Face à une « épidémie de transphobie », que fait-on ?

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On ne dispose pas de statistiques en France. Mais d’autres données internationales permettent de mesurer l’étendue du phénomène de suicide parmi les personnes trans.

Nataly, Asia, Kimberly, Bianca, Jhennyfer… La liste des prénoms s’allonge inexorablement. Selon le site TransRespect versus Transphobia Worldwide (TVT), 2021 aura été l’année la plus meurtrière pour les personnes trans et non binaires depuis que cette organisation a commencé à collecter des données. Publiée lors du TdOr 2021, le 11 novembre dernier, 375 meurtres ont enregistrés entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021.

Cela représente une augmentation de 7 % par rapport à la mise à jour 2020, qui montrait déjà une augmentation de 6 % par rapport à la mise à jour 2019. Le Brésil reste le pays qui a signalé la majorité des meurtres (125), suivi du Mexique (65) et des États-Unis (53).

Réalisée par une organisation indépendante, il y a fort à penser que ces chiffres ne sont que la partie visible de l’iceberg puisque TVT n’a pas les moyens d’enquêter sur le terrain et doit se contenter de lister des crimes connus le plus souvent médiatiquement.

En France, et malheureusement très régulièrement, l’association Acceptess-T annonce les agressions et parfois les meurtres de femmes trans… Mais aussi les suicides.

 

 

Le suicide, c’est l’autre face sombre de la transphobie. Ces deux dernières années en France, le cas de deux jeunes adolescentes trans a été médiatisé. Elles ont mis fin à leur jour suite à des périodes de harcèlement et une absence de réponse appropriée des autorités éducatives. En décembre 2020, à Lille, Fouad mettait fin à ses jours. En octobre 2021, après le suicide de Dinah, nous avions dénoncé l’absence de réactions fortes de la part des autorités. Trop souvent, les faits de harcèlement sont minimisés et les alertes insuffisamment prises en compte. Il faut que cela change !

On ne dispose pas de statistiques en France. Mais d’autres données internationales permettent de mesurer l’étendue du phénomène de suicide parmi les personnes trans. Aux États-Unis, 41 % des personnes trans ont tenté de se suicider au cours de leur vie. En Inde, le taux de suicide parmi les personnes trans est de 31 %. En Angleterre, 48 % des personnes trans ont voulu mettre fin à leur jour.

Il est plus que temps que les pouvoirs publics mettent à disposition des associations des données fiables et de lancer un plan d’urgence comprenant des campagnes de prévention, des moyens pour former la police et la justice, et un soutien beaucoup plus marqué aux associations trans. Car contrairement à ce qu’on a pu lire par exemple dans le Figaro en novembre 2021, il n’y a pas « d’idéologie LGBT+ », et pas non plus d’« épidémie de transgenres » pour reprendre l’expression de l’historienne et psychanalyste Elizabeth Roudinesco, mais bien une épidémie de transphobie qui semble malheureusement s’aggraver. Jusqu’à quand ?

  • frederic

    Je suis d’accord avec l’analyse de kurt6629.

  • kurt6629

    Bonjour Monsieur Martet,
    si je peux me permettre, je suis une femme de plus de la quarantaine asexuelle, vierge, (j’y tiens..) complètement athée et complètement soutien de la Communauté LGBT depuis l’école primaire où quand les insultes que l’on connaît tous, fusaient, elles me brisaient le cœur.
    OUI à 8-9ans, j’essayais de faire de la pédagogie, un peu maladroitement mais le cœur y était.

