Portrait - Sandy Stone : l'Empire trans contre-attaque

Publié le

Pour ce cinquième volet de notre série « Une journée sans lesbienne c’est comme une journée sans soleil », la journaliste Clémence Allezard et l'illustratrice Julie Feydel croquent Sandy Stone, penseuse féministe contemporaine, activiste du mouvement séparatiste lesbien des années 70, et pionnière des études trans.

Sandy Stone, penseuse féministe contemporaine et pionnière des études trans - Illustration Julie Feydel pour Komitid
Article Prémium

Pour ce cinquième volet de notre série « Une journée sans lesbienne c’est comme une journée sans soleil », la journaliste Clémence Allezard et l'illustratrice Julie Feydel croquent Sandy Stone, penseuse féministe contemporaine, activiste du mouvement séparatiste lesbien des années 70, et pionnière des études trans.

Son texte L’Empire contre-attaque : un manifeste post-transexuel, publié pour la première fois en 1991, brillante réponse à un fameux pamphlet transphobe, demeure d’une brûlante actualité, notamment à la faveur de la visibilité accrue acquise par l’idéologie transphobe (TERF) d’autoproclamées féministes radicales, mais pas que.

Cliché de la femme trans geek

Sandy Stone est « the original trans girl computer hacker », le cliché de la femme trans geek, et une figure majeure, bien que méconnue en France, de la pensée féministe contemporaine. Ingénieure du son, programmatrice, performeuse, penseuse des médias, autrice de science-fiction sous le nom de Sandy Fisher, et activiste, les cordes à son arc sont nombreuses. Il a fallu choisir une focale et j’ai choisi le féminisme.

Pour ce faire, je me suis entretenue avec Kira Ribeiro, Karine Espineira et Maud-Yeuse Thomas afin d’en savoir un peu plus sur une théoricienne à la pensée aussi stimulante que méconnue. Au cours des années 70, Sandy fréquente des groupes séparatistes lesbiens, notamment la mythique maison de disques lesbienne Olivia Records, avant d’entamer un fructueux compagnonnage intellectuel avec Donna Haraway. Pionnière des études trans, elle est aussi l’une des premières cibles de l’idéologie transphobe dite TERF (pour Trans Exclusionary Radical Feminist), qui, « au pays des Lumières », a bénéficié ces derniers temps d'une inédite visibilité.

Loin du prêt-à-porter médiatique et de l’avide mise en scène de clivages entre autoproclamées féministes radicales et « militant·e·s de la cause trans », ce portrait de Sandy Stone se propose surtout, à l’image de son « manifeste post-transexuel » écrit en réponse à l’ouvrage de la féministe radicale Janice Raymond devenu bible de l’idéologie réactionnaire TERF (L’Empire transexuel), de mettre au jour les liens théoriques et militants, entre féminismes radicaux et transféminismes. En 2020, et tant qu’il le faudra, l’Empire contre-attaque.

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous