organisé ça dans des petits endroits confidentiels entre nous!»

Car Loud & Proud, c’est avant tout donner un espace à des artistes peu présents dans la culture mainstream, dont la démarche artistique est étroitement liée à un acte politique: irrévérencieux comme Cakes Da Killa, épique et flamboyant comme Austra, en mode rockabilly comme The Seth Bogart Show ou complètement pop comme Ssion, les artistes qui ont rejoint la programmation de cette première édition de Loud&Proud ont tou.t.e.s comme dénominateur commun la volonté de casser les normes de genres et de dominations, et de remettre en question l’hétéronormativité et les stéréotypes. Dévoilés quelques jours plus tôt, les visuels de Loud & Proud donnent aussi le ton: «À travers l’affiche, on a voulu sortir de l’illustration de la tête d’affiche, ce qu’on voit souvent, en cherchant plutôt à montrer qui est queer aujourd’hui à Paris et rassembler ces personnalités», explique Alexandre Gaulmin, un des commissaires du festival.

Si la programmation des concerts est déjà connue, il faudra encore attendre un peu pour connaître ce que Loud & Proud nous réserve côté rencontres et ateliers. Les commissaires prévoient déjà quelques réjouissances comme du twerk, du drag-king et du drag-queen, mais aussi des projections de films, sans oublier la présence de plusieurs associations. À Nantes et à Lyon, Loud & Proud se fera aussi en collaboration avec des associations et collectifs locaux, avec par exemple l’association Wonderground ou le magazine Hétéroclite.