Après le confinement au printemps, quelles conséquences du couvre-feu pour les personnes LGBT+ ?

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Il ne faut pas négliger les effets du couvre-feu sur une population LGBT+ pour qui les interactions sociales sont une part primordiale de la vie. 

La Mutinerie, rue Saint-Martin, le 16 mars dernier, premier jour du confinement - Christophe Martet pour Komitid

Durant le confinement total, au printemps dernier, les associations LGBT+ ont assez vite alerté sur les conséquences de cette mesure, en particulier pour les plus jeunes, forcés de rester au domicile avec parfois des parents hostiles. Mais aussi pour les personnes trans.

Aujourd’hui, alors qu’un tiers de la France s’apprête à basculer dans le couvre-feu, pour une période minimale de quatre semaines, il ne faut pas négliger les effets sur une population LGBT+ pour qui les interactions sociales sont une part primordiale de la vie.

On pense d’abord aux lieux de convivialité que sont les bars, les discothèques, les restaurants. Comment ne pas être inquiet puisqu’on sait qu’une majorité de personnes LGBT+ ne sont pas out au travail. Elles avaient pour habitude de décrocher et de pouvoir être socialement elles-mêmes en allant dans ces lieux festifs. Ce sont aussi des lieux dans lesquels on peut faire des rencontres. Ce n’est désormais plus possible pour beaucoup d’entres elles.

Absence de visibilité

Il en va de même pour le tissu associatif. Dans le monde, la pandémie a causé l’annulation de plus de 200 marches des fiertés. Tout près de nous, ces jours-ci, on a annoncé l’annulation de l’Existrans ainsi que de la Marche des fiertés parisienne (qui devait se tenir le 9 novembre). Cette absence de visibilité militante, c’est bien sûr le risque que les revendications LGBT+ soient totalement passées à la trappe. Pour ne prendre qu’un exemple. Quelqu’un peut-il me dire où en est le parcours législatif de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires ?

Cette absence de visibilité militante, c’est bien sûr le risque que les revendications LGBT+ soient totalement passées à la trappe.

C’est encore le cas pour les associations sportives LGBT+, qui regroupent des milliers de membres. Et ne parlons pas de toutes ces associations qui ont pris l’habitude de se réunir en soirée et pour qui ce ne sera plus possible. Ne risque-t-on pas là aussi une fragilisation du tissu associatif LGBT ?

Quand on est dans le placard, contraint.e ou forcé.e, toutes ces interactions avec d’autres personnes LGBT+ prennent un caractère vital.

Cette semaine, c’est une info qui nous vient de Grande-Bretagne qui nous a fait un peu froid dans le dos. Dans ce pays, les rencontres sexuelles sont désormais interdites (ce qui ne serait pas légal en France). Une nouvelle étude indique que 55 % des Britanniques (toutes orientations sexuelles confondues) ont peur de ne plus être intéressé.e.s par le sexe.

Loin de nous de vouloir remettre en cause les mesures prises (souvent malheureusement trop tard) pour tenter de freiner l’épidémie. Mais il ne faudrait pas passer sous silence leur impact spécifique sur la communauté LGBT+.