Rapport sur la liberté de culte

Malgré la volonté de Scott Morrison d’ignorer les questions LGBT+, ces dernières se sont imposées à lui lors de la fuite des conclusions du rapport Ruddock en octobre 2018. Ce rapport, commandité par Malcom Turnbull après la légalisation du mariage pour tous en Australie l’année précédente, préconise l’autorisation de la discrimination contre les personnes LGBT+ dans les écoles religieuses. Scott Morrison a défendu les conclusions du rapport, qui selon lui n’étaient finalement qu’en accord avec la loi en vigueur. En effet, la loi australienne fait exception pour les écoles confessionnelles qui sont autorisées à discriminer enseignant.e.s et élèves en fonction de leur orientation sexuelle. Après les réactions suscitées par la fuite du rapport, le Premier ministre est finalement revenu sur sa position, promettant la création d’une nouvelle loi qui protègerait les élèves LGBT+ des discriminations dans les écoles religieuses. Problème : son parti n’a déposé aucun projet de loi depuis cette annonce. C’est Penny Wong, la leader de l'opposition et première parlementaire lesbienne à faire son coming out en 2002 en cours de mandat, qui a avancé une proposition de loi similaire devant le Sénat en novembre dernier, qui ne protègerait cependant que les élèves et non les enseignant.e.s. Elle n’a pas été débattue depuis le 3 décembre 2018. Le Premier ministre a cependant annoncé pendant sa campagne vouloir poursuivre le projet et faire voter la loi.

Passivité ou hostilité?

À plusieurs reprises, le politicien australien, qui affiche très ouvertement sa foi pentecôtiste, a tenu des propos homophobes ou transphobes : « Nous n’avons pas besoin de chuchoteurs de genres. Laissez les enfants être des enfants » a-t-il tweeté à propos des enseignant.e.s formé.e.s à identifier les élèves transgenres dans leurs classes.   Lorsqu’il était encore ministre des Finances, Scott Morrison avait aussi complimenté l’athlète Israel Folau pour avoir défendu sa croyance que les homosexuels « iraient en enfer ». Pour le politicien, Israel Folau a fait preuve de « force de caractère » en exprimant son homophobie. Le joueur de rugby a finalement été limogé par la fédération australienne suite à ses propos, mais a fait savoir lors d'une interview le 20 mai qu'il comptait poursuivre sa carrière. Scott Morrison s'était également abstenu lors du vote sur le mariage pour tous en 2017, alors que son parti était à l’origine du projet de loi, plébiscité par 61% des Australien.ne.s ayant pris part au référendum. À quelques semaines des élections du 18 mai, le Premier ministre a revu sa position sur le sujet, déclarant lors d’une conférence de presse qu’il refusait de mélanger « religion et politique ». Scott Morrison a fait cette annonce après qu'Israel Folau ait de nouveau fait des remarques homophobes sur les réseaux sociaux, que le ministre a cette fois-ci qualifiées de « terriblement indélicates ». Il a néanmoins révélé ne pas être « à l'aise » à l'idée qu'Israel Folau perde son emploi pour avoir tenu ces propos. L'homme politique semble avoir décidé de tempérer sa défense de la liberté de croyance… ou peut-être s'agit-il d'une stratégie – qui a porté ses fruits – pour s'attirer le vote des Australien.ne.s les moins religieux avant l'élection ? Il n’est pas impossible que le Premier ministre revoie plus largement ses idées sur les questions LGBT+, mais il semble peu probable que la défense des droits des personnes LGBT+ devienne une priorité de la coalition au pouvoir. Au moins tant que Scott Morrison en est le leader." ["post_title"]=> string(94) "Avec Scott Morrison à la tête de l'Australie, les droits LGBT+ risquent de rester au placard" ["post_excerpt"]=> string(193) "La coalition de centre-droite australienne a remporté les élections samedi 18 mai. Les avancées pour les droits LGBT+ n’ont pas l’air d’être au programme des trois prochaines années." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(89) "avec-scott-morrison-a-la-tete-de-laustralie-les-droits-lgbt-risquent-de-rester-au-placard" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-05-22 10:22:03" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-05-22 08:22:03" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=25335" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } } ["partenaire_name"]=> string(0) "" ["partenaire_logo"]=> bool(false) ["partenaire_url_article"]=> string(0) "" } -->

Australie : les deux journalistes saoudiens gays ont été libérés après deux mois de détention

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Une forte pression internationale des médias et des associations LGBT+ a joué dans la libération des deux journalistes saoudiens gays, qui étaient en centre de détention pour demandeurs d'asile en Australie depuis deux mois.

department of home affairs australie
Le ministère de l'Immigration, qui fait partie du Département des affaires intérieures d'Australie, a libéré les deux journalistes saoudiens - Shuang Li / Shutterstock

Cela faisait deux mois que Sultan et Nassar* étaient maintenus en détention en Australie. Ils avaient fui leur pays car les autorités saoudiennes avaient révélé à leurs familles respectives qu’ils étaient gays et en couple depuis 16 ans.

L’homosexualité est illégale en Arabie Saoudite et passible de la peine de mort. Craignant pour leur vie, les deux hommes ont demandé l’asile en Australie en novembre dernier. Ils ont directement été placés en détention, où ils ont été victimes de violences.

L’affaire a suscité une vive émotion et a été reprise par des médias et des associations du monde entier.

Le Sénat australien avait adopté une motion mercredi 4 décembre, pour inviter le gouvernement à reconnaître le risque qu’il faisait courir aux deux journalistes.

Nassar a finalement été libéré, grâce au soutien des agences de presse mondiales. Cependant, le ministre australien de l’Immigration a omis de signer les papiers de Sultan avant de prendre un congé personnel pour une durée indéterminée. Il a quitté ses fonctions vendredi 13 décembre. 

La communauté LGBT + australienne s’est emparée de l’affaire. L’association Just.equal a lancé un appel à Alan Tudge, le ministre par intérim, lui demandant de ne pas partir en vacances avant d’avoir libéré Sultan.

Maintenant, le couple est réuni, à temps pour Noël.

« La communauté gay s’est ralliée à nous d’une manière si attachante et si puissante que j’ai vraiment l’impression que c’est la communauté gay qui a fait ça », a déclaré Sultan à Star Observer. « Des dizaines de personnes ont directement contacté le ministre et avoir [le militant des droits humains] Ivan Hinton-Teoh de notre côté était un gros, gros, gros plus. »

La détention solitaire de Sultan a rajouté des « souffrances inutiles » à leur situation difficile, qui a duré deux mois. « Lorsque Nassar est parti vendredi, la journée a été très difficile pour moi car nous pensions que nous allions sortir ensemble », a-t-il expliqué.

« Nous voulons aller dans les clubs, nous voulons voir à quoi ressemble la société gay australienne. Et nous voulons juste pouvoir respirer, nous sentir libres et ne pas avoir peur  »

Désormais, le couple peut enfin vivre librement en Australie. «  Nous allons en profiter. Nous voulons aller dans les clubs, nous voulons voir à quoi ressemble la société gay australienne. Et nous voulons juste pouvoir respirer, nous sentir libres et ne pas avoir peur  ».

Sultan ajoute : « Vraiment du fond du cœur, nous devons remercier la communauté LGBT. Tout l’amour que nous avons vu sur Twitter et sur Facebook… Je veux dire, on a vraiment l’impression d’avoir été adoptés et c’est notre nouvelle famille ».

* les prénoms ont été changés