    Je vous remercie et vous respecte infiniment car vous en avez tapé du job pour votre pierre à l’édifice, je suis restée 10 ans abonnée à Têtu… Et jeune adulte, g appris plein de trucs hyper intéressants, je vais pas vous faire un roman, stop les digressions.
    Je dois vous le dire, c’est c’que g sur les tripes concernant le regain de transphobie MAIS de LGBTphobie de manière générale, de plus en plus d’agressions de couples d’hommes et surtout verbales pour les couples de nanas.
    On, alors oui je sais, « on », ça veut tout dire et rien dire à la fois mais ça me permet de ne viser personne.
    Peindre les escaliers avec les couleurs Gays dans Nantes, c’est très peace, Namaste, tout ce que vous voulez mais c con parce qu’on donne NOUS les activistes, pas le mot le plus adéquat, l’impression qu’on « prend le pouvoir » par la force &, il s’est pas écoulé assez de temps pour que cela rentre dans les moeurs, on est dans un pays certes, des Droits de l’Homme mais un pays de gros beaufs de base et d’un coup, on nous met dans les médias des gosses de 8ans nés dans le mauvais corps, des Bilal Hassani qui m’insupporte, à toutes les sauces, on parle de suspendre les mat hs de foot qd il y aura des chants homophobes, le Mariage pour Tous qui, comparé aux autres pays qui l’avaient validé avant a été un « choc » dans le pays.
    Il s’agit de qqes exemples mais les genres, cis genres, binaires, non binaires, pansexuels (pour moi, c’est être bi), écrire le il/elle.
    Quand je lis ou écoute les Alice Coffin très intelligente au demeurant, Virginie Despentes, le « cinoche », c’est le cas de le dire, de Adèle Haenel, la jeune chanteuse Kori je crois, pardon si j’écorche son nom, celle à qui l’on reproche « sa laideur » en plus, pauvre fille etc etc… On donne l’impression de vouloir enfoncer à coups de marteau, tout ça dans la tête des Français de 7 à 77 ans, de gré ou de force ET j’en arrive à ce que je voulais dire, plus on continuera dans cette voie là, plus les LGBT vont malheureusement morfler etc… etc…
    En 2001, la SEULE personne connue homo c’était Amélie Mauresmo et elle a dit les choses puis n’en a plus reparlé, idem Bertrand Delanoë, qui l’a dit 1 fois et a fait 2 mandats de Maire de Paris, il y avait 7 fois moins d’agressions LGBTphobes qu’aujourd’hui, pourtant il y avait tout autant de LGBT…
    Alors bien sûr, vous pourriez me rétorquer, « ok alors on reste tous dans le placard, comme des repris de justice ? »
    NON, bien sûr que non mais en 2001, j’y reviens exprès il y avait eu 600 000 personnes à la gay pride de Paris par un beau soleil et même les hétéros n’étaient nullement dérangés.
    Je vais vous dire moi qui n’ai ô grand jamais eu envie d’être mère, je comprends toutefois que ce soit tout l’inverse pour d’autres mais dire, clamer « on veut le mariage, la PMA, la GPA, plus de facilités dans l’adoption, que les 2 pères ou les 2 mères aient les mêmes droits sur l’enfant, reconnaissance des transgenres, faciliter leur vie, leur quotidien, accepter qu’un petit Dylan devienne Diane pour tout le monde, école, activités extra scolaires, etc… »

    Je suis perso d’accord avec ces mesures, si les concernés peuvent être plus heureux et ne pas se suicider, j’en ai fait 6 des tentatives moi, la 1ere à 9ans,et ce n’était pas des appels au secours…
    J’ai été peu d3 temps bénévole à SOS HOMOPHOBIE notamment sur le site « C’est comme ça » http://www.cestcommeca.com ou fr, je sais plus, je proposais des portraits, des articles, j’ai été très productive mais à la relecture c’etait « Bon Jo, c’est super gentil d’avoir posté tout ça à temps mais… Sur tel truc on va enlever ça parce que ça pourrait être mal compris etc… »
    Résultat des courses on gardait 20% de mon travail et ce n’est pas un souci d’orgueil, je suis invalide à vie, j’en suis plus là mais c’est que je ne comprenais pas pourquoi je ne devais pas dire que Elton John était marié avec un mec plus jeune, j’invente rien ! 😳😳😳
    Non, mais ça peut blesser… Qui ? Les jeunes qui ont un sugar daddy? J’étais écœurée et je leur ai dit « bonne continuation mais vous allez ttes les assos, droit dans le mur. »
    Hélas, ça se confirme…
    Le couple gay, on s’comprend à la tête de l’émission « Quotidien » est évidemment HYPER gay friendly et fait beaucoup pour la Communauté LGBTQI+ mais c’est contre productif, ils en parlent tous les jours ou presque.
    Pour conclure, je pourrais y passer des heures, je crois qu’il faut VRAIMENT arrêter de prendre la tête de tout le monde avec ces sujets, que les homos vivent plus sereinement leur vie de couples ou de célibs, élèvent leurs enfants dans les meilleures conditions mais arrêter de vouloir imposer ci et ça sans autre forme de procès parce qu’avec tout le respect du monde pour ces trans qui se sont suicidés, là vous voyez, je sais pas si j’écris « suicidés » correctement, selon les critères des trans H/F et /ou F/H, franchement ça devient indigeste, c’est mon mot et pourtant je vous assure que je suis née homophile, et c’est triste mais ça va aller de mal en pis… Faut se concentrer sur d’autres problèmes bien plus graves que la Preps, le chemical sex et les suicides de trans ! Pas seulement pour la pandémie mais merde ! On a 2 putain de candidats d’extrême droite pour la 1ère fois dans une élection présidentielle et Z parlait déjà depuis des années de démarier les couples homos puis d’interdire le mariage homo, comme Poutine !
    Je veux vraiment pas être méchante, le harcèlement, je connais, j’en ai bavé et j’en bave encore, souffrir dans sa chair, sa tête, je connais mais pardon dema brutalité, ce 9 janvier 2022, les droits LGBTQIA +, ON S’EN FOUT !! Et je suis comprise dedans de par mon asexualité.
    Je vous remercie de m’avoir lue, je n’attends pas de réponse…
    En tout cas, c’etait mieux dans les années 2000-2010 pour notre Communauté, plus on avance, dans le temps, plus on recule dans les idées.
    Mes respects.
    Johanne LE GALL (je fais pas des lettres anonymes)