« Le confinement a révélé ce qu’on savait déjà » : retour sur la table ronde sur les LGBTphobies de SOS homophobie

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SOS homophobie a organisé lundi 18 mai une table ronde via sa page Facebook, en présence d'activistes LGBT+, pour décrypter les chiffres clés de son rapport et revenir sur les différentes formes de discriminations LGBTphobes.

Capture d'image Table ronde SOS homophobie

À l’occasion de la sortie du rapport 2020 sur les LGBTphobies de SOS homophobie, l’association a organisé lundi 18 mai une table ronde sur sa page Facebook, en partenariat avec France Télévisions. Ce livestream a permis de décrypter les chiffres clés de l’année et revenir sur les différentes formes de discriminations LGBTphobes.

La table ronde était animée par Adrien Rohard, journaliste à Franceinfo, et les intervenant.e.s étaient Véronique Godet et Jérémy Falédam (coprésident.e.s de SOS homophobie), Laszlo Blanquart et Giovanna Rincon (respectivement chargé du pôle prévention et directrice d’Acceptess-T), Omar Didi (président du MAG Jeunes LGBT), Valérie Edwige (avocate au Barreau de Paris), Sarah Jean-Jacques (chercheuse en sociologie et cofondatrice de Paye ta gouine) et Smaïn Laacher (sociologue et président du conseil scientifique de la Dilcrah).

Dans la première partie de la table ronde, les membres du bureau de SOS homophobie ont présenté et analysé les chiffres marquants de leur rapport. Ensuite, les différent.e.s intervenant.e.s sont revenu.e.s sur les différentes formes de LGBTphobies, en particulier pendant la période de confinement.

« Exacerbation des violences » LGBTphobes depuis le début du confinement

Pour Véronique Godet, « le confinement a révélé ce qu’on savait déjà ». Cette période a mis en lumière les difficultés que traverse la communauté LGBT+ au quotidien.

La situation est particulièrement complexe pour les jeunes LGBT+. Omar Didi le rappelle : « C‘est un public très vulnérable, surexposé aux risques de violences au sein des familles ». Le confinement n’a fait qu’aggraver les violences intrafamiliales, et une hausse d’appels aux associations a été relevée.

Le président du MAG Jeunes LGBT estime qu’il faut généraliser la plateforme mise en place pour les femmes victimes de violences conjugales et organiser une prise en charge d’un point de vue territorial. Il note également la nécessité d’un cadre juridique pour interdire la pratique des thérapies de conversion.

Smaïn Laacher affirme que le confinement a fait du domicile un espace hostile pour les personnes LGBT+. C’est pour cela qu’il faut « mesurer l’impact de cette crise et anticiper les nouvelles situations », dans l’hypothèse où de nouvelles épidémies se produiront.

Valérie Edwige a également observé une augmentation des LGBTphobies dans quatre sphères : l’espace public, le cercle familial, internet et le voisinage. Elle note une exacerbation de violences, en particulier dans la première sphère, due à la réduction du nombre de témoins potentiels dans les rues.

Sarah Jean-Jacques a fait état de la lesbophobie dans l’espace public. Le bilan est pessimiste. Par exemple, 58 % des lesbiennes agressées le sont en présence de leur partenaire. Ces violences « nient l’existence des couples, les condamnent moralement et socialement ». La chercheuse déplore la sexualisation des lesbiennes en couple ; beaucoup de lesbiennes ont du mal à se définir comme telles puisque le terme reste encore péjoratif.

« La transphobie est institutionnelle »

Giovanna Rincon et Laszlo Blanquart ont dressé le bilan des droits des personnes trans.

La directrice d’Acceptess-T a insisté sur les violences subies par les personnes trans travailleuses du sexe (TDS). Elle a rappelé les assassinats de Vanesa Campos en 2018 et de Jessyca Sarmiento en 2020 pour illustrer la situation difficile que vivent ces personnes.

Cela fait 30 ans cette année que l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie mentale par l’OMS. Pour la transidentité, cela ne fait qu’un an. « On ne peut pas attendre 30 ans pour être respecté », déclare Giovanna Rincon.

Elle parle d’un « cumul de vulnérabilités » ; le fait d’être trans, migrante, TDS… fragilise ces personnes. Pour la directrice d’Acceptess-T, « la transphobie est institutionnelle et invisible », l’absence de politiques publiques pour les protéger les fragilise.

Laszlo Blanquart explique que le confinement a aggravé la condition des personnes trans. Beaucoup de femmes trans migrantes et TDS, y compris les personnes trans âgées en situation de handicap, se retrouvent à la rue.

La situation des personnes trans est particulièrement compliquée dans les prisons. Elles sont exposées à des violences et humiliations, souvent à l’isolement, dans des conditions de détention non conformes à leur genre et ne bénéficient pas de suivi médical.

Le replay de la table ronde est disponible sur la page Facebook de SOS homophobie.

  • arnosa

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