Le maigre bilan de Jacques Chirac sur les questions LGBT+

Publié le

Jacques Chirac est mort aujourd'hui, à l'âge de 86 ans. Deux fois président de la République, il n'a pas brillé par son engagement sur les questions LGBT mais a su convaincre le monde de lutter plus efficacement contre le sida.

Jacques Chirac à Berlin, en 2004 - Shutterstock

Lorsque nait Jacques Chirac en 1932, la France vit depuis plus d’un siècle et demi sous une des lois les moins répressives d’Europe en matière d’homosexualité. Mais lorsqu’il devient secrétaire d’État pour la première fois, en 1967, le pays avait voté (en 1960) une loi qualifiant l’homosexualité de « fléau social » et, dans les années 40, le régime de Vichy a aussi introduit des dispositions discriminatoires pénalisant les relations homosexuelles.

Contre la dépénalisation de l’homosexualité

Durant une grande partie de sa carrière politique, Jacques Chirac est loin d’avoir fait montre d’une volonté de lutter contre les discriminations à l’égard des personnes LGBT+. En 1981, Maire de Paris depuis quatre ans, il essaie de conquérir l’Élysée, sans succès. François Mitterrand élu, une des premières mesures fortes de la gauche (enfin) au pouvoir est d’abolir la peine de mort et de voter la dépénalisation de l’homosexualité. Jacques Chirac, député de Correze (les politiques cumulent beaucoup à cette époque) vote contre.

Vingt ans plus tard, Jacques Chirac, alors président de la République, dit tout le mal qu’il pense sur le pacte civil de solidarité. Le pacs est, selon lui, « une formule inadaptée aux besoins de la famille car elle ne reconnaît pas la valeur de l’engagement ». Comme le rappelait Jean-Luc Romero, dans son livre Homopoliticus, Jacques Chirac avait même outrepassé son devoir de neutralité en intervenant contre le PaCS alors que le Conseil constitutionnel l’examinait.

Lutte contre l’homophobie

C’est durant son second quinquennat, entre 2002 et 2007, que le président commence à évoquer des thématiques comme la lutte contre l’homophobie. En 2004, le gouvernement lance la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) dont la mission est de se saisir « de toutes les discriminations, directes ou indirectes, prohibées par la loi ou par un engagement international auquel la France est partie ». C’est aussi durant cette période que les peines pour homophobie sont aggravées, que le pacs est amélioré et que sera reconnue la Journée mondiale contre l’homophobie ainsi que la déportation homosexuelle. 

Maire de Paris de 1977 à 1995, il ne s’est pas illustré par une politique gay friendly. Aucune association ne reçoit de subvention municipale et le Centre gai et lesbien qui ouvre ses portes rue Keller en 1993 pas plus que les autres.

Jacques Chirac sera d’ailleurs la cible régulière de zaps d’Act Up-Paris devant l’Hôtel de ville pour critiquer son inaction en matière de prévention auprès des populations les plus touchées par le VIH, dont les hommes gays et les personnes trans.

Sur la lutte contre le sida, Jacques Chirac fut sans doute un peu mieux conseillé.

Mais sur ce sujet, il va progressivement changer. Est-ce sa proximité avec Line Renaud, qui s’est engagée contre le virus dès 1985 ? En tout cas, en  1995, en pleine campagne électorale présidentielle, il s’oppose au dépistage obligatoire du VIH prônée par l’extrême droite. Sur la lutte contre le sida, Jacques Chirac fut sans doute un peu mieux conseillé.

En 1997, il prononce à Abidjan un discours vibrant en faveur de l’accès aux traitements dans les pays du Sud. La conséquence sera la création d’une taxe sur les billets d’avion pour financer des traitements. C’est sous sa présidence qu’est créé, grâce en grande partie à la France, le Fonds mondial de lutte contre le sida, qui à partir de 2002, permettra de sauver des millions de vies. Son successeur, Nicolas Sarkozy, ne sera guère plus brillant sur les thématiques LGBT, opposé au mariage pour tous en 2007 et en 2012.

 

 

 

  • arnosa

    Comment peut-on encore écrire que l’on a depe alise l’homosexualité ?! C’est Bonaparte grâce à Cambaceres qui l’a fait !! En 1982 il y a eu une mesure voulue par G. DEFERRE d’égalité de la majorité sexuelle à 15 ans. Rien de plus. Quant à F. MITTERRAND gay friendly. Demandez donc à F. Gaspard. Elle devait être ministre mais en tant que lesbienne elle a refusé de faire un marriage bidon. Total: FM l’a rayé du Gouvernement Mauroy😏