La maire trans Marie Cau veut se présenter à l'élection présidentielle en 2022
Marie Cau, première maire trans, élue à Tilloy-le, dans le Nord, souhaite se présenter aux élections présidentielles de 2022. À un an de l’échéance, sans étiquette politique, Marie Cau n’a pas de programme concret à proposer mais se pose comme un point de ralliement politique. Elle a accordé une interview à Komitid.
Marie Cau, première maire trans, élue à Tilloy-le, dans le Nord, souhaite se présenter aux élections présidentielles de 2022. À un an de l’échéance, sans étiquette politique, Marie Cau n’a pas de programme concret à proposer mais se pose comme un point de ralliement politique. Elle a accordé une interview à Komitid.
Komitid : Vous envisagiez déjà une candidature à l’élection présidentielle de 2022 en décembre dernier. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Avec le Covid, c’était compliqué de trouver une fenêtre de tir pour l’annoncer, c’était plus facile d’attendre que la vaccination ait avancé. Je suis seule et je n’ai pas de moyens, mais je ne veux pas appartenir à un parti. Je compte sur les réseaux sociaux pour trouver une dynamique et si ça prend, je créerai une collecte de signatures, les petits candidats parviennent à les obtenir. Vingt pour cent des maires sont des femmes, je compte sur leur soutien. Ainsi que sur celui des jeunes, qui acceptent bien mieux les nouveaux sujets sociaux et écologiques que leurs parents, et du monde rural, parce que je connais bien les problématiques du manque de moyens. Il y a un ras-le-bol général de la politique actuelle, il faut du sang neuf.
« Je compte sur les réseaux sociaux pour trouver une dynamique »
Avez-vous été approchée par des partis ou des politiques ? Est-ce que vous comptez vous allier avec d’autres petits partis ?
Non je n’ai pas encore été approchée. Ils ne vont pas prendre ma candidature au sérieux, mais des élus locaux me soutiennent. Je ne veux pas me rallier à des petits partis mais si certains veulent me suivre, ça me va. Je ne veux pas m’attacher aux étiquettes politiques : on peut avoir des idées qui transcendent les partis, l’écologie ou la solidarité ne sont pas forcément des sujets de gauche.
« Je veux faire passer un message plus qu’un programme, la liberté d’aimer qui on veut, l’égalité des traitements »
Quel est votre programme ?
Je n’ai pas de programme mais des idées, je ne suis pas là pour proposer des palanquées de solutions comme un gourou. Un programme, ça se coconstruit. Je veux faire passer un message plus qu’un programme, la liberté d’aimer qui on veut, l’égalité des traitements. Les gens sont toujours dans le combat pour l’égalité, mais ne parlent pas de fraternité. Si on continue à se diviser, on va foncer dans le mur avec l’extrême-droite au pouvoir l’an prochain. Quel modèle de société on veut ?
Parlons thématique LGBTI+ alors. Si vous étiez présidente, sur quoi vous pencheriez-vous en premier ?
Sur des choses que les associations mettent en avant : la question de la GPA pour les gays; la PMA pour les lesbiennes… Assurer les droits pour les personnes trans et en finir avec l’administratif. Il faut aussi régulariser les personnes trans sans-papiers pour lutter contre la prostitution. Elles sont aussi souvent en prison parce qu’elles survivent via la prostitution et la drogue. Enfermées avec les hommes ou à l’isolement, c’est la double peine. Sans compter le refus de traitement hormonal en prison.
« On a pris du retard sur la compréhension de la transidentité »
La Sofect a encore la main sur les parcours de transition. À la tête de l’État, que feriez-vous pour faire évoluer la situation ?
La pratique de la médecine en France est très psychanalytique, c’est grave. On a pris du retard sur la compréhension de la transidentité et l’État fait confiance à ces spécialistes psychanalystes. Mais je ne sais pas s’il peut se mêler de la médicalisation. L’Etat doit garantir les droits mais les parcours, il ne peut pas tout faire.
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