En Turquie, la communauté LGBT+ sous état d'urgence

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Après trois ans d'état d'urgence, l'approche de la 26ème édition de la Semaine des fiertés à Istanbul suscite de nombreuses attentes de la communauté LGBT+, qui espère pouvoir manifester et participer aux événements. Un reportage éclairant de Lou Guenard, journaliste sur place pour Komitid.

Des militant.e.s LGBT+ crient des slogans anti gouvernementaux lors d'une manifestation syndicale, en mai 2014 - De Alexandros Michailidis / Shutterstock
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« Avant l’état d’urgence, nous étions déjà en état d’urgence », souffle Can Kaya, militant auprès de l’association Hêvî LGBT+. « Nous ne sommes pas en sécurité ici, et la situation ne fait qu’empirer.  » Le jeune homme est pessimiste, excédé par trois années de répression et de retour en arrière. « En 2013, la participation de la communauté LGBT+ aux révoltes de Gezi nous a pourtant permis de faire entendre notre lutte. Les gens avaient enfin compris que nous menions un combat politique et que nous avions des revendications », se souvient-il. « En 2014, nous étions des dizaines de milliers à participer à la Marche des fiertés. C’était extraordinaire. Mais aujourd’hui, c’est la régression. Tout est fait pour nous invisibiliser et nous inciter à rester chez nous. » En effet, en 2015, la Marche des fiertés à Istanbul est injustement interdite, réprimée à coup de gaz lacrymogène et de canon à eau. Hande Kader, militante trans de…

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