Voici Madır Öktiş, la drag queen activiste barbue, qui dynamise la scène queer d'Istanbul

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Son nom ne vous dira rien et pourtant Madır Öktiş est un phénomène en devenir. Rencontre avec LA drag queen du moment à Istanbul, qui mêle politique et art dans la lutte contre le gouvernement conservateur.

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Madır Öktiş, drag queen fabulous d'Istanbul - Fabien Jannic-Cherbonnel / Komitid
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« I'm everybody's mother ! » Il est une heure du matin et Madır Öktiş vient de monter sur scène. Grosse, poilue, barbue et portant le plus joli unibrow des deux rives du Bosphore, la drag queen attire tous les regards. Pour arriver jusqu'à Madır (le mot inventé se prononce en turc de la même façon que « Mother ») il aura fallu monter cinq étages d'un vieux bâtiment un peu décrépi, situé à quelques encablures de la place Taksim, l'un des centres névralgiques d'Istanbul.

« Merhaba tatlım (Bonjour darling) » en haut des marches, ce sont deux drag queens qui nous accueillent. Pour mettre un talon au Ren Bar il faut s'alléger de 20 livres turques ( 3,20 euros), une petite somme qui servira à organiser d'autres soirées. Une volée de marches, une porte poussée et nous voilà devant une scène, encore vide à cette heure-ci. Les lumières de la capitale turque scintillent derrières les vitres opaques du bar. C'est dans cette petite bulle queer que nous devons retrouver Madır Öktiş. La drag queen est un peu en retard. On ne lui en tiendra pas rigueur.

Sur le dancefloor encore relativement vide, une petite foule s'enflamme sur Tomboy de Princess Nokia. Ici, certains garçons portent des talons, du maquillage ou une perruque, les filles dansent sans avoir à se soucier de regards objectifiants. Les corps, dans leurs diversités, se mélangent et s'amusent. Un cri, deux cris, trois cris, « Mother has arrived », notre mère à tous et toutes vient juste d'arriver. Après une bise, Madır, coiffé.e d'un chapeau de Mario s'assoit près de nous.

Garçons à talons à Istanbul - Fabien Jannic-Cherbonnel / Komitid

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