Y a-t-il une homophobie larvée chez les exploitants de cinéma ? Un distributeur accuse !

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Si le film de Marco Berger, qui a bénéficié d’une critique globalement très positive, n’était visible le jour de sa sortie nationale dans seulement 20 salles en France, peut-on pour autant accuser les cinémas d’homophobie ? Komitid a mené l’enquête.

Alfonso Barón et Gaston Ré dans « Le Colocataire », de Marco Berger - Optimale Distribution
Article Prémium

À l’occasion de la sortie en salles du film de Marco Berger, Le Colocataire, la société Optimale, spécialisée dans la distribution de films LGBT+ en salles et en vidéo, a publié une lettre ouverte accusant les exploitants de salles de cinéma d’être coupables d’une forme d’homophobie larvée. Si le film de Marco Berger, qui a bénéficié d’une critique globalement très positive était visible dans seulement 20 salles, le jour de sa sortie en France, peut-on pour autant accuser les cinémas et leurs exploitants d’homophobie ? Komitid a mené l’enquête.

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  • arnaud-utopia

    bonjour,
    pour compléter votre enquête qui ne vous a pas conduit jusqu’à contacter Utopia à Montpellier ou Toulouse (je travaille sur les deux lieux) : je ne vais pas justifier notre travail de programmation en pointant les « films LGBT+ » que nous avons proposé, soutenus, ces décomptes d’apothicaires me semblent un peu indécents et vous n’avez pas besoin de mon aide pour éplucher si nécessaire un travail qui, je pense, parle de lui-même et dont on est un peu fier (les films « risqués », nous connaissons un peu, merci). Je me permets de préciser que :
    – nous ne nous « réfugions [pas] derrière [nos] goûts personnels », nous assumons de choisir les films que nous programmons sur des critères très subjectif, en privilégiant les plus fragiles.
    – le fait qu’un film soit « très attendu » n’est ni un critère de programmation (ce le serait dans un multiplexe) ni nécessairement un gage de qualité (les films les plus supposément attendus sont ceux que nous programmons le moins)
    – à part dans le cadre de soirées thématiques précises (et encore), on ne programme pas un film « pour une communauté », LGBT ou autre. On programme un film parce qu’il nous paraît important de le programmer – avec d’autant plus d’enthousiasme si on pense qu’il peut contribuer à faire évoluer le regard commun sur les communautés, des groupes discriminés ou des situations sociales difficiles.
    – je confesse, à l’inverse de notre ami Marc, rechercher davantage au cinéma un acte militant et ne pas vraiment me considérer comme un militant du cinéma.
    Pour finir, je suis un peu perplexe : avec 3 cinémas « Art et essais » différents (deux privés, un municipal) et 4 cinéma commerciaux (dont 3 multiplexes), quels que soient les sujets, rares sont les films qui ne trouvent pas d’écran sur la métropole de Montpellier. Qu’un film ne soit à l’affiche d’aucun de ces cinémas peut être le signe du peu d’ouverture d’esprit (ou de la pauvreté de regard, ou de l’homophobie « larvée ») des programmateurs. Ça peut aussi dire quelque chose du film lui-même, qui peut juste ne pas être convainquant.
    bien cordialement
    AC