Australie : les deux journalistes saoudiens gays ont été libérés après deux mois de détention

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Une forte pression internationale des médias et des associations LGBT+ a joué dans la libération des deux journalistes saoudiens gays, qui étaient en centre de détention pour demandeurs d'asile en Australie depuis deux mois.

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Le ministère de l'Immigration, qui fait partie du Département des affaires intérieures d'Australie, a libéré les deux journalistes saoudiens - Shuang Li / Shutterstock

Cela faisait deux mois que Sultan et Nassar* étaient maintenus en détention en Australie. Ils avaient fui leur pays car les autorités saoudiennes avaient révélé à leurs familles respectives qu’ils étaient gays et en couple depuis 16 ans.

L’homosexualité est illégale en Arabie Saoudite et passible de la peine de mort. Craignant pour leur vie, les deux hommes ont demandé l’asile en Australie en novembre dernier. Ils ont directement été placés en détention, où ils ont été victimes de violences.

L’affaire a suscité une vive émotion et a été reprise par des médias et des associations du monde entier.

Le Sénat australien avait adopté une motion mercredi 4 décembre, pour inviter le gouvernement à reconnaître le risque qu’il faisait courir aux deux journalistes.

Nassar a finalement été libéré, grâce au soutien des agences de presse mondiales. Cependant, le ministre australien de l’Immigration a omis de signer les papiers de Sultan avant de prendre un congé personnel pour une durée indéterminée. Il a quitté ses fonctions vendredi 13 décembre. 

La communauté LGBT + australienne s’est emparée de l’affaire. L’association Just.equal a lancé un appel à Alan Tudge, le ministre par intérim, lui demandant de ne pas partir en vacances avant d’avoir libéré Sultan.

Maintenant, le couple est réuni, à temps pour Noël.

« La communauté gay s’est ralliée à nous d’une manière si attachante et si puissante que j’ai vraiment l’impression que c’est la communauté gay qui a fait ça », a déclaré Sultan à Star Observer. « Des dizaines de personnes ont directement contacté le ministre et avoir [le militant des droits humains] Ivan Hinton-Teoh de notre côté était un gros, gros, gros plus. »

La détention solitaire de Sultan a rajouté des « souffrances inutiles » à leur situation difficile, qui a duré deux mois. « Lorsque Nassar est parti vendredi, la journée a été très difficile pour moi car nous pensions que nous allions sortir ensemble », a-t-il expliqué.

« Nous voulons aller dans les clubs, nous voulons voir à quoi ressemble la société gay australienne. Et nous voulons juste pouvoir respirer, nous sentir libres et ne pas avoir peur  »

Désormais, le couple peut enfin vivre librement en Australie. «  Nous allons en profiter. Nous voulons aller dans les clubs, nous voulons voir à quoi ressemble la société gay australienne. Et nous voulons juste pouvoir respirer, nous sentir libres et ne pas avoir peur  ».

Sultan ajoute : « Vraiment du fond du cœur, nous devons remercier la communauté LGBT. Tout l’amour que nous avons vu sur Twitter et sur Facebook… Je veux dire, on a vraiment l’impression d’avoir été adoptés et c’est notre nouvelle famille ».

* les prénoms ont été changés

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