Qu'attend l'Ordre des médecins pour pleinement respecter les droits à la santé des personnes trans ?

Publié le

Aujourd'hui, l'Ordre National des Médecins se retrouve pointé du doigt suite à une démarche jugée transphobe contre une médecin en Ile-et-Villaine.

Drapeau trans
Drapeau trans/Shutterstock

L’Ordre des médecins peut souffler le chaud et le froid. En 2017, un médecin de Côte d’Or avait été condamné par l’Ordre suite à des propos homophobes.

Aujourd’hui, l’Ordre National des Médecins (CNOM) qui se retrouve pointé du doigt suite à une démarche jugée transphobe contre une médecin en Ile-et-Villaine.

En cause, une plainte du CNOM en 2019 contre cette docteure pour avoir prescrit des hormones féminisantes à une jeune femme trans de 20 ans, suite au signalement de sa mère.

Examinée par la Chambre disciplinaire de première instance de Bretagne de l’Ordre des médecins (CDPI), cette plainte a été rejetée. Tous les arguments invoqués par le CNOM ont été jugés irrecevables. Le CNOM avait expliqué que la Docteure ne respectait pas son engagement de gynécologue de ne recevoir que des femmes ; que les traitements ne devraient être prescrits que par des endocrinologues ; enfin la docteure ne respecterait pas les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2009, de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) de 2011, et les recommandations de 2015 concernant les équipes et praticiens affiliées à la Société Française d’Études et de prise en Charge de la Transidentité (SoFECT).

Si la CDPI a balayé tous ces arguments, c’est parce que le CNOM semble oublier que sur les questions de prise en charge des personnes trans, de l’eau est passée sous les ponts. L’Ordre des médecins a intérêt à mettre à jour son logiciel s’il ne veut plus apparaître comme transphobe et cissexiste.

Oui, les femmes trans sont des femmes, oui la loi dit qu’il faut respecter l’identité de genre des personnes, oui les gynécos peuvent recevoir des femmes et des hommes cis et trans, ces derniers pouvant avoir besoin de soins spécifiques. À sa décharge, il n’y a pas que l’Ordre des médecins qui n’est pas à jour. Les associations trans réclament depuis longtemps que la Haute autorité de santé fasse de nouvelles recommandations (les précédentes dates de… 2009), même chose pour l’Igas et pour la Sofect.

Comme le note le Réseau santé trans, qui se félicite en grande partie de la décision de la CDPI, « Face au refus d’accepter l’identité des personnes trans comme étant aussi légitime que celles des personnes cisgenres, le CNOM inscrit sa démarche dans un raisonnement médical cissexiste, puissant facteur de discrimination dans l’accès au système de soins pour les personnes trans, et en contradiction avec les recommandations médicales internationales ». 

Le monde change, les personnes trans veulent être respectées pour ce qu’elles sont et ce qu’elles veulent être. Il est temps que l’Ordre des médecins en prenne conscience.