En Allemagne, les activistes trans se mobilisent autour de la réforme sur le changement d'état civil

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En proposant de réformer la loi sur le changement d'état civil des personnes trans (« Transsexuellengesetz »), le gouvernement allemand a provoqué un tollé chez les militant.e.s, avant de se raviser. Les associations exigent des changements radicaux.

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Les associations trans lors de la parade du Christopher Street Day à Munich en juillet 2018 - Lisa Pavlova / Shutterstock
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À la surprise générale, les ministères de l’Intérieur et de la Justice allemands annonçaient, le 8 mai, vouloir réformer la Transsexuellengesetz (TSG), qui régit le changement d'état civil pour les personnes trans. En Allemagne, le changement de la mention de genre à l'état civil est soumis à une décision du tribunal, basée, entre autres, sur deux attestations psychologiques. À première vue, donc, l'intention était bienvenue pour les associations, étant donné la vétusté de la loi et ses dispositions inadaptées (plusieurs d'entre elles ont été déclarées anticonstitutionnelles par le tribunal constitutionnel fédéral). Sauf que ce projet de loi s'est avéré être une grande déception.

Les organisations de défense des droits des personnes trans (dont la DGTI, association allemande pour la transidentité et l’intersexuation), et la Bundesvereinigung Trans* (l’organisation fédérale des personnes trans*) l'ont démonté point par point et indiqué qu’il empirerait la situation.

Un projet « à l’opposé de l’auto-détermination » et discriminant

Le projet proposait de remplacer l’obligation d’attestations psychologiques par « l’avis d’un conseil compétent », et ajoutait l’audition du ou de la conjoint.e de la personne concernée. Surtout, dans le cas d’un rejet de la demande, il instaurait un délai de trois ans avant toute nouvelle demande.

Une très mauvaise idée, selon Julia Monro, porte-parole de la DGTI, qui explique que l’ensemble des associations s’est exprimé contre ces propositions, « à des années lumières » de ce qu’elles demandent depuis des années : « Ce projet de réforme est à l’opposé de l’auto-détermination. Pourquoi devrions-nous justifier notre genre devant un médecin ? Une consultation, c’est légitime pour un problème de santé, pas pour changer d’état civil. »

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  • tsirah

    Cher Komitid, l’intersexualité n’existe pas, on parle d’intersexuations. Bisous.