Québec : des garçons en jupes pour lutter contre le sexisme à l’école

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Afin d’exprimer leur solidarité et soutenir leurs camarades victimes de sexisme, des élèves garçons québécois se sont rendus en jupe dans leur établissement scolaire.

Hypersexualisation Collège Québec/Capture d'écran Instagram @cassandre_bp

Avec leur action, ces jeunes étudiants ont pour objectif de dénoncer le code vestimentaire de leur collège (équivalent du lycée en France) et des écoles secondaires québécoises, qu’ils jugent sexiste. Ils prônent et défendent l’égalité de tous les sexes.

Une des camarades militantes du groupe d’amis a partagé l’initiative sur Instagram avec pour légende :

« L’hypersexualisation du corps féminin est au cœur de notre code vestimentaire à l’école. »

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Égalité des genres
Premièrement, l’hypersexualisation du corps féminin est au cœur de notre code vestimentaire à l’école. Le port de la brassière obligatoire, les bretelles spaghettis interdites, la jupe trop courte et j’en passe, démontre que le corps de la femme appartient encore à la société. En 2020, l’argument reste qu’il ne faut pas attirer l’œil et qu’il ne faut pas déranger. Si j’ai chaud et que je mets une camisole moins couvrante ? Et si je ne mets pas de brassière, parce que ça me fait mal ? Ils vont me priver d’une éducation pour ne pas déranger ? Je pense que si j’assume mon habit, les autres sont capable de se gérer. Nous sommes tous capable d’être respectueux.
Deuxièmement, la masculinité toxique est extrêmement présente dans notre communauté. Les stéréotypes traditionnels parlent des hommes comme étant dominants, le plus fort, le charmeur, etc… Clairement, ceux-ci ont un énorme impact négatif dans notre environnement social. L’action de porter la jupe est un moyen pour casser les habitudes sexistes et malsaines. Au même titre que les femmes peuvent s’habiller comme elles le veulent, les hommes devraient aussi.
Alors, si l‘école est un lieu formateur pour notre société future, elle devrait s’adapter à la réalité des jeunes d’aujourd’hui et l’enseigner.

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Elle poursuit ses revendications en listant les vêtements qu’elle ne peut pas porter dans son établissement scolaire.

« Le port de la brassière obligatoire, les bretelles spaghettis interdites, les jupes trop courtes et j’en passe, démontre que le corps de la femme appartient encore à la société.
En 2020, l’argument reste qu’il ne faut pas attirer l’œil et qu’il ne faut pas déranger. Si j’ai chaud et que je mets une robe moins couvrante ? Et si je ne mets pas de brassière, parce que ça me fait mal ? Ils vont me priver d’une éducation pour ne pas que je dérange ? Je pense que si j’assume mon habit, les autres sont capable de se gérer. Nous sommes tous capable d’être respectueux. »

L’action militante des jeunes élèves québécois a fait de tour des réseaux sociaux et d’autres camarades ont suivi l’action en expliquant que les vêtements n’avaient pas de genre et que c’était grâce à ce type de message que le système allait enfin changer.

« Nous devons tous continuer à nous battre pour pouvoir enfin changer le système très mal construit. […] Il y a un message significatif derrière le port de la jupe et il ne faut pas l’oublier. Oui, je parle de l’hyper sexualisation de la femme et des injustices sociales présentes dans de nombreux systèmes », a expliqué en légende un jeune élève.

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Un autre petit message. Ce n'est pas parce qu'on a porté la jupe une fois qu'il faut arrêter de la porter. Nous devons tous continuer à se battre pour pouvoir enfin changer le système très mal construit qui s'est ancré dans la mentalité de malheureusement beaucoup de personnes, de générations en générations. Non je ne dis pas qu'il faut la porter à tous les jours mais bien qu'il faut l'inclure dans notre habillement du quotidien, comme toute autre pièce de vêtements (pantalons ou shorts par exemple. Il ne faut pas porter une jupe parce que c'est un "trend" ou encore pour avoir plus d'abonnés. Il y a un message significatif derrière le port de la jupe et il ne faut pas l'oublier. Oui, je parle de l'hypersexualisation de la femme et des injustices sociales présentes dans de nombreux systèmes (en majorité ceux de l'éducation et scolaire). Ce n'est pas aux filles/femmes de se faire éduquer pour ne pas sois-disant "déranger" les garçons/hommes. Les viols sont MAJORITAIREMENT causés par des hommes et donc il faudrait éduquer les hommes à ne tout simplement pas commettre ce genre d'actions. Il faut aussi éduquer tout le monde à être ouvert d'esprit et respecter toutes les personnes tel qu'elles le sont. Tout le monde devrait avoir le droit de choisir la coupe et la forme de leurs habillements. Qu'est-ce que ça change de voir plus de peau, ou encore qu'il y aille des trous dans des vêtements ? ABSOLUMENT RIEN. Il faut tout changer et rebattir un code.

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En février 2019, à Albi, en France, un lycéen interdit de se maquiller au lycée avait lui aussi été soutenu par de très nombreux élèves, filles et garçons, avec l’opération Maquillage pour tous sur les réseaux sociaux.