Pourquoi John Waters n’a jamais dit qu’il était gay

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Le réalisateur uber queer aurait pourtant bien aimé…

Même s’il le prend avec énormément d’humour, John Waters semble presque regretter de n’avoir jamais fait de coming-out, au sens médiatique du terme. Le réalisateur des cultissimes Pink Flamingos et Hairspray s’est confié lors d’une interview pour la radio américaine SiriusXM: «J’ai fait la couverture d’un magazine qui s’appelait Gay News ou Gay Times – je ne me souviens plus – en 1972, mais pas parce que j’avais fait mon coming-out, mais parce que j’étais le seul à qui on avait demandé d’être sur la couverture. Et beaucoup de magazines, y compris The Advocate, ont fait une interview en disant “Le plus out des réalisateurs ”, mais on n’a jamais eu le culot de demander si j’étais gay. Ils pensaient que c’était – tout comme mes parents – quelque chose de bien pire. Alors beaucoup de gens ne m’ont jamais demandé car ils avaient peur que je réponde “Non je suis nécrophile”.»

John Waters est aussi revenu sur la distinction universitaire qu’il a reçue en mai dernier. La Rhode Island School of Design lui a en effet décerné un doctorat honorifique. Un titre qui l’a beaucoup touché: «On m’a mis dehors de toutes les écoles où je suis allé, alors c’était génial. (…) C’était comme être l’épouvantail à la fin du Magicien d’Oz, j’ai décroché un doctorat en Beaux-Arts, ce qui immédiatement m’a fait dire “Mes frais viennent de grimper. J’écris des prescriptions d’oxytocine. Je veux la titularisation.”»

Si vous ne l’avez pas vu, on vous laisse découvrir et apprécier le discours particulièrement piquant qu’il a donné lors de la remise de diplômes. Du pur John Waters:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur John Waters Commencement – RISD 2015

«Je devrais vous dire dès à présent que je suis tout à fait qualifié pour faire le discours d’ouverture. On m’a suspendu au lycée, renvoyé de l’université lors du tout premier scandale lié à la marijuana sur un campus universitaire. J’ai été arrêté à plusieurs reprises. On me connait pour mes tenues vestimentaires grotesques. J’ai aussi bâti ma carrière sur des critiques négatives et la presse m’a appelé le Prince of Puke [en français, le Prince du dégueulis], et plus récemment, un titre dont je suis très fier: le People’s Pervert [le Pervers du peuple]. Je suis honoré d’être ici aujourd’hui avec les miens.»

Via The Huffington Post.