« Dorian Gray, un portrait d’Oscar Wilde », un documentaire exceptionnel à ne pas manquer sur Arte
Komitid vous conseille particulièrement ce portrait d’Oscar Wilde, dont l’existence est passée au crible via le prisme de son roman culte, « Le Portrait de Dorian Gray ».
Arte propose pour cette deuxième saison de sa collection de documentaires dédiée aux grands romans du scandale d’aller à la rencontre de la subversion de Marguerite Duras (Un Barrage contre le Pacifique), de l’intimité de Margaret Atwood (La Servante écarlate), des Misérables de Victor Hugo ou encore du Beloved de Toni Morrison et des œuvres cultes et politiques d’Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes) et de George Orwell (1984). Parmi ces portraits d’écrivain.e.s à travers l’un de leurs romans, Komitid vous conseille particulièrement celui d’Oscar Wilde, dont l’existence est passée au crible via le prisme de son roman culte, Le Portrait de Dorian Gray.
Le documentaire s’intéresse à la façon dont ce roman visionnaire a scandalisé l’Angleterre victorienne et quel rôle il a eu dans la vie de son auteur passé de la célébrité et de l’admiration amusée à la mise au ban et la déchéance d’une fin de vie peu enviable. Photos et images d’archives à l’appui, mais avec également quelques extraits du film réalisé en 1945 par Albert Lewin, les réalisateurs Jérôme Lambert et Philippe Picard analyse avec finesse les correspondances entre le roman et la vie de l’auteur.
Roman fantastique alliant à merveille des mythes comme celui de Faust et celui de Narcisse, Le Portrait de Dorian Gray a fait office de coming out par ricochet pour Oscar Wilde qui, marié et père de deux enfants, avait jusqu’alors donné le change à une société qui condamnait encore les relations homosexuelles.
Les témoins comme la romancière Amélie Nothomb, grande fan de Wilde ou l’auteur Will Self éclairent l’œuvre et l’auteur de leur regard passionné et le film donne à voir sa vie sous un jour nouveau : celui d’une espèce de rock-star avant l’heure, d’un provocateur narcissique qui aimait jouer avec le feu et la célébrité comme avec le souffre et le scandale.
Sa vision très homoérotique des relations entre ses personnages (un peintre et son modèle), sa liberté à évoquer la beauté, la jeunesse, le désir dans une société extrêmement corsetée, ce roman si beau et si sincère dans ce qu’il dit de l’amour d’un homme pour un autre, précipiteront le destin tragique d’Oscar Wilde qui vivra en parallèle une histoire d’amour assez proche de celle qu’il avait précédemment écrite dans son livre.
Le Portrait de Dorian Gray fera office de pièce à conviction dans le procès pour homosexualité de Wilde en 1895 puisqu’il fut très rapidement vu comme un « roman à clé ». Les mots que l’auteur mettaient dans la bouche de son alter ego littéraire, le peintre Basile Hallward, en attestent : « Tout portrait peint avec sentiment est un portrait de l’artiste, non de son modèle ».
On peut dire la même chose des grands romans.