Kitten N’ Lou: «Notre message politique est enveloppé dans un costume de cow-boy rose à paillettes!»
Le duo américain queer et burlesque Kitten N' Lou est à Paris cette semaine pour un show exceptionnel.
En 2015, elles sont arrivées à la première marche du TOP 50 Burlesque, un classement des meilleur.e.s artistes burlesques au monde. Kitten La Rue et Lou Henry Hoover sont un couple venu des États-Unis et forment Kitten N’ Lou, un duo queer et burlesque détonnant. Elles seront présentes mercredi 25 mai à Paris pour une performance à La Féline Bar, dans le cadre d’une soirée Kabaret Kings. C’est drôle et queer, sexy et subversif, bref, à ne manquer sous aucun prétexte! Kitten et Lou ont répondu aux questions de Yagg à quelques jours du spectacle…
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Quand et comment avez-vous commencé à vous travestir?
Kitten: D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé jouer avec du maquillage et des costumes, mais quand j’ai commencé à faire du burlesque à La Nouvelle Orléans en 2002, j’ai vraiment compris que le travestissement était un moyen de créer un personnage sur scène, de jouer en exagérant l’idée de la féminité, et aussi de subvertir sa perception.
Lou: Ma carrière a commencé en tant que chorégraphe en danse contemporaine. J’utilisais le travestissement comme un moyen de m’exprimer sur l’imaginaire queer et sur l’identité de genre. Mon personnage de scène s’est développé à partir de ce point et a trouvé son terrain naturel dans les communautés drag et burlesque.
Comment est venue l’idée de monter un show mélangeant à la fois des performances drag-queen et drag-king? Nous avions créé nos personnages séparément, mais quand nous sommes tombées amoureuses et que nous nous sommes mises en couple, l’idée nous est venue d’essayer de mettre ces deux personnages ensemble et de voir ce qui pourrait en ressortir. En tant que couple queer, nous avions envie d’explorer les rôles genrés “traditionnels” et de les subvertir. Nous étions aussi assez excitées à l’idée d’être tellement drôles et divertissantes que le public en oublierait que nous sommes des personnages de drag. Nous utilisons les artifices comme un moyen de révéler la vérité.
Y’a-t-il des personnalités qui vous ont inspiré? Tellement de gens! On puise énormément d’inspirations dans les vieux cartoons, dans les comédies musicales d’Hollywood, Pee-Wee’s Playhouse, Gene Kelly, John Waters, la vie nocturne de New York, la culture Club Kids, et les comédiens comme Charlie Chaplin!
Depuis quelques années, le new burlesque et la culture du travestissement sont devenus très populaires et de plus en plus visibles? Comment l’expliquez-vous? Le burlesque et le travestissement offrent tous les deux une certaine image de fantasme et de glamour, ce que les gens trouvent vraiment attirants dans le climat culturel actuel. La facilité avec laquelle nous partageons notre art en ligne a aussi joué un rôle énorme. Les gens ont maintenant la possibilité d’explorer l’art queer et subversif d’une façon qui n’était pas possible avant. Cela a conduit à le rendre forcément plus mainstream aussi… et bien sûr le travestissement est aussi devenu plus connu comme forme artistique grâce à une certaine émission de télévision!
Les questions LGBT, la visibilité pour les personnes queer et non binaires, l’égalité des droits… est-ce que ce sont des sujets d’actualité qui vous inspirent dans vos spectacles? Toujours! C’est notre vie, qui nous sommes, alors bien sûr que c’est inhérent à notre travail, même si c’est parfois de façon subtile.
Notre but en tant que performeuses est d’être follement drôles, pour que le message sous-jacent, qui est que nous sommes un couple lesbien marié qui fout en l’air les normes de sexe et de genre, puisse être absorbé et apprécié par tou.t.e.s. Notre message politique est enveloppé dans un costume de cow-boy rose à paillettes!
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Pour vous, le travestissement est-il politique à sa manière? Absolument, c’est certain! Toute expression artistique est politique. Le travestissement a ce potentiel pour être une forme particulièrement importante et politique née de l’oppression des personnes queer.
On aime bien utiliser la méthode douce pour faire passer un message politique. Le glamour, le ridicule, la caricature, les gens n’y résistent pas!
Vous jouez mercredi en France, à quoi peut-on s’attendre? Il y aura de la comédie, de la tragédie, des danses qui ont de la gueule et des costumes FABULEUX! Des drag clowns!
Vous proposez aussi un atelier la veille (mardi 24 mai à 19h30, sur inscription), pourquoi est-ce important de communiquer votre savoir-faire? On va présenter un de nos ateliers préférés, “CAMP Camp!”. Nous disons toujours que le meilleur atout d’un performer, c’est sa personnalité. Personne ne peut être TOI mieux que toi! Cet atelier porte sur les façons d’amener son propre personnage sur scène, la frontière entre comédie et tragédie, et notre mantra favori: le fun, c’est sexy! Cet atelier est spécial car il n’est pas question d’être comme nous, mais d’être davantage soi-même.