Qui est Ocean Vuong, le nouveau prodige de la littérature gay américaine ?

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Classé par les dix meilleurs romans de l’années 2019 par la presse anglo-saxonne, « Un bref instant de splendeur » vient d’être traduit en France. Et comme son titre l’indique, c’est une splendeur. Penchons-nous sur le parcours de son jeune auteur qui réussit avec son livre, entre autres exploits, à faire passer une sodomie ratée pour un instant de grâce.

Ocean Vuong en 2020 / Peter Bienkowski
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C’est un premier livre. Que l’on croirait écrit par un mec au sommet de sa maturité littéraire. Et que l’on doit reposer parfois, tant il nous prend au cœur, pour souffler un peu avant de passer au chapitre suivant. Ocean Vuong n’a que trente-trois ans.

Et lorsque sa mère, expulsée du Vietnam parce qu’elle était le fruit d’une liaison entre un soldat américain et une jeune paysanne vietnamienne, est arrivée aux États-Unis à la fin des années 1980, il n’avait que deux ans… et devant lui pas vraiment le destin tout tracé d’un grand écrivain. Ocean a dû apprendre l’anglais pour deux : lui-même, enfant dyslexique, et sa mère analphabète, son père quittant le foyer peu après leur installation à Hartford dans le Connecticut.

C’est justement à cette mère, Rose, qu’Ocean s’adresse dans Un bref moment de splendeur (éditions Gallimard). « Chère maman », écrit-il à l’orée d’une longue lettre entrecoupée de flashbacks. Une mère dont la violence envers son fils prend racine dans les paysages brûlés au napalm d’un Vietnam en guerre. Mais aussi une mère admirable, courageuse, dont le travail harassant dans un salon de manucure minable vaut au livre son plus beau passage, quand une vieille cliente unijambiste, enlevant sa prothèse, demande à Rose de lui masser sa jambe invisible…

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