Linn da Quebrada : « J’agis principalement en parlant de moi comme d’une pédale travestie »

Publié le

Le documentaire consacré à Linn da Quebrada, réalisé par Claudia Priscilla et Kiko Goifman, sort en salles en France le 26 juin. Rencontre.

Linn da Quebrada dans le documentaire qui lui est consacré, « Bixa Travesti », de Claudia Priscilla et Kiko Goifman - Arizona Distribution
Linn da Quebrada dans le documentaire qui lui est consacré, « Bixa Travesti », de Claudia Priscilla et Kiko Goifman - Arizona Distribution
Article Prémium

Linn da Quebrada s’est choisi un nom en forme de revendication : de l’apparence glamour (« linda », belle en portugais) aux origines modestes (« Quebrada » signifie « cassé » en argot local, et fait référence aux banlieues pauvres de São Paulo).

Via sa musique, un mélange de funk et de rap, elle s’adresse à toutes les minorités, à tous ceux et toutes celles qui se sentent non-conformes. Le film qui lui est consacré, Bixa Travesty, réalisé par Claudia Priscilla et Kiko Goifman et en salles en France le 26 juin, a reçu le Teddy Award du meilleur documentaire à Berlin en 2018. C’est un portrait sans concession et très intime de celle qui se revendique « terroriste du genre » ou encore « pédale travestie » (bixa travesty). Alors qu’elle travaille désormais sur une série télé pour la chaîne Rede Globo et qu’elle a créé le talk-show TransMissão sur Canal Brasil, Komitid a rencontré cette icône queer qui s’apprête à retourner en studio pour un nouvel album.

Komitid : Pourquoi avez-vous accepté cette proposition d’un documentaire sur vous ?

Linn da Quebrada : J’ai accepté surtout parce que je me suis rendu compte que moi, je n’avais jamais eu de références proches de moi dans un film ou un programme télévisé. J’ai décidé d’utiliser mon corps et ma vie comme points de départ pour créer de nouvelles histoires. Mon histoire peut être une motivation et une force pour aider les autres à se repenser. Même pour moi, cela a été une opportunité de repenser à mon parcours, de repenser à mon corps, à ce mouvement que je développe avec mes camarades… Cela a été une façon de voir les choses de l’extérieur. D’être à la fois l’oiseau posé sur la branche et celui qui le regarde.

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous