Marco Berger, réalisateur du « Colocataire » : « J’ai l’impression d’être la Madonna du cinéma gay en Amérique du Sud ! »

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Le cinéaste gay argentin Marco Berger a imposé son style et sa vision particulière du désir masculin et de l’homoérotisme. Il revient avec « Le Colocataire », en salles le 1er juillet.

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Il y a comme un mystère Marco Berger. Ce cinéaste argentin de 42 ans est devenu en un peu plus de dix ans une référence du cinéma gay sud-américain en développant des récits personnels et originaux. Son premier long métrage, Plan B en 2009, a donné le ton d’une filmographie qui aime jouer avec l’ambiguïté sexuelle, avec des personnages masculins dont l’hétérosexualité est questionnée et qui deviennent projections de fantasmes en tous genres. Quitte à parfois donner l’impression de tourner en rond, voire « autour du pot ». Marco Berger a imposé son style et sa vision particulière du désir masculin et de l’homoérotisme avec Absent, Teddy Award à Berlin en 2011, puis Hawaï en 2013 et Taekwondo en 2016.

Avec Le Colocataire (Un Rubio – un blond en version originale), une histoire très simple de rencontre sensuelle entre deux hommes, Gabriel et Juan, qui partagent un appartement, il s’affirme comme un grand cinéaste du non-dit, touche à l’épure et affine son procédé narratif sans s’éparpiller. Mieux que jamais auparavant, il parvient à convaincre avec des personnages crédibles et incarnés dans ce qui est à ce jour son meilleur film. Komitid a rencontré Marco Berger pour évoquer avec lui ses inspirations, ses obsessions, ses envies de cinéma.

Komitid : Dans votre film précédent, Taekwondo, il était déjà question d’un lieu partagé, une maison occupée par un groupe de jeunes sportifs. Dans Le Colocataire, tout part du partage d’un appartement. Y a-t-il une filiation entre ces deux films ? 

Marco Berger : Pour moi c’est très différent. Pour ce dernier film, ce sont deux des acteurs de Taekwondo, Gaston Re et Alfonso Barón, qui sont devenus des amis proches et qui m’ont inspiré le récit. Gaston est sans doute l’acteur le plus talentueux que j’ai jamais rencontré et, en Argentine, quand on est blond, il est très compliqué de trouver des rôles ou des personnages à jouer. Il n’y a que quelques possibilités, surtout à la télévision, pour jouer des rôles de garçons venus de l’étranger. Je lui ai dis que nous allions faire un film pour qu’il puisse montrer quel grand acteur il est. C’est la première fois dans ma vie que je fais un film motivé par une relation amicale. Dans Taekwondo, il jouait un garçon très joyeux et dans Le Colocataire il est complètement à l’opposé de cela. Et, dans la vie, c’est encore un autre homme ! Mais voilà, c’était le défi de départ de ce film.

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  • sant69

    « LE COLOCATAIRE » se rapproche davantage de PLAN B (du même réalisateur) : les silences, le jeu des regards, le bouillonnement du désir, les résistances liées à la norme hétérosexuelle, (ici dans le milieu ouvrier).
    Un très beau film parfaitement servi par ses acteurs.