Lutte contre les LGBTphobies : un sondage BVA pour la Fondation Le Refuge montre une forte demande d'implication de l'Etat

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La Fondation Le Refuge a présenté cette semaine les résultats d'un sondage BVA éclairant sur l'état de l'opinion sur la situation des personnes LGBTI+.

drapeau LGBT inclusif - Svet foto / shutterstock
drapeau LGBT inclusif - Svet foto / shutterstock

Lundi 9 mai, Christophe Beaugrand, parrain du Refuge, animait les débats lors du lancement du Forum des Jeunes LGBT+.

A cette occasion, la Fondation Le Refuge, dont le Conseil d’administration est présidé par Michel Suchod, et dont la directrice générale est depuis un an Sophie Delannoy, a présenté les résultats d’un sondage BVA éclairant sur l’état de l’opinion sur la situation des personnes LGBTI+.

Selon ce sondage, les Français·es se montrent partagé·es quant à l’acceptation des personnes LGBT+ au sein de la société : 46 % considèrent que la situation des personnes LGBT s’est améliorée au cours des cinq dernières années contre 46 % qui considérent qu’elle est restée identique ou qu’elle s’est même dégradée. Mais les répondant·es qui pensent que la situation s’est améliorée sont plus nombreux qu’il y a deux ans (lors d’un précédent sondage BVA pour Le Refuge en 2020).

Est-ce le signe d’une réelle amélioration ? Les lois récentes pour la PMA et contre les thérapies de conversion vont peut-être dans le bon sens pour les répondant·es.

Mais si cette tendance à l’amélioration se confirme dans l’ensemble des sphères de vie observées, c’est un peu moins net dans le monde du sport et à l’école. Dans ces deux derniers milieux, plus d’un tiers des Français estime qu’il y a eu une amélioration, mais 42 % n’ont, pas vu d’évolution (que ce soit dans le monde du sport ou à l’école) et un Français sur dix pense même que les personnes LGBT+ y sont moins bien acceptées qu’auparavant.

Propos LGBTphobes répandus

Ce sondage montre aussi clairement que les propos LGBTphobes sont toujours aussi répandus.
Comme en 2020, les deux tiers des répondant·es déclarent avoir déjà entendu des propos homophobes ou transphobes : 48 % affirment même avoir fait face à cette situation plusieurs fois (- 3 pts). Si les agressions verbales semblent se faire un peu plus rares que par le passé (23 % ; – 8 pts), elles sont pour autant loin d’être inexistantes puisqu’un quart des répondants en a été témoin. Les agressions physiques constituent toujours, elles aussi, une réalité préoccupante : 11 % des Français déclarent avoir déjà assisté à ce type de situation.
Le terme « PD » est, quant à lui, toujours banalisé : plus de trois quarts des interrogé·es l’ont déjà entendu (76 %), et pour la grande majorité, plusieurs fois (64 %).

Les répondant·es sont dans une écrasante majorité sévères quant aux comportements extrêmes des parents vis-à-vis de leur enfant LGBT+ : 84 % ne comprennent pas que ces derniers puissent le bannir du domicile familial et 83 % qu’ils refusent tout contact avec lui.

Mais il reste un Français sur cinq (19 %) qui peut comprendre qu’on n’accepte pas l’orientation sexuelle de son enfant, signe selon les responsables du sondage chez BVA, qu’il reste encore des progrès à faire pour que ces enfants soient pleinement acceptés.
L’indulgence est encore plus élevée à l’égard des parents qui s’opposent à la transition de leur enfant : si 54 % dénoncent cette attitude, plus d’un quart des Français disent comprendre ce comportement (29 %).

Trois quart des répondant·es jugent notamment, que le gouvernement doit soutenir la mise en place de dispositifs d’accueil spécifiques pour les jeunes rejetés par leurs parents en raison de leur orientation sexuelle et/ou identité de genre, une proportion plutôt similaire à celle observée il y a deux ans (77 % ; – 2 points).
Plus de deux tiers des répondant·es assurent également que l’Etat doit accroître ses actions de lutte au sein du milieu scolaire (67 %) en demandant que le corps enseignant soit mis à contribution dans cette démarche (67 %).
Les deux tiers des répondant·es (65 %) souhaitent également que l’on puisse sensibiliser les enfants à ce sujet dès le plus jeune âge, alors même que le Président s’y était récemment opposé.

*Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet le 21 avril 2022 – Echantillon de 1583 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.