Philippe Besson : « Je me définis comme un écrivain du murmure, du silence, du non-dit, pas de la déclamation »

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Son dernier livre, « Le Dernier enfant », est un des grands succès de la rentrée littéraire de janvier. Ses débuts, son homosexualité, sa façon d’être citoyen, Philippe Besson se confie à Komitid en toute liberté. 

Philippe Besson - Éric Fougère / Corbis Getty Images
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En 2001, il envoyait par la poste à quelques éditeurs son premier roman En l’absence des hommes sans grand espoir. Vingt ans plus tard, Philippe Besson est devenu l’un des auteurs majeurs de la littérature française et son dernier livre, Le Dernier enfant, est un des grands succès de la rentrée littéraire de janvier. Ses débuts, son homosexualité, sa façon d’être citoyen, Philippe Besson se confie à Komitid en toute liberté.

Komitid : Vous souvenez-vous précisément de ce que vous avez ressenti à la publication de votre premier livre ?

Philippe Besson : Je me souviens très bien que j’étais encore ébahi qu’un éditeur ait bien voulu me publier. Quand on écrit on n’y pense pas, et quand on apprend que le livre va être publié, c’est la surprise qui l’emporte. J’avais écrit ce texte entre Toronto et Montréal où je vivais à cette époque. Quand je suis rentré en France, j’ai envoyé mon manuscrit par la poste parce que je ne connaissais absolument personne dans le monde de l’édition. J’ai eu la surprise de voir plusieurs éditeurs intéressés dont Julliard que j’ai choisi. Quand le livre est sorti, j’étais donc toujours dans cette sidération, j’étais heureux mais je n’en attendais rien. J’avais une espèce de lucidité – qui s’est trouvée démentie – qui me disait que c’était un premier roman et qu’il aller passer inaperçu. L’édito du Magazine Littéraire disait « Un écrivain est né » en s’enflammant, il y avait un article dithyrambique dans Le Monde. Cela a été un succès important pour un premier roman. Et j’ai enchaîné avec la sortie de Son Frère huit mois après. Donc les choses sont allées vite. 

Très peu d’écrivains de premier plan en France évoquent l’homosexualité. C’est une question à laquelle vous aviez réfléchi avant de vous lancer dans l’écriture ? 

Quand j’ai écrit le premier roman, je ne me suis pas posé la question, j’écrivais dans une forme de virginité et d’innocence totale de ce qui pouvait advenir. La question du regard extérieur ne se posait pas du tout. L’idée, à ce stade, c’est juste de réussir à aller au bout de ce projet un peu fou qui est d’écrire un livre ! C’est une liberté magnifique et une insouciance merveilleuse qu’on ne retrouvera jamais après.

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