Sébastien Lifshitz, réalisateur de « Petite fille » : « Il y a encore beaucoup de territoires à explorer autour des questions queer »

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Komitid a rencontré Sébastien Lifshitz pour évoquer son travail de documentariste et ses méthodes, son rapport à la fiction, ses projets et les enjeux actuels du cinéma queer en France.

Sasha, dans « Petite Fille », le nouveau documentaire de Sébastien Lifshitz, sur Arte - Agat Films
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Avec Adolescentes, sorti en juin et qui suivait cinq ans de la vie de deux jeunes filles à une période charnière et Petite fille qui suit le combat de Sasha, une très jeune enfant trans et de sa famille et qui est diffusé sur Arte, le réalisateur Sébastien Lifshitz ne signe rien de moins que les deux plus beaux documentaires français de cette année.

Cinéaste passionné par les enjeux du genre et des sexualités, Sébastien Lifshitz a réalisé des films de fictions comme Presque rien, Wild Side et Plein Sud avant de se consacrer, depuis plus de 10 ans, à la forme documentaire avec Les invisibles, Bambi, ou Les Vies de Thérèse. Komitid l’a rencontré pour évoquer son travail de documentariste et ses méthodes, son rapport à la fiction, ses projets et les enjeux actuels du cinéma queer en France.

 

Komitid : Comment est venue l’idée de suivre le parcours d’une très jeune enfant trans ?

Sébastien Lifshitz : Tout est parti d’une conversation que j’ai eue avec Bambi. Je lui ai posé la question de savoir à quel moment elle avait ressenti qu’elle était une femme. Et elle m’a répondu « Tu sais, je n’ai pas le souvenir d’avoir été autre chose qu’une femme. Du plus loin que je me souvienne, quand j’étais toute petite, je vivais au plus profond de moi le fait d’être une petite fille ».

J’ai été vraiment étonné et elle m’a raconté qu’elle vivait depuis toute petite avec les robes et les jouets de sa sœur, qu’elle avait les cheveux longs et qu’elle était totalement libre d’exprimer ce qu’elle avait au plus profond d’elle. Et tout a changé quand il a fallu entrer à l’école, plus de robes, les cheveux courts et le besoin de la genrer en conformité avec son sexe de naissance. Je pensais, bêtement, que la dysphorie s’exprimait, soit à l’adolescence au moment de la puberté, soit à l’arrivée de la sexualité, alors que cela n’a strictement rien à voir. L’identité psychique d’un individu peut s’exprimer extrêmement jeune et il m’a semblé hyper important de raconter une histoire qui puisse s’incarner avec une enfant d’aujourd’hui. 

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  • sm

    Bonjour, merci pour cette interview.
    Il y a une faute à « on était vite ghettoïser » (> ghettoïsé